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Femmes autochtones : une enquête publique bienvenue

Des dizaines de personnes soulignent la disparation et l'assassinat de nombreuses femmes autochtones.

Photo : Radio-Canada/Laurie Trudel

Radio-Canada

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé, mardi à Gatineau, la tenue d'une enquête publique sur le sort des femmes autochtones assassinées ou disparues. La nouvelle a été chaudement accueillie par la communauté autochtone de la région d'Ottawa et de Gatineau.

Un texte de Angie BonenfantTwitterCourriel

Au cours des 30 dernières années, 1200 femmes autochtones ont été portées disparues ou ont été assassinées au Canada. Selon le plus récent rapport de Statistique Canada sur cette question, les femmes autochtones sont trois fois plus victimes d'un crime violent que les femmes non autochtones.

Pourquoi y a-t-il autant de victimes parmi ces femmes? La réponse à cette question est d'une rare complexité, affirme Marie Wilson, membre de la Commission de vérité et de réconciliation. C'est parce qu'on ne connaît pas la réponse à cette question qu'une telle enquête publique prend tout son sens, selon elle.

« On sait déjà qu'il y a des circonstances de pauvreté très répandues dans la population autochtone [qui sont à l'origine de tous ces problèmes] », explique-t-elle. « Ce que l'on ne sait pas, par contre, c'est la raison pour laquelle il y a tant de disparues. »

Des cas régionaux

(Glissez votre curseur sur les photos pour obtenir plus d'informations)

Dans la région d'Ottawa et de Gatineau, on a tous en mémoire la mort de Kelly Morrisseau, cette mère de trois enfants assassinée dans un stationnement du parc de la Gatineau, le 10 décembre 2006.

Mine de rien, jeudi prochain, on soulignera la neuvième année de ce triste anniversaire sans que personne n'ait été accusé.

De 10 % à 12 % des cas de femmes autochtones disparues au Canada ne sont pas élucidés. Pour Emanuelle Walter, journaliste et auteur du livre « Soeurs volées », un ouvrage qui traite de la disparition de nombreuses femmes autochtones au pays, ce taux est inacceptable.

Laxisme policier?

Les manifestants réclament une enquête fédérale sur la disparition de dizaines de femmes autochtones au pays au cours des dernières années.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les manifestants réclament une enquête fédérale sur la disparition de dizaines de femmes autochtones au pays au cours des dernières années.

Photo : Frederic Pepin

Mme Walter soupçonne les forces policières d'être à l'origine du problème. « La différence ne porte pas tant sur le taux d'élucidation, mais sur la manière dont c'est pris en main par les forces policières, qui est une manière beaucoup plus négligente, selon moi », a-t-elle expliqué en entrevue.

L'ex-présidente de l'Association des femmes autochtones du Canada, Michèle Audette, reconnaît aussi qu'il y a eu dans le passé une forme de laxisme de la part des policiers dans le cas des jeunes femmes autochtones disparues.

Entrevue - Michèle Audette

« Comment cela fait-il que les systèmes pénaux, de sécurité publique, de justice ou même de la santé ne répondent pas adéquatement à la réalité des femmes autochtones? », a-t-elle demandé.

 On sait qu'il y a un problème. Tout le monde le sait. Comment se fait-il qu'on réponde mal à cette problématique-là? Ça, je ne le sais pas. 

Michèle Audette, ex-présidente de l'Association des femmes autochtones du Canada

Elle espère seulement que cette commission d'enquête publique soit « la bonne », celle qui offrira une piste de solution.

Elle a en mémoire les cas de Shannon Alexander et Maisy Odjick, deux jeunes filles originaires de Maniwaki, portées disparues depuis plus de sept ans.

La Sûreté du Québec (SQ) vient de lancer un nouvel appel à la population pour tenter de les retrouver.

Ottawa-Gatineau

Société