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Trump défend son idée d'interdire l'entrée aux États-Unis à tous les musulmans

Donald Trump défend sa proposition d'interdire le droit d'entrée des musulmans aux États-Unis.

Donald Trump défend sa proposition d'interdire le droit d'entrée des musulmans aux États-Unis.

Photo : Randall Hill / Reuters

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Donald Trump a défendu mardi sa suggestion d'interdire l'entrée aux États-Unis à tous les musulmans en comparant cette mesure « temporaire » à celle qui avait visé Japonais et Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le candidat à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de 2016 a suggéré lundi dans un communiqué distribué à la presse la « fermeture totale » des frontières américaines aux musulmans jusqu'à ce que le Congrès « puisse comprendre ce qui se passe » après l'attaque de la semaine dernière à San Bernardino, en Californie, menée par deux adeptes du groupe armé État islamique (EI).

Face au tollé provoqué par cette proposition jusque dans les rangs républicains, Donald Trump a évoqué la mémoire de l'ancien président Franklin Delano Roosevelt (FDR).

« Ce que je propose n'est pas différent de ce qu'a fait FDR », a-t-il déclaré à l'émission de la chaîne télévisée ABC Good Morning America.

Il y a des gens qui veulent faire exploser nos bâtiments, nos villes. Nous devons comprendre ce qui se passe.

Une citation de :Donald Trump

Passé maître dans l'art de la provocation, M. Trump a rappelé que la politique de Roosevelt avait été bien plus contestable que ce qu'il propose de faire aujourd'hui.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, plus de 110 000 ressortissants ou descendants de Japonais, d'Allemands et d'Italiens avaient été détenus dans des camps d'internement sur le sol américain.

Il faut « faire quelque chose », selon Trump

Dans un autre entretien, accordé mardi à la chaîne américaine MSNBC, Donald Trump a expliqué qu'il ne savait pas combien de temps pourrait durer une telle mesure.

« Tant que nous ne contrôlons pas la situation, nous devons faire quelque chose et nous devons le faire maintenant », a-t-il affirmé, assurant être soutenu dans cette démarche par un grand nombre d'Américains qui « veulent qu'il se passe quelque chose ».

Défendant sa proposition, Donald Trump a précisé à ABC qu'il n'était pas favorable au rétablissement des camps d'internement et que les Américains de confession musulmane seraient autorisés à revenir aux États-Unis après un voyage à l'étranger.

L'auteur de l'attaque de San Bernardino était un Américain d'origine pakistanaise, revenu il y a quelques années d'un séjour en Arabie saoudite.

Dans son communiqué, Donald Trump assure que des sondages attestent l'existence d'une « haine » des musulmans envers l'Amérique, qui pourrait déboucher sur de nouvelles attaques.

« Nous devons déterminer d'où vient cette haine et pourquoi elle existe. Jusqu'à ce que nous soyons en mesure de comprendre ce problème et la dangereuse menace qu'il représente, notre pays ne peut être victime d'horribles attaques par des gens qui ne croient qu'au djihad, et n'ont aucun sentiment de raison ou de respect pour la vie humaine », dit le candidat à l'investiture républicaine.

Après les attentats du 13 novembre en France, Donald Trump avait déjà proposé de ficher tous les musulmans vivant aux États-Unis, une mesure comparée par ses adversaires aux fichiers de juifs établis par les nazis, et d'« éliminer toutes les familles » des djihadistes.

La plupart de ses rivaux républicains se sont prononcés de leur côté pour une suspension du programme d'accueil de 10 000 réfugiés syriens validé par le président Barack Obama.

Fortement critiqué par ses adversaires

Le milliardaire continue de faire la course en tête pour l'investiture républicaine, même si sa cote a fortement chuté ces derniers temps, notamment depuis ses commentaires post-attentats.

Ses dernières déclarations ont soulevé un nouveau tollé.

« Donald Trump est fou. Ses propositions politiques ne sont pas sérieuses », dit Jeb Bush, qui brigue lui aussi l'investiture républicaine, sur Twitter.

Hillary Clinton, favorite côté démocrate, qui réagit elle aussi sur le réseau social, juge ses propos « répréhensibles, préjudiciables et sources de divisions ».

« C'est scandaleux de la part de quelqu'un qui prétend assumer les plus hautes fonctions dans ce pays [...] Donald Trump parle plus comme le chef d'une bande de lyncheurs que comme celui d'une grande nation telle que la nôtre », s'est indigné Nihad Awad, directeur du Conseil des relations américano-islamiques.

Ben Rhodes, conseiller adjoint à la sécurité nationale, a quant à lui parlé d'une proposition « contraire aux valeurs américaines ».

Pour l'ancien vice-président Dick Cheney, membre du camp conservateur, elle « va à l'encontre de tout ce que nous défendons et de tout ce en quoi nous croyons ».

Trump est « disqualifié » de la présidence selon la Maison-Blanche

La Maison-Blanche a jugé qu'en proposant d'interdire tous les musulmans d'entrée sur le territoire des États-Unis, Donald Trump s'était « disqualifié » lui-même de la course à l'élection présidentielle de novembre 2016.

La présidence démocrate appelle également tous les autres candidats à l'investiture républicaine à rejeter « sans délai » sa candidature.

Depuis son entrée dans la course, ajoute Josh Earnest, le porte-parole de la Maison-Blanche, le magnat de l'immobilier et des médias mène une campagne de caniveau.

Ses dernières déclarations, a-t-il poursuivi, sont « injurieuses et toxiques ».

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