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Courriels de menaces : Los Angeles ferme ses écoles, mais pas New York

Des policiers et des employés de l'école Mark Twain à Los Angeles

Photo : Jonathan Alcorn / Reuters

Radio-Canada

Plus de 1000 écoles primaires et secondaires publiques de Los Angeles ont fermé leurs portes, mardi, après que des membres du district scolaire eurent reçu des menaces. Une décision accueillie par un lot de critiques, puisqu'une menace quasi identique reçue à New York a été jugée non crédible.

Dans une conférence de presse tenue en milieu de matinée, le maire de Los Angeles, Eric Garcetti, le chef de la police, Charlie Beck, et des membres du district scolaire ont tout à tour défendu l'ordre de fermeture, bien qu'ils n'étaient pas en mesure de statuer plus précisément sur la crédibilité de la menace reçue.

Ils ont insisté à tour de rôle sur le fait que la sécurité des enfants et des membres du personnel devait être la priorité absolue en de telles circonstances et qu'il n'y avait aucun risque à prendre. Plus de 640 000 écoliers sont donc restés à la maison, et toutes les écoles ont été fouillées.

Selon le chef Beck, c'est un courriel contenant des « menaces très spécifiques » envoyé à des membres du district scolaire de Los Angeles qui a entraîné la fermeture de toutes les écoles du deuxième district scolaire en importance aux États-Unis. Il y était précisément question de fusillades et, moins directement, d'engins explosifs.

Une porte-parole du district scolaire, Shannon Haber, avait précédemment fait savoir que le courriel à l'origine de tout ce branle-bas de combat provenait d'une adresse IP de la ville de Francfort, en Allemagne. M. Beck croit cependant que le courriel n'a fait que transiter par Francfort et qu'il n'avait pas été envoyé de si loin.

Le responsable des écoles du district scolaire de la ville, Ramon Cortines, a expliqué avoir pris cette décision après avoir reçu un appel d'un policier qui assure la sécurité dans les écoles après 5 h. « Il a parlé d'une menace visant de nombreuses écoles, qui n'étaient pas identifiées avec précision [...] », a-t-il dit.

Je ne veux pas risquer que des enfants soient amenés dans les bâtiments tant que je ne suis pas certain qu'ils sont en sécurité.

Ramon Cortines

Les écoles rouvriront mercredi

Dans un point de presse en début de soirée, heure de Californie, le président du conseil scolaire, Steve Zimmer, a affirmé que quelque 1500 écoles et terrains avaient été inspectés durant la journée. Les écoles seront rouvertes mercredi.

Un porte-parole de la police a indiqué que la menace semblait finalement avoir été un canular, selon ses propos rapportés par l'agence Reuters. Plus tôt, le chef de police Beck a défendu la décision d'ordonner les fermetures, mentionnant notamment que la menace était tout de même rédigée dans un anglais soigné. « Vous ne pouvez avoir une deuxième chance de prendre ces décisions s'il s'avère que vous ayez eu tort », a déclaré M. Beck. 

Le souvenir de la tuerie de San Bernardino, toujours frais dans la mémoire des autorités californiennes, a pesé dans la décision de fermer toutes les écoles du district de Los Angeles, une première depuis au moins 10 ans, selon les autorités scolaires.

Un couple inspiré par le groupe armé État islamique a tué 14 personnes au début du mois de décembre à moins de 100 km à l'est de Los Angeles.

Une menace à la crédibilité incertaine

Les questions sur le bien-fondé de la menace sont devenues plus pressantes après que le chef de la police de New York, Bill Bratton, eut révélé que les écoles de la ville avaient reçu un courriel « similaire, presque exactement le même », mais que toute l'affaire a été jugée non crédible.

« Nous ne voyons pas cela comme une menace terroriste crédible », a annoncé M. Bratton lors d'une conférence de presse, ajoutant que ces menaces voulaient générer la peur et qu'il ne fallait pas « surréagir ».

« Il n'y a pas de menace crédible contre nos enfants, et nous sommes absolument persuadés que nos écoles sont en sécurité », a pour sa part déclaré le maire de New York, Bill de Blasio, lors de la même conférence de presse.

« Il n'y a pas de raison de s'inquiéter », a assuré dans un communiqué Carmen Farina, responsable des écoles new-yorkaises, qui accueillent un million d'élèves chaque jour.

Selon Associated Press, le courriel destiné au district scolaire de New York annonçait que « 138 camarades » allaient attaquer toutes les écoles de New York avec des bombes artisanales placées dans des marmites à pression, des gaz neurotoxiques, des fusils automatiques et des pistolets.

L'agence de presse, qui a obtenu le courriel d'une source policière, précise que l'auteur anonyme de la menace soutient être un ancien étudiant du district qui a été victime d'intimidation.

L'analyse du message par le représentant Brad Sherman

Le Los Angeles Times a publié sur son site l'analyse du courriel du représentant démocrate Brad Sherman, qui dit douter de la crédibilité de la menace contre les écoles. Il affirme que le texte du message ne ressemble pas au style habituel des djihadistes. Brad Sherman était le président de la sous-commission sur le terrorisme de la Chambre des représentants.

M. Sherman précise que le message ne fait référence ni à Allah, ni au Coran, ni au prophète Mahomet.

Le message montre selon lui une meilleure connaissance des armes d'assaut que de l'islam. « N'importe qui au Nebraska aurait pu écrire ce message », a-t-il dit. M. Sherman poursuit son analyse en indiquant que le message contient un terme pornographique, ce que « les musulmans pratiquants et les extrémistes ne font jamais », a-t-il précisé.

Il a indiqué que l'auteur du courriel a déclaré avoir été victime d'intimidation.

Selon lui, le message manque de crédibilité. Il a dit ignorer si le message avait été envoyé par un djihadiste, une personne qui a une intention anti-islamique ou juste un farceur.

À Washington, le porte-parole de la Maison-Blanche, Josh Earnest, a refusé de porter un jugement sur ces réactions différenciées.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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