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Les régions disparaissent de la carte médiatique du Québec

Jean-François Dumas, d'Influence communication

Jean-François Dumas, d'Influence communication

Photo : ICI Radio-Canada

Radio-Canada

Les régions sont presque éradiquées de la carte médiatique du Québec. C'est ce qui ressort du bilan 2015 de l'état de la nouvelle d'Influence Communication. L'Abitibi-Témiscamingue, d'ailleurs, fait piètre figure au tableau.

Les deux nouvelles qui ont le plus retenu l'attention au Québec en 2015 sont respectivement les attentats de Paris et les attentats de Charlie Hebdo, selon Jean-François Dumas, président d'Influence communication, entreprise qui offre un service de veille et d'analyse média aux entreprises canadiennes.

Sports et politique au sommet

Malgré cela, « le sport est le thème le plus dominant, année après année », note M. Dumas. 71 % des nouvelles sportives concernent le Canadien de Montréal. Un quart des nouvelles ont aussi porté sur la politique. Ensemble, la politique et le sport comptent pour environ 40 % des nouvelles en 2015.

Les régions disparaissent

Une particularité soulignée « à gros traits » cette année dans le bilan est « la disparition progressive des régions dans l'ensemble de l'écosystème médiatique », affirme Jean-François Dumas.

Le président d'Influence communication explique que son entreprise « a analysé sur 15 ans l'évolution de l'intérêt des médias pour ce qui se passe en région et on a analysé le poids de l'ensemble des régions. Globalement, les régions au Québec, en 15 ans, ont perdu à peu près 88 % de leur poids média. Donc, ça n'existe à peu près plus, globalement, dans l'ensemble de l'actualité. »

Une région comme l'Abitibi-Témiscamingue arrive au 16e rang des régions les plus médiatisées... en fait, c'est l'avant-dernière au Québec. Aussi bien dire que le poids de cette région dans l'ensemble de notre écosystème est très, très, très faible.

Jean-François Dumas

« Il faut souligner une chose, c'est que les gens qui nous écoutent ont l'impression - à tort - que, plus les médias parlent d'un sujet, plus c'est important », continue M. Dumas. Selon lui, cela a pour effet de diminuer l'intérêt de la population pour les sujets régionaux.

La crise qui a secoué Val-d'Or arrive pour sa part au 47e rang des nouvelles ayant le plus de poids en 2015. N'eût été cette nouvelle, l'Abitibi-Témiscamingue aurait probablement été la région la moins couverte médiatiquement en 2015.

Montréal, Québec et Saguenay dominent largement

La mise en réseau de plusieurs médias contribue à cet effacement des régions. « On a un peu "Macdonaldisé" l'information, déplore Jean-François Dumas, c'est-à-dire, que vous soyez à Montréal, à Québec, à Saguenay ou sur la Côte-Nord, c'est à peu près les mêmes nouvelles, les mêmes sujets. On va polariser l'information autour des mêmes thèmes, des mêmes sujets. »

L'impact négatif de ça, c'est qu'il y a un paquet de sujets qui tombent dans l'oubli, qui occupent de moins en moins de place, au profit de la montréalisation de l'information.

Jean-François Dumas

« 91 % des nouvelles au Québec viennent de trois régions : Montréal, Québec et Saguenay. Toutes les autres régions se partagent 9 %. C'est très peu », ajoute-t-il.

La culture freine sa chute

Pour une première fois depuis les dernières années, la culture a freiné sa chute dans l'écosystème médiatique, mais il rappelle que des sujets comme la cuisine ou l'informatique occupent plus de place que la culture.

Stephen Harper a été la personnalité la plus médiatisée. Seules 15 femmes ont été parmi les 100 personnes plus médiatisées de l'année.

« Vous êtes en train d'éteindre nos voix »

nullAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : PHILIPPE-OLIVIER CONTANT

La présidente de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Lise Millette, se dit préoccupée par l'absence des régions dans les médias nationaux. Elle souhaite « qu'on nourrisse cette réflexion-là au sein des grands médias nationaux, de se dire qu'on ne peut pas être comme ça, coupés des régions, pas dans un contexte ou c'est facile, où on peut se donner facilement un accès. »

Cette réalité touche plusieurs régions du Québec, ajoute Mme Millette. « Je sais que c'est la même chose dans le Bas-St-Laurent, on vit exactement cette même préoccupation : vous êtes en train d'éteindre nos voix, de faire en sortes que les régions n'existent plus », dit-elle.

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