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Manifestation contre Uber : le chef de la police de Toronto inquiet pour la sécurité publique

Vidéo de la confrontation
Radio-Canada

Le chef de police de Toronto, Mark Saunders, affirme s'inquiéter pour la sécurité publique, à la suite de deux confrontations impliquant des conducteurs de taxi, un policier et un conducteur Uber, dans le cadre des manifestation contre le service de covoiturage.  

Mark Saunders a demandé aux conducteurs de taxi de manifester de façon paisible s'ils souhaient que les élus changent la règlementation. « Si vous cherchez à sensibiliser le public, vous devez changer votre tactique parce que présentement les gens ne sont pas contents », a-t-il dit.

Entre temps, le chef de police affirme que son service a les mains liées et ne peut en faire davantage pour arrêter les conducteurs Uber. Il affirme que la loi empêche les policiers d'essayer de s'infiltrer pour identifier les conducteurs Uber, sans quoi il est impossible pour la police d'obtenir les preuves nécessaires pour porter des accusations.

« Jusqu'à ce que les lois soient renforcées, il n'y a rien que nous pouvons faire présentement » a-t-il dit lors d'un point de presse en fin d'après-midi.

Le chef de police affirme que des accusations ont été portées contre 100 personnes pour avoir été des conducteurs d'Uber et dans tous les cas ils ont été innocentés, faute de preuve.

Des conducteurs de taxi bloquent la circulation à l'intersection des rues Bay et QueenDes conducteurs de taxi bloquent la circulation à l'intersection des rues Bay et Queen Photo : John Rieti, CBC

Il souligne que la police a seulement le droit de demander aux conducteurs Uber leur permis de conduire et leur certificat d'immatriculation, mais pas s'ils travaillent pour le service de covoiturage. Également, ils n'ont pas le droit de demander aux passagers s'ils sont des clients d'Uber.

Par ailleurs, la compagnie de taxi Beck a demandé à tous les conducteurs d'arrêter leur manifestation et de permettre aux Torontois de rentrer chez eux sans compliquer leur trajet.

« Nous comprenons leur frustration, mais nous les supplions d'arrêter leur manifestation maintenant » a affirmé par voie de communiqué Kristine Hubbard, la responsable des opérations de Beck.

Confrontation entre chauffer de taxi et conducteur d'Uber X

Un chauffeur de taxi, qui manifestait contre le géant américain Uber près de l'hôtel de ville de Toronto ce matin, s'est accroché à la portière d'un véhicule en marche, parce que le conducteur appartenait au service de covoiturage commercial UberX.

Le chauffeur de taxi, qui n'a pas révélé son identité, a été traîné sur une distance d'environ 20 m, mais ne semble pas avoir été blessé. 

Il a frappé sur les vitres de la voiture et tenté d'ouvrir une portière avant que le conducteur d'UberX n'accélère brusquement, puis s'arrête pour accélérer à nouveau après que le chauffeur de taxi eut finalement lâché prise. La police indique qu'aucun des deux n'a porté plainte.

On essaie de faire valoir notre point de vue.

Chauffeur de taxi impliqué dans la confrontation

Manifestation au centre-ville

Les chauffeurs de taxi accusent le maire d'accorder un traitement de faveur à Uber.Les chauffeurs de taxi accusent le maire d'accorder un traitement de faveur à Uber. Photo : CBC

Cette confrontation est survenue alors que des centaines de chauffeurs de taxi, en colère contre ce qu'ils qualifient de traitement de faveur des élus torontois à l'endroit d'Uber, ont paralysé la circulation au centre-ville ce matin, alors que le conseil municipal est réuni à l'hôtel de ville.

Sajid Mughal de l'association de conducteurs iTaxi a dit que le comportement du chauffeur de taxi était inacceptable, mais tout en ajoutant qu'il comprenait sa frustration. 

Si quelqu'un tentait de vous voler votre nourriture, comment réagiriez-vous?

Sajid Mughal, association des chauffeurs iTaxi

Uber Canada, pour sa part, indique que son conducteur et son passager sont « heureux de voir que personne n'a été blessé durant ces événements effayants ». « Nous sommes très inquiets de voir un tel acte d'agression contre les usagers d'Uber à Toronto », a dit la porte-parole de la compagnie Susie Heath.

Un policier a aussi été happé par un taxi en matinée au nord du centre-ville, subissant des blessures mineures. Une personne a été arrêtée, mais la police n'a pas donné plus de détails.

Les chauffeurs de taxi protestataires sont partis, vers 7 h 30 ce matin, de points de rassemblement aux quatre coins de Toronto et ont ensuite paralysé la circulation près de l'aéroport Billy Bishop. Ils se sont dirigés par la suite vers l'Assemblée législative provinciale et sont réunis devant l'hôtel de ville depuis midi.

À LIRE AUSSI : Toronto a-t-elle des leçons à tirer de New York et Paris?

Uber fait fi des élus

Uber a refusé de suspendre temporairement les activités d'UberX, comme le lui demandait le conseil municipal à la fin septembre, en attendant le nouveau règlement de la ville, le printemps prochain.  

Son application pour téléphone intelligent, qui met en contact passagers et conducteurs ordinaires prêts à les transporter à un coût souvent bien inférieur à une course en taxi, ne cesse de gagner en popularité un peu partout dans le monde. Les chauffeurs de taxi rétorquent que les conducteurs d'UberX n'ont pas à payer de permis et n'ont pas une assurance commerciale comme eux, en cas d'accident.

Toutefois, au moins une compagnie de taxi, Beck, a incité ses chauffeurs à ne pas prendre part à la manifestation, aujourd'hui.

Nous comprenons que les temps sont très durs pour les chauffeurs de taxi, mais nous ne pensons pas qu'une manifestation qui perturbe les activités des Torontois soit la bonne façon de faire.

Kristine Hubbard, gestionnaire de la compagnie de taxi Beck

Mme Hubbard demande, toutefois, aux élus d'assumer leurs « responsabilités ». « Ça fait des mois qu'Uber a fait le doigt d'honneur au maire John Tory et il n'y a toujours pas eu de réponse adéquate », dit-elle.

 

Ontario

Affaires municipales