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Disparition d'enfants de Pakuashipi : une enquête publique réclamée

Pakuashipi, automne 1970

Pakuashipi, automne 1970

Photo : Conseil des Innus de Pakuashipi

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le conseil des Innus de Pakuashipi réclame la tenue d'une commission d'enquête pour faire la lumière sur les circonstances de la disparition d'enfants de la communauté de 1970 à 1972.

Dans une lettre envoyée au premier ministre du Québec, le chef Denis Mestenapéo implore le gouvernement de « venir en aide aux familles impliquées, ainsi qu'à toute la communauté de Pakuashipi, afin que toutes les circonstances des décès de ces enfants soient enfin révélées ».

L'avocat montréalais Alain Arsenault a été engagé pour obtenir des éclaircissements de la part du gouvernement sur les circonstances entourant ces disparitions.

En novembre, l'émission Enquête révélait que des enfants de cette communauté innue en Basse-Côte-Nord sont morts après avoir été envoyés à l'hôpital de Blanc-Sablon, à plus de 200 km de Pakuashipi. Ils sont tous décédés pour la plupart d'infections des voies respiratoires.

Les parents n'ont pas reçu d'avis de décès, n'ont jamais vu leurs enfants morts et ne savent pas où ils ont été enterrés. Enquête a retracé les informations qui indiquent que ces enfants sont décédés et ont été enterrés au cimetière de Blanc-Sablon, sans qu'on en avertisse les parents.

Cette troublante histoire s'est déroulée au moment où les Innus entraient dans leurs premières maisons. La communauté comptait alors 80 personnes, dont 40 enfants.

Un traumatisme pour la communauté

Le chef Mestanapéo déplore que les parents à l'époque n'aient pas été informés de la situation adéquatement. « Ils étaient peu, sinon pas informés, par les autorités de la situation de leurs enfants », se désole Denis Mestenapéo dans sa lettre.

« Le dévoilement de la situation par l'émission Enquête a créé un immense traumatisme collectif dans notre communauté et le désir des parents touchés est très simple : ils veulent connaître la vérité. »

— Une citation de  Denis Mestenapéo, chef du conseil des Innus de Pakuashipi

Les chefs innus ont appuyé à l'unanimité cette demande de commission d'enquête, ce matin, à Sept-Îles.

Ils demandent que les corps des enfants soient exhumés du cimetière de Blanc-Sablon, identifiés par des tests d'ADN et ramenés à Pakuashipi.

Me Arsenault explique que seule une commission d'enquête permettra d'obtenir des informations sur l'état des maisons qui venaient d'être construites, sur l'absence d'aqueduc et sur les soins de santé qui étaient prodigués aux Innus.

Des archives religieuses doivent être dévoilées pour expliquer pourquoi toute aide a été refusée aux Innus de Pakuashipi, ajoute-t-il.

Puisque seuls six des enfants ont pu être localisés au cimetière de Blanc-Sablon, certains parents croient que leurs enfants ont pu être adoptés en catimini. Me Arsenault rappelle que cela a été le cas pour 16 800 enfants autochtones au Canada.

Avec les informations d'Anne Panasuk

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