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Les sociétés de prêts sur salaire dans la mire de l’Ontario 

Une portion du chemin Montréal, dans le quartier Vanier à Ottawa, où il y a plusieurs centres de prêts sur salaire.

Une portion du chemin Montréal, dans le quartier Vanier à Ottawa, où il y a plusieurs centres de prêts sur salaire.

Photo : Google map

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Plus tôt cette semaine, la province de l'Ontario a déposé un projet de loi pour mieux protéger les consommateurs qui utilisent les services de prêts sur salaire, de prêts à tempérament et d'encaissement de chèques.

Un texte d'André DalencourTwitterCourriel

Le dispositif législatif inclut une limite sur le tarif pour les services d'encaissement de chèques, un délai de grâce pour le remboursement des locations avec option d'achat et un prolongement du plan de paiement pour les prêts sur salaire.

Ces prêteurs-là, selon la loi, c'était pour aider à payer des dépenses inattendues urgentes entre deux chèques de paye. Ce qui arrive, c'est que plus de la moitié des gens qui [les utilisent] c'est pour des dépenses récurrentes.

Gisèle Bouvier, membre de l'Association communautaire ACORN de Vanier

En 2015, une enquête du gouvernement ontarien auprès de 500 emprunteurs de prêts sur salaire a révélé qu'un peu plus de la moitié ont contracté des prêts pour couvrir des dépenses récurrentes.

La question de la concentration

Cette situation est dénoncée par l'Association communautaire ACORN de Vanier, un quartier qui a l'une des plus fortes concentrations au Canada de ce type d'entreprise, avec un ratio d'un pour 1000 citoyens.

Sur le chemin Montréal, l'une des artères principales de ce secteur, on peut en compter jusqu'à quatre ou cinq entre deux coins de rue. Certains expliquent cette situation par la précarité de la population qui y réside et le besoin d'argent immédiat.

« Cela peut être parce qu'ils n'ont pas assez d'argent pour payer leur loyer, de la nourriture, alors ils vont aller à ces places-là parce qu'on ne les questionne pas, on ne vérifie pas leur crédit. Il y a 30 % des personnes qui font faillite à cause de ces prêteurs, ce sont des personnes âgées », souligne Gisèle Bouvier, une membre de l'Association communautaire ACORN de Vanier.

Ailleurs au pays, des détracteurs de ce type de services sont d'avis qu'ils nuisent aux stratégies de réduction de la pauvreté.

Les services financiers parallèles sont tout service financier offert par une partie autre qu'une banque ou une caisse populaire. Il existe plus de 800 prêteurs et courtiers en prêts agréés en Ontario.
Source : gouvernement de l'Ontario

Des leviers au municipal

À l'instar de la province de l'Ontario, la Ville d'Ottawa veut aussi passer à l'action, par exemple en resserrant la réglementation sur les zonages.

Pour le moment, ces entreprises tombent dans la catégorie commercial et institution financière, comme pour une banque.

Le conseiller du quartier Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, a évoqué la possibilité de créer un zonage spécial.

« Évidemment, ce que cela nous permettrait de faire, c'est qu'on ne pourrait pas les faire fermer, mais ça nous permettrait de limiter leur nombre sur une rue », explique-t-il.

Des changements sont espérés pour 2016 tant au niveau de la réglementation provinciale que municipale.

En novembre dernier, la Ville de Calgary a adopté un règlement qui interdit à ce type de sociétés de s'établir à moins de 400 mètres l'une de l'autre.

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