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Le gouvernement Trudeau baisse les impôts de la classe moyenne

Le ministre Bill Morneau fait son annonce à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Très courtisée pendant la campagne électorale, la classe moyenne voit le Parti libéral respecter son engagement de lui consentir des allégements fiscaux. Les très bien nantis, eux, verront leur fardeau fiscal augmenter. Mais, contrairement à ce qu'avait dit la formation, ces deux mesures ne se feront pas à coût nul.

Le taux marginal d'imposition pour les individus dont le revenu se situe entre 45 282 $ et 90 563 $ passera de 22 % à 20,5 % dès le 1er janvier, a annoncé lundi le ministre des Finances, Bill Morneau. Cette mesure touchera 9 millions de Canadiens, a-t-il dit au cours d'un point de presse.

Une personne seule dont les revenus sont dans cette fourchette bénéficiera d'un allégement fiscal moyen d'environ 330 $ par année. L'allégement atteindra environ 540 $ par année dans le cas d'un couple.

Nous avons promis de renforcer la classe moyenne et de permettre à ses membres d'avoir plus d'argent dans leurs poches en vue d'économiser, d'investir et de faire croître l'économie.

Bill Morneau, ministre des Finances

En revanche, le gouvernement créera un nouveau palier d'imposition pour les Canadiens jouissant de revenus supérieurs à 200 000 $. Leur taux d'imposition, actuellement fixé à 29 %, augmentera à 33 %.

Selon le ministre, cela contribuera à rendre le « régime fiscal plus équitable ».

Des changements qui ne sont pas à coût nul pour les contribuables 

Mais, contrairement à ce que les libéraux avaient affirmé en campagne électorale, les revenus générés par la hausse d'impôt des plus riches ne suffiront pas à financer entièrement la baisse du taux d'imposition pour la classe moyenne.

Selon les calculs du gouvernement, les réductions d'impôt consenties coûteront 1,2 milliard de dollars au trésor public pour 2016-2017. Le coût cumulatif atteindra 6,5 milliards de dollars en 2020-2021.

Le ministre des Finances a expliqué que la faiblesse de la croissance économique avait forcé les libéraux à revoir leurs projections.

Pressé de questions sur les engagements budgétaires des libéraux, le ministre Morneau a affirmé que le gouvernement respecterait sa promesse d'équilibrer le budget avant la fin du présent mandat. Il a cependant refusé de dire s'il maintiendrait le déficit sous la barre des 10 milliards de dollars en 2016-2017, comme avait promis de le faire sa formation.

Martelant l'importance d'investir dans les infrastructures, il a cependant affirmé que les libéraux feraient preuve de « prudence fiscale ».

Les contributions annuelles maximales au compte d'épargne libre d'impôt (CELI), que le gouvernement Harper avait augmentées à 10 000 $ en avril dernier, seront en outre ramenées à 5500 $ en 2016.

Le plafond de cotisation annuel de 10 000 $ est donc maintenu pour cette année.

Le projet de loi concernant ces deux promesses électorales doit être déposé mercredi.

Une première étape

« Ces mesures ne sont qu'une première étape » dans les actions qui seront mises en place pour aider les Canadiens, a ajouté le ministre Morneau.

Il a précisé que la nouvelle Allocation canadienne aux enfants, appelée à remplacer tout le système actuel de diverses prestations pour enfants par une seule mesure, serait incluse dans le prochain budget « pour aider les familles qui en ont le plus besoin ». Les premiers chèques de cette allocation « simple et plus généreuse » seront versés en juillet 2016. 

Contrairement à la Prestation universelle pour la garde d'enfants (PUGE), que les conservateurs avaient augmentée et étendue, elle sera non imposable. 

M. Morneau a également indiqué que le gouvernement proposerait des amendements législatifs afin d'abroger le fractionnement du revenu en 2016. 

La refonte du régime fiscal des particuliers se butera vraisemblablement à l'opposition des conservateurs et des néo-démocrates.

Les partis d'opposition la considèrent comme inéquitable et mal ciblée.

La chef intérimaire du Parti conservateur, Rona Ambrose, l'a critiquée lors de son allocution en réaction au discours du Trône, qui a été livré vendredi dernier.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a pour sa part regretté que les Canadiens les plus vulnérables économiquement ne touchent pas un sou avec ces mesures fiscales.

Fort d'une confortable majorité parlementaire, le Parti libéral n'a cependant pas besoin de l'appui des autres partis pour faire adopter ses projets de loi.

Avec les informations de La Presse canadienne

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