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La commission Charbonneau a abouti à une impasse totale et prévisible, dit l'ex-avocate du PQ

Me Estelle Tremblay a été l'avocate du Parti québécois pendant la commission Charbonneau.

Me Estelle Tremblay a été l'avocate du Parti québécois pendant la commission Charbonneau.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Me Estelle Tremblay, qui a agi à titre d'avocate du Parti québécois lors de la commission Charbonneau, estime que cette dernière est un échec.

En entrevue à l'émission 24|60, l'avocate, qui n'a maintenant plus de mandat du PQ, a exposé d'emblée qu'elle croyait que le rapport de la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction ne fournissait pas de conclusion sur le financement des partis politiques provinciaux.

« On est en présence de deux opinions, de deux commissaires, des opinions totalement divergentes. Et, en conséquence, moi, ce que je conclus sur le financement des partis politiques, c'est que la commission Charbonneau a été un échec », juge Me Tremblay.

La dissension entre la présidente France Charbonneau et le commissaire Renaud Lachance, telle que révélée par l'émission Enquête, fait de la commission « un échec encore plus retentissant », ajoute l'avocate.

Me Estelle Tremblay estime notamment que les deux commissaires auraient dû s'entendre sur le lien entre les décisions du cabinet de Nathalie Normandeau et l'octroi des contrats publics par les municipalités qui bénéficiaient de subventions.

De mauvais choix

Pour Estelle Tremblay, la commission en est arrivée à une « impasse totale », qui était prévisible depuis plusieurs années. Dans un premier temps, elle estime que de siéger avec deux commissaires était un mauvais choix.

« Il aurait été bon que Mme Charbonneau soit accompagnée de deux commissaires, et je souligne, provenant d'horizons politiques différents, pour assurer une vision d'impartialité que peut-être les partis politiques auraient mieux acceptée », affirme-t-elle.

Rappelons qu'au départ, la commission devait compter trois commissaires : la présidente, France Charbonneau, Renaud Lachance, et Roderick A. MacDonald. Mme Charbonneau avait annoncé en janvier 2013 que M. A. MacDonald, qui était en convalescence depuis plusieurs mois, ne siégerait finalement pas à la commission. Ce dernier est décédé en juin 2014.

Une autre cause qui annonçait, selon Me Estelle Tremblay, l'échec de la commission, a été le choix d'entendre à huis clos, en mars 2014, des personnes influentes dans le financement des partis politiques.

« Quand la commission, dans le contexte de méfiance qui prévalait, a décidé d'entendre des gens à huis clos, dans une procédure qui n'avait, à mon point de vue à moi, aucune apparence de légalité, elle a simplement continué d'alimenter la méfiance des citoyens envers les institutions », juge-t-elle.

Me Tremblay croit entre autres que la commission devait livrer au public le témoignage de Marc Bibeau, proche de l'ex-premier ministre Jean Charest et décrit à plusieurs reprises comme le grand argentier du PLQ.

C'est un échec, parce que le défi de la commission, c'était de restaurer la confiance du public envers les institutions.

Une citation de :Me Estelle Tremblay, avocate du PQ lors de la commission Charbonneau

Finalement, elle estime que les politiciens du Québec devraient faire preuve de grande intégrité, de grande transparence, et devraient « faire en sorte que cette œuvre de la commission Charbonneau ne reste pas une œuvre inachevée ».

Le Parti libéral et leur avocat ont choisi de ne pas participer à l'émission d'Anne-Marie Dussault.

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