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Où produit-on le plus d'arbres de Noël au pays? La réponse en carte

Radio-Canada

Les cultivateurs d'arbres de Noël canadiens ont connu une assez bonne année en 2014, et ils sentent chez les consommateurs un regain d'intérêt pour le sapin naturel. Voici un portrait de ce secteur en carte et en graphiques.

Un texte de Danielle BeaudoinTwitterCourriel

Saviez-vous que le Canada est le plus grand exportateur d'arbres de Noël au monde? Plus de 90 % de sa production est dédiée à l'exportation. Il vend chaque année plus de 1,5 million d'arbres, surtout aux États-Unis. Le Québec est le plus important producteur au pays, avec environ 55 % des exportations.

Pour voir la carte sur votre appareil mobile, cliquez ici.

En 2014, les producteurs canadiens ont touché des recettes de 64,4 millions de dollars, soit une hausse de 16,6 % par rapport à l'année précédente. La présidente de l'Association des arbres de Noël du Québec, Joëlle Cardonne, rappelle que le prix des sapins est assez stable, mais que « là où les producteurs gagnent, c'est quand le taux de change est favorable, comme cette année ».

Mais la culture du sapin de Noël a connu de meilleurs jours. Il y a une douzaine d'années, le Canada exportait annuellement plus de 2,7 millions d'arbres. Aujourd'hui, c'est près de la moitié en moins. Selon Joëlle Cardonne, cette baisse s'explique notamment par la forte concurrence venant des États-Unis et par la popularité des arbres artificiels.

Pour voir ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

Mme Cardonne se fait toutefois optimiste. « C'est relativement stable. Il y a eu un creux, et là, on est dans la vague montante. » Elle note que les stocks américains ont tendance à diminuer, et « ça a soulagé le marché québécois ». Depuis quelques années, beaucoup de fermes américaines ont fermé leur porte, souvent en raison d'un manque de relève, explique-t-elle.

Depuis quelques années, on remarque un élan [...] Les stocks québécois sont de plus en plus demandés, de plus en plus recherchés parce qu'il y en a moins aux États-Unis. Il faut dire aussi que les arbres québécois sont vraiment beaux. On cultive beaucoup les Baumier, les Fraser aussi. Surtout le Baumier, une espèce indigène adaptée au climat.

Joëlle Cardonne, productrice d'arbres de Noël

Au Québec, il y a 280 fermes, d'une grandeur moyenne de 8000 hectares. Selon Mme Cardonne, les principaux obstacles que doivent affronter les cultivateurs sont les suivants :

  • Un manque de relève, comme toutes les entreprises agricoles
  • Une production qui prend du temps et de l'espace. Il faut de 10 à 12 ans pour faire pousser un arbre de 6 à 8 pieds. Qui dit temps dit ressources. « Il faut avoir les reins solides! »
  • Une production qui demande de la main-d'œuvre. « L'arbre, pour être vendable, il faut le tailler; c'est de l'horticulture. »

Naturel ou artificiel?

Il y a quelques années, 70 % des consommateurs choisissaient l'arbre artificiel. Cette proportion a baissé à 60 %, selon Mme Cardonne. Elle note un véritable regain d'intérêt pour l'arbre naturel chez les consommateurs canadiens. « Une nouvelle génération de personnes, les 30-40 ans, achète des arbres locaux. Ils en font une activité familiale et ils sont sensibles à l'environnement. »

« Il a été démontré que votre arbre artificiel que vous traînez pendant 4-5 ans dans votre placard n'est absolument pas écologique. Ça va lui prendre 400 ans pour se dissoudre dans la nature, parce que c'est du plastique. [...] Ça peut nous fendre le cœur de voir un bel arbre que l'on a fait pousser, qui a 8-9 pieds et que l'on coupe, mais quand il va se dissoudre dans la nature, il n'aura pas le même impact négatif, la même empreinte écologique que l'arbre de plastique, qui va polluer. »

Selon une étude d'Ellipsos, publiée en 2009, l'arbre naturel est plus écologique que l'artificiel, surtout si vous l'achetez localement. La donne change si vous gardez votre arbre artificiel pour plus de 20 ans.

Des sapins de Noël vendus aux pays chauds

La grande majorité des exportations canadiennes, soit 95 %, est destinée au marché américain. En 2014, les États-Unis ont acheté près de 1,5 million d'arbres de Noël canadiens. Le reste est vendu à divers pays, dont les Bahamas, le Venezuela et les Émirats arabes unis.

Pour voir ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

N'est-il pas curieux de vendre des dizaines de milliers d'arbres de Noël chaque année aux pays exotiques? « Il faut bien comprendre que le sapin ne pousse pas dans ces pays-là, et il apparaît donc comme un produit de grand luxe. Le sapin qui se vend ici 40 $, il va se vendre 10 fois le prix ou presque. Dans les grands hôtels, dans les lieux prestigieux. »

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