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La Chine juge incorrect et partial un rapport de l’ONU sur la torture dans ses prisons

Le centre de détention No. 1 de Shangai.

Le centre de détention No. 1 de Shangai.

Photo : Aly Song / Reuters

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un rapport de l'ONU faisant le bilan de la Chine sur les droits de la personne a été rejeté par Pékin jeudi alors que se tient aujourd'hui la Journée internationale des droits de l'homme.

La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, l'a déclaré « incorrect » et partial.

Selon elle, le rapport n'est pas basé sur une « vision objective et impartiale » du pays. Certains passages du document sont « basés sur des informations incorrectes », soutient-elle.

« Il semble que certaines personnes choisissent toujours d'attirer l'attention sur des cas individuels et d'ignorer à dessein la situation générale des droits de l'homme en Chine », souligne-t-elle.

« Notre position contre la torture est ferme et constante et nous sommes sûrs que nous accentuerons nos efforts dans ce domaine. »

— Une citation de  La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying

Un rapport éloquent

Le rapport, publié par le Comité contre la torture de l'ONU, demande à la Chine de mettre fin à la torture dans ses établissements de détention. Il réclame aussi la fermeture de ses « prisons noires » et l'arrêt de la répression des militants et des avocats défenseurs des droits de la personne.

Les « prisons noires » sont des établissements de détention illégale où les violations des droits de la personne abondent. Les ONG, telles que Human Rights Watch, dénoncent leur présence en Chine alors que Pékin nie leur existence.

Le rapport de l'ONU recense l'arrestation de plus de 200 avocats et militants depuis juillet dernier.

Il souligne que « la pratique de la torture et des mauvais traitements est toujours profondément enracinée dans le système pénal » en Chine. De plus, il s'inquiète d'une récente modification législative qui autorise les détentions secrètes.

Un communiqué de l'ambassade d'Allemagne estime par ailleurs que « de sérieux problèmes persistent en matière de liberté d'opinion ».

Amnistie internationale a aussi publié un rapport le mois dernier dénonçant les tortures infligées à certains prisonniers chinois, telles que des électrochocs, des coups de poing, des coups de pied, la privation de sommeil, l'immobilisation sur des chaises, etc.

« Durant l'année passée, de trop nombreux citoyens chinois ont été emprisonnés simplement pour avoir exprimé leurs points de vue de façon pacifique », a écrit l'ambassadeur américain en Chine, Max Baucus.

Un célèbre avocat chinois derrière les barreaux

L'ambassadeur américain en Chine cite notamment le cas de l'avocat défenseur des droits de la personne Pu Zhiqiang, dont le procès aura lieu la semaine prochaine.

Après un an et demi d'emprisonnement, le célèbre avocat sera jugé pour avoir publié en ligne des critiques à l'égard du régime chinois. Il avait notamment accusé le Parti communiste de mentir.

Il est présentement condamné à purger une peine d'emprisonnement de huit ans.

M. Pu est accusé d'« incitation à la haine ethnique », et d'avoir « provoqué des querelles et fomenté des troubles ».

En avril dernier, les procureurs chinois avaient déclaré que l'avocat « a insulté autrui, troublé l'ordre public et doit être tenu criminellement responsable ».

Une militante revendique la libération de l'avocat défenseur des droits l'homme Pu Zhiqiang.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une militante revendique la libération de l'avocat défenseur des droits l'homme Pu Zhiqiang.

Photo : Siu Chiu / Reuters

Me Pu Zhiqiang a été louangé par les médias pour avoir réclamé des indemnités pour des anciens prisonniers de camps de « rééducation par le travail ». Ce système a finalement été aboli par Pékin en 2013. Il a aussi défendu le célèbre artiste chinois Ai Weiwei.

L'épouse de M. Pu a déclaré que son mari avait subi une « torture inhumaine, physique et mentale », avec des interrogatoires de dix heures par jour durant ses premiers mois de détention.

M. Pu avait a été arrêté en 2014, peu après une réunion privée commémorant le 25e anniversaire des manifestations de la place Tiananmen de 1989.

Depuis son arrivée au pouvoir, le président chinois Xi Jinping a resserré la répression des voix critiques à l'encontre de son parti, ce qui a entraîné l'arrestation d'innombrables juristes, militants et universitaires.

Avec les informations de Agence France-Presse

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