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Le Québec n'a jamais été aussi présent à l'international, dit Couillard à Paris

Bilan de Philippe Couillard à la conférence de Paris sur le climat

Philippe Couillard dresse un bilan positif de son passage à la conférence de Paris sur le climat, même si la reconnaissance du rôle que jouent les États fédérés dans la lutte aux changements climatiques et la reconnaissance des mécanismes de tarification du carbone, deux mesures clés voulues par le Québec, pourraient ne pas faire partie du texte de l'accord.

Ce matin, la ministre canadienne de l'Environnement, Catherine McKenna, a dit lors d'un point de presse qu'elle mettait de la pression pour que cette reconnaissance du rôle des États fédérés – comme les provinces canadiennes, les États américains ou les länder allemands – fasse partie de l'accord sur le climat, mais qu'elle ne pouvait pas garantir que ce serait le cas, car certains pays y sont fermement opposés et que l'ONU fonctionne par consensus.

Néanmoins, en conférence de presse, accompagné du premier ministre Philippe Couillard, le ministre québécois de l'Environnement, David Heurtel, a affirmé que « présentement, même au niveau de l'accord, on parle toujours du rôle des États fédérés ».

Pour sa part, le premier ministre n'en fait pas grand cas. « [S'il n'y a pas cette reconnaissance], ça ne change absolument rien. Parce qu'on va continuer toutes nos initiatives de toute façon. Et il n'y a pas que le Québec là-dedans. Il y a l'ensemble des États fédérés. Des pays s'opposent à cette reconnaissance-là pour des questions de politique intérieure. Ce n'est pas simple cette question », affirme-t-il.

Quoi qu'il en soit, le ministre Heurtel souligne que des intervenants de haut calibre, comme l'ex-vice-président américain Al Gore, ont encensé le rôle que jouent les États fédérés. Le ministre souligne aussi que le Québec a réussi à faire valoir l'importance d'un marché du carbone.

D'ailleurs, selon le premier ministre Couillard, le Québec « n'aura jamais été aussi présent et influent qu'à la COP-21 ».

« Ce que je rapporte au Québec, c'est la fierté d'être québécois que j'ai ressentie ici, quand je me fais dire par tout le monde, par les chefs d'État, par le secrétaire général de l'ONU, par l'OCDE, par des intervenants de calibre mondial comme [l'ex-vice-président américain Al] Gore, à quel point notre action est déterminante et importante », dit-il.

« Je suis fier de ce qu'on a fait au cours des années. Ce qui nous a amenés ici, ce n'est pas un hasard. C'est le fruit de nombreuses années de travail », ajoute M. Couillard.

Cibles du Canada et des provinces

Le premier ministre Couillard souligne que les provinces et le fédéral doivent encore se rencontrer dans les 90 jours suivant la conférence sur le climat pour discuter de leurs cibles respectives, à la lumière de l'accord qui sera conclu à Paris.

Plus tôt cette semaine, M. Couillard émettait des doutes sur les nouvelles cibles du Canada. La ministre Catherine McKenna venait d'indiquer que le réchauffement climatique devait être limité à une moyenne de 1,5 degré Celsius plutôt qu'à 2 degrés, qui est la cible sur laquelle les pays tentent de s'entendre actuellement dans les négociations.

« D'abord, il faut faire le point sur les cibles canadiennes telles que déposées ici à Paris. Il faut faire le point sur la trajectoire sur laquelle nous sommes au Canada pour arriver à ces cibles compte tenu des annonces qui ont été faites. Il faut faire le point sur la façon dont les efforts supplémentaires seront déployés et répartis entre les provinces. Mais je suis optimiste. Je pense qu'on va réussir », a dit ce matin M. Couillard.

Concernant les cibles de réduction de GES, le premier ministre soutient que « nous, on a les nôtres au Québec. On va les réaffirmer. Elles ne changeront pas. »

« Les cibles présentées ici [par le Canada] ne sont pas particulièrement ambitieuses en termes de réduction de GES. Si vous les ramenez à 1990, on parle d'un effort de 14 % de réduction, ce qui n'est pas énorme », poursuit-il.

« Mais avant d'aller plus loin, nous, dans les provinces, on n'a pas été impliqués dans la fixation de ces cibles. Où est-ce qu'on est dans la courbe qui doit nous amener à cet engagement-là? Est-ce qu'on est en avance, en retard? Avant de prendre une décision, il faut savoir où on est et ça fera partie du travail de préparation à la conférence [au Canada] », dit-il.

Fin novembre, le premier ministre avait dit que le Québec « a largement fait sa part » au sein de la fédération canadienne pour réduire les GES.

Un nouveau visage vert?

Le premier ministre juge par ailleurs erronée l'analyse selon laquelle le gouvernement tente de se doter d'un nouveau « visage vert », qui serait illustré par les propos élogieux d'Al Gore la fin de semaine dernière, ou encore la position critique du gouvernement concernant le pétrole d'Anticosti.

« On déforme la réalité », a dit M. Couillard, qui dit plutôt que ses choix s'inscrivent dans la continuité des décisions prises par le gouvernement Charest.

Aussi présent à Paris, le chef du Parti québécois a critiqué le « soi-disant visage vert » du gouvernement.

« Effectivement, comme plusieurs citoyens, ça me laisse un peu dubitatif », dit-il en entrevue à Radio-Canada.

« On a vu le premier ministre faire une annonce sur l'électrification des transports. Et il n'y avait rien d'ambitieux là dedans. C'est même inquiétant, en deçà de celle qui avait été proposée par Mme Marois. Et très en deçà de ce que nous souhaiterions faire au PQ », soutient le chef péquiste.

« Nous avons des atouts phénoménaux au Québec, l'énergie hydro-électrique, la connaissance, le génie, les recherches entamées à Hydro-Québec, par les entrepreneurs, sur les véhicules électriques, la pile au lithium. Tous les éléments sont disponibles pour que nous puissions être en tête des leaders mondiaux en matière d'électrification des transports. Et je pense que ce virage soi-disant vert du premier ministre est pour le moins surprenant, instantané, alors que ces éléments existent depuis toujours », dit-il.

Ottawa demeure optimiste

Le Canada croit encore aux chances d'un accord d'ici à vendredi à la conférence de Paris, même si certaines de ses priorités qu'il partage avec le Québec, comme la reconnaissance du travail des États fédérés ou la reconnaissance des mécanismes de tarification du carbone, risquent de ne pas figurer dans le texte final.

La ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna, a dit être « confiante » que le travail accompli sur certains points litigieux « donnera des résultats ».

« Le travail d'ensemble progresse bien et nous visons toujours une entente d'ici au vendredi 11 décembre, a-t-elle affirmé dans sa déclaration d'ouverture dans l'enceinte du sommet, au Bourget. Mais il reste du travail à faire, et comme moi, les ministres des autres pays s'investissent pleinement dans les prochaines étapes, qui seront cruciales. »

La ministre a indiqué que son travail de facilitatrice mandatée par le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a été « exigeant et prenant », mais qu'il a fait avancer les pourparlers en vue d'un accord.

Avec les informations de La Presse canadienne

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