•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Faire le deuil de son village qui ne vaut plus rien

Radio-Canada

Que faire quand le village se vide de ses jeunes, que les services disparaissent et que les maisons ne valent plus rien? De nombreux habitants des Maritimes sont dans cette situation. Visite de Pointe-Sapin, au Nouveau-Brunswick.

Un photoreportage de Ginette LamarcheTwitterCourriel à Désautels le dimanche

nullAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : ICI Radio-Canada/Ginette Lamarche

Pointe-Sapin est un pittoresque village de pêcheurs dans l'est du Nouveau-Brunswick. Après avoir traversé le parc national de Kouchibouguac, on aperçoit le bleu de la mer s'étalant à l'infini. Les personnes âgées qui s'entêtent à vivre ici ne veulent pas quitter leur coin de paradis.

nullAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : ICI Radio-Canada/Ginette Lamarche

L'église se dresse toujours, bien fière, au centre du village. Mais pour combien de temps? Les 450 habitants de la localité ne peuvent plus entretenir cet énorme bâtiment. Sa destruction est envisagée.

Le presbytère et le couvent des sœurs seront détruits dans les prochains mois. Au fil des années, Pointe-Sapin a perdu la plupart de ses institutions et de ses services. Le coup de grâce a été donné lorsqu'on a fermé l'école secondaire. L'école primaire a suivi, ainsi que la caisse populaire et le bureau de Pêches et Océans.

nullAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : ICI Radio-Canada/Ginette Lamarche

La coopérative est le seul commerce qui survit. On peut y acheter son épicerie, chercher son courrier et faire le plein d'essence. Mais combien de temps pourra-t-elle tenir le coup?

Jeanne MazerolleAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jeanne Mazerolle

Photo : ICI Radio-Canada/Ginette Lamarche

Jeanne Mazerolle a abandonné son emploi à la coopérative. Elle quittera Pointe-Sapin à contrecœur.

Il n'y a plus rien ici au village. Mes enfants sont partis en ville. Ma mère a été obligée de s'en aller dans un foyer dans une plus grande communauté, parce qu'ici il n'y avait aucun service de santé, sans parler des loisirs inexistants. On n'a même pas assez de monde pour organiser un bingo.

Jeanne Mazerolle
Jeanne Mazerolle et Ernest MazerolleAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jeanne Mazerolle et Ernest Mazerolle

Photo : ICI Radio-Canada/Ginette Lamarche

Ernest Mazerolle a aussi pris la décision de déménager. Il quitte une communauté à laquelle il est très attaché. Pêcheur comme son père, il a décidé de suivre sa famille dans le sud. Durant la saison de pêche, l'été, il habite dans une roulotte.

Ce n'est plus possible de rester ici. Il faut tout le temps prendre l'auto, faire au moins deux heures de route aller-retour pour obtenir le moindre service. Quant aux activités sportives et culturelles, on n'y pense même pas.

Ernest Mazerolle
nullAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : ICI Radio-Canada/Ginette Lamarche

La majorité des résidents de Pointe-Sapin ont plus de 65 ans. Ces aînés vivent un cruel dilemme. S'ils restent au village, ils n'auront pas accès aux services dont ils ont besoin. S'ils décident de partir, ils vont sans doute vendre leur propriété à perte, pour une bouchée de pain. Le travail et les économies de toute une vie risquent de s'envoler.

nullAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : ICI Radio-Canada/Ginette Lamarche

Pointe-Sapin est loin d'être un cas isolé. La décroissance démographique touche toutes les provinces de l'Atlantique. Cent vingt-cinq localités, dont 21 villes, vivent ce déclin. En 30 ans, les jeunes ont migré vers les grandes villes. La jeunesse a déserté les petites communautés, faute de pouvoir y étudier, travailler, se divertir.


nullAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : ICI Radio-Canada/Ginette Lamarche

« On verra de plus en plus, le long de nos côtes, ces villages fantômes, dévitalisés », déplore Majella Simard, spécialiste en développement régional de l'Université de Moncton.

On a besoin d'une politique de développement démographique et économique régionale pour toutes les provinces de l'Atlantique. Nos politiciens auront-ils le courage d'investir dans un projet politique à long terme dont les effets se feraient sentir dans 25-30 ans?

Majella Simard
nullAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : ICI Radio-Canada/Ginette Lamarche

La dévitalisation des villages touche surtout les Maritimes, mais la vague risque de s'étendre au reste du Canada. Si les provinces de l'Atlantique détiennent le record des personnes âgées au Canada, le vieillissement de la population concerne tout le pays. En 2015, le nombre de Canadiens âgés de plus de 65 ans a dépassé pour la première fois celui des 14 ans et moins.

Écoutez le reportage de Ginette Lamarche diffusé le 13 décembre à Désautels le dimanche sur ICI Radio-Canada Première.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Société