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Accréditation des infirmières : des règles sont assouplies, mais l'Université de Moncton reste inquiète

Infirmière au chevet d'une patiente Photo: iStock
Radio-Canada

L'Université de Moncton ne croit pas que les changements apportés cette semaine aux règles entourant l'examen d'immatriculation des infirmières régleront tous les problèmes qui ont entraîné un fort taux d'échec cette année.

Près de la moitié des finissantes en sciences infirmières au Nouveau-Brunswick ont échoué à l'examen d'entrée de leur profession le printemps dernier. Il s'agit du pire résultat au pays.

L'examen a été préparé aux États-Unis et adopté par l'Association des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick. Il s'appelle « NCLEX-RN ». Les finissantes en sciences infirmières doivent le réussir pour pratiquer leur profession sans supervision.

Réagissant au taux élevé d'échec, l'Association des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick a annoncé jeudi qu'elle changeait ses règles afin de permettre de multiples essais à l'examen pendant deux ans. Cette mesure est rétroactive à janvier 2015. De plus, celles qui n'ont pas réussi l'examen après six mois vont pouvoir pratiquer leur profession avec une supervision pour continuer à se préparer à l'examen.

Selon André Samson, vice-recteur à l'enseignement et à la recherche à l'Université de Moncton, la problématique reste toutefois entière.

« Ça permet de régler le problème à court terme, mais le problème fondamental reste le même. C'est-à-dire que c'est un examen importé des États-Unis. Ça correspond très peu à la culture réelle qu'on a ici. Il y a aussi des problèmes ici en terme des outils pour se préparer à l'examen, qui ne sont pas disponibles en français. Il y a aussi la problématique de la traduction », explique André Samson, en entrevue à l'émission Le Réveil Nouveau-Brunswick.

La pire chose à faire à mon avis ce serait de modifier notre programme d'étude pour qu'il réponde aux préoccupations d'un système américain, alors que ce n'est vraiment pas ça l'objectif du programme.

André Samson, vice-recteur à l'enseignement et à la recherche à l'Université de Moncton

André Samson souligne que les finissantes subissaient auparavant un examen préparé au Canada. Il précise que l'an dernier le taux de succès des finissantes en sciences infirmières de l'Université de Moncton à cet examen surpassait 90 %. Cette année, leur taux de succès à l'examen américain a été d'environ un tiers, dit-il.

M. Samson ajoute que l'Université de Moncton a pris certaines mesures à court terme pour aider ses étudiants à se préparer à l'examen. Elle informe aussi l'Association des infirmières et infirmiers de ses préoccupations.

« Il n'y a pas de doute que la formule actuelle est problématique. J'espère que l'Association... je pense qu'elle réalise de plus en plus qu'il y a un problème avec cet outil, et qu'il doit être modifié pour tenir compte de notre réalité canadienne, particulièrement de notre réalité ici au Nouveau-Brunswick dans les deux langues », conclut André Samson.

Un texte de Pierre Philippe LeBlanc

Éducation

Société