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L'université franco-ontarienne existe-t-elle déjà?

La député France Gélinas est accompagnée de jeunes Franco-Ontariens qui réclament une université francophone en Ontario

La député France Gélinas est accompagnée de jeunes Franco-Ontariens qui réclament une université francophone en Ontario

Photo : Alex Boissonneault

Radio-Canada

L'idée de créer une institution universitaire où l'enseignement se donne dans la langue de Molière est chère à plusieurs Franco-Ontariens. Mais l'université franco-ontarienne existe-t-elle déjà?

Un texte d’Isaac GauthierTwitterCourriel

Le recteur de l'Université de Hearst, Pierre Ouellette, offre une réponse nuancée.

Il existe déjà une université de langue française en Ontario : l'Université de Hearst. Je ne suis pas sûr par contre qu'on puisse répondre oui à la question : "Est-ce qu'il existe une université franco-ontarienne?"

Pierre Ouellette, recteur de l'Université de Hearst

Selon Pierre Ouellette, deux conditions sont nécessaires à la définition d'une université franco-ontarienne : 

  • la gouvernance par et pour les francophones
  • l'accès aux programmes d'études à l'ensemble du territoire.

Même si l'Université de Hearst se gouverne elle-même, elle ne peut prétendre à offrir des cours dans l'ensemble de la province. Après tout, l'Université de Hearst, c'est quatre programmes d'études offerts dans trois campus du nord de l'Ontario.

Besoins criants

De son côté, le directeur général du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), Alain Dupuis, estime que l'Université de Hearst répond aux besoins de la communauté du nord-est de l'Ontario depuis plusieurs années.

Effectivement, l'Université de Hearst est une université franco-ontarienne.

Alain Dupuis, directeur-général, RÉFO
Alain Dupuis

Alain Dupuis, coordonnateur général du Regoupement étudiant Franco-Ontarien.

Photo : Pierre-Mathieu Tremblay

Toutefois, l'institution ne peut pas répondre aux besoins de l'ensemble de la communauté : « On peut donc dire qu'on milite pour une nouvelle université de langue française, ou une université francophone indépendante. »

Selon Alain Dupuis, la demande justifie la création d'un nouvel établissement. Déjà en 2012, le commissaire aux services en français François Boileau identifiait un manque important quant à l'accessibilité universitaire en Ontario. Dans un rapport sur l'état de l'éducation francophone, M. Boileau démontrait que 75 % des élèves du secondaire du Centre-Sud-Ouest renoncent aux études universitaires en français en raison du manque d'accès.

Sans vouloir remettre en question la pertinence de la demande dans le Centre-Sud-Ouest, le recteur de l'Université de Hearst Pierre Ouellette s'interroge toutefois sur la façon dont le ministère de la Formation des Collèges et Universités calcule l'accès aux programmes universitaires.

« La définition de l'accès diffère d'une région à l'autre. Toronto n'est pas considérée dans la même région qu'Ottawa, [même si elles sont] à un peu plus de quatre heures de route. Mais on estime qu'un étudiant de Hearst a accès aux programmes offerts au campus de Sudbury de l'Université Laurentienne, malgré les sept heures de route qui les séparent », déplore M. Ouellette.

Faut-il dire l'université de l'Ontario français, l'université franco-ontarienne ou encore, l'université de langue française?

Les trois appellations sont employées depuis plusieurs années. Le projet de loi 104, déposé cette année par la députée France Gélinas, vise la création de l'Université de l'Ontario français. Le RÉFO appuie cette appellation, même si le regroupement étudiant utilise aussi nouvelle université francophone, pour distinguer l'institution de l'Université de Hearst.

France Gélinas

France Gélinas, députée néo-démocrate.

Photo : Josée Perreault

Pour sa part, la députée néodémocrate de Nickel Belt France Gélinas croit qu'il faut créer rapidement une nouvelle université francophone. Elle a déposé le projet de loi 104 qui vise la création de l'Université de l'Ontario français à l'automne 2019. Il a été approuvé en deuxième lecture à Queen's Park le mois dernier.

On va s'assurer d'une université francophone pan-ontarienne qui va desservir tous les Franco-Ontariens, peut importe où ils demeurent.

France Gélinas, députée néodémocrate de Nickel Belt
France Gélinas

France Gélinas, députée néo-démocrate.

Photo : Josée Perreault

Selon elle, le projet gagne à être réalisé. « Les études universitaires en français, c'est un dossier gagnant pour tout le monde : pour les programmes universitaires existants, pour l'Université de Hearst, pour les étudiants francophones et anglophones et pour l'économie de l'Ontario », insiste Mme Gélinas. Elle ajoute qu'une population bilingue avec une formation universitaire serait un important atout pour la province.

Si le projet de loi est approuvé en troisième lecture, l'étape suivante sera la création d'un conseil de transition, composé d'acteurs du milieu universitaire, pour élaborer un plan d'action. 

Ottawa-Gatineau

Francophonie