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Politiciens et groupes francophones dénoncent le prix élevé et le manque d'accès des tests de français

Amandine Girard fait partie de centaines de francophones qui ont choisi un test en anglais

Photo : Laurence Martin, ICI Radio-Canada

Radio-Canada

L'inégalité entre les tests de compétences linguistiques offerts en français et en anglais est évidente, selon la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Sylviane Lanthier.

Un dossier de Laurence MartinTwitterCourriel et de Valérie OuelletTwitterCourriel

Mme Lanthier n'est pas surprise des résultats de notre enquête, qui révèle que le prix du Test d'évaluation de français (TEF) offert aux immigrants est presque deux fois plus cher que son équivalent en anglais.

Selon les chiffres analysés par Radio-Canada, le Test d'évaluation de français offert aux immigrants afin de prouver leur maîtrise d'une langue officielle coûte jusqu'à 225 $ de plus que ses équivalents en anglais presque partout au pays.

Sylviane Lanthier souligne aussi les problèmes d'accès au test de français pour les immigrants francophones hors Québec, qui peinent à trouver un centre d'examen.

Si vous êtes à Terre-Neuve par exemple, il n'y a aucun endroit dans la province où vous pouvez passer un test en français. Ça veut dire probablement que des gens vont choisir de passer le test en anglais plutôt qu'en français.

La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Sylviane Lanthier

Elle est convaincue qu'Amandine Girard, une Française établie à Toronto qui a dénoncé la situation, n'est pas la seule immigrante francophone à avoir choisi un test en anglais parce qu'il était moins cher.

Un avis partagé par le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), Denis Vaillancourt.

Il croit que dans un contexte où le Canada veut attirer davantage d'immigrants francophones, le prix élevé du test envoie un « mauvais signal ».

Ça paraît paradoxal, parce qu'on essaie de se donner des objectifs d'accueillir des immigrants francophones [...] Si on leur donne un obstacle comme ça, force est de constater qu'on prend une affinité pour la langue anglaise.

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), Denis Vaillancourt

Réactions politiques

Le ministre de l'Immigration, John McCallum a refusé une demande d'entrevue, mais nous a envoyé la déclaration suivante mardi soir.

J'apprécie qu'on m'ait fait part de cet enjeu. Je vais y voir de plus près avec le ministère, en ayant pour objectif d'examiner l'écart de prix qui existe entre les tests de compétences linguistiques en français et en anglais.

Le ministre de l'Immigration, John McCallum

Le porte-parole du Nouveau Parti Démocratique en matière de langues officielles, François Choquette, affirme qu'une telle différence de prix est préoccupante.

La ministre déléguée aux Affaires francophones de l'Ontario, Madeleine Meilleur, a aussi réagi à notre enquête, qualifiant la situation d'inacceptable.

Étant une responsabilité du gouvernement fédéral, j'ai hâte de voir les résultats de l'enquête du Commissaire aux Langues Officielles et de travailler avec nos partenaires fédéraux pour trouver des solutions à ce problème.

La ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur

Tous espèrent que l'enquête lancée par le Commissaire aux langues officielles permettra d'améliorer la situation et de trouver des solutions à l'écart de prix important.

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Francophonie