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Commerce en ligne : une menace pour l'achat local?

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

La ville de Lévis met en ligne un guichet unique pour venir en aide aux entreprises en quête de main d'oeuvre.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

« Le client d'Alma qui passe par mon site achète un créateur premièrement, déjà il achète du fait main, il achète des objets pour enfants faits par des gens d'ici et non par des enfants en Asie », constate Émilie Saint-Laurent, qui a décidé, en 2012, de lancer son entreprise Orange et coco sur Internet.

Une chronique de Catherine DoucetTwitterCourriel

Émilie Saint-Laurent a fait un choix judicieux quand on sait qu'un québécois sur deux a acheté sur Internet en 2014, selon une étude du Centre facilitant la recherche et l'innovation dans les organisations (CEFRIO).

Malheureusement, la majorité des achats faits sur Internet n'encourage pas l'économie régionale. Les ventes en ligne représentaient 30 milliards de dollars au Canada en 2014, dont 6,6 milliards au Québec.

Le commerce de détail souffre beaucoup de ce déplacement de la clientèle, particulièrement dans les secteurs de la mode, de l'électronique et des accessoires de décoration pour la maison, car près de 75 % de l'argent dépensé en ligne quitte le pays.

« La communauté peut acheter n'importe où, mais partout dans le monde, tout le monde peut nous acheter. Il y a des grands joueurs qui arrivent et on doit se battre contre eux sur le web, sur les médias sociaux », reconnaît Émilie Saint-Laurent.

Une fenêtre en ligne

Pour le président de la Chambre de commerce et d'industrie Lac-Saint-Jean-Est et président-directeur général de la Webshop, Keyven Ferland, la solution n'est pas obligatoirement d'avoir une boutique sur le web. Par contre, les entreprises d'ici doivent d'abord être présentes en ligne.

« À partir du moment où on est présent dans l'attention des consommateurs, on ne se la fait pas voler par les gros joueurs qui eux, ont les moyens de venir prendre la place et de venir chercher l'argent dans les poches des consommateurs de la région qui sont prêts à le dépenser », ajoute M. Ferland.

Une trentaine d'artisans de la région regroupés dans l'équipe Etsy Saguenay-Lac-Saint-Jean ont déjà pris le virage. La plateforme Etsy regroupe des artisans d'un peu partout sur la planète et permet de faire des recherches par lieux de production.

C'est le cas de Maryline Tremblay d'Entre bulles et moi, qui a démarré l'année dernière sa boutique en ligne. Elle y propose sa production de savons de rasage et de savons à base de bière. Déjà, 20 % de ses ventes se concluent sur Internet.

« Présentement, mon marché est ouvert pour la vente en Europe, l'Allemagne, la Belgique, la France, les États-Unis », précise la jeune entrepreneure.

Même son de cloche pour la créatrice d'Orange et coco. Elle confirme que sans sa boutique en ligne, il lui aurait été difficile de travailler dans le domaine de la mode en région.

« Je trouvais ça difficile d'arriver à une rentabilité en ayant tous les frais fixes d'une boutique physique. [...] Si je n'avais pas ma boutique en ligne, ça impliquerait que je partirais avec ma valise d'échantillons et je ferais le tour de toutes les boutiques à travers le Québec », ajoute Émilie Saint-Laurent

Malgré le succès de certaines entreprises d'ici sur le web, le bilan est toutefois encore négatif pour l'économie régionale lorsqu'on parle de commerce en ligne.

« On doit sensibiliser la population à faire des achats de proximité, même s'ils sont en ligne, de les faire dans les entreprises d'ici et conscientiser les entreprises à ouvrir leur marché parce que maintenant, avec le libre-échange, c'est possible », conclut Keyven Ferland.

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