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Des enseignants mécontents perturbent la conférence du ministre de l'Éducation

Le ministre de l'Éducation François Blais
Le ministre de l'Éducation François Blais Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Des enseignants en colère se sont invités à la conférence que devait donner à Montréal le ministre de l'Éducation, François Blais, devant le Conseil du patronat. Ils déplorent qu'il soit, selon eux, davantage à l'écoute du privé que du personnel et des élèves.

Le ministre avait accepté l'invitation du Conseil du patronat pour discuter des priorités du gouvernement Couillard en matière d'éducation dans le cadre d'un dîner-conférence « exclusif » à l'intention des membres, qui devaient payer 95 $ chacun pour l'entendre.

Une décision que les syndicats affiliés à la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) n'ont pas appréciée.

Quelques dizaines de leurs membres ont fait irruption à l'hôtel Omni Mont-Royal, dans le centre-ville de la métropole pour faire entendre leur point de vue au ministre. 

Brandissant de petits drapeaux à l'effigie de la FAE et une banderole disant « Les libéraux méprisent l'éducation, l'école publique mérite mieux! », les manifestants ne se sont pas gênés pour faire du bruit. Au son de sifflets, ils ont aussi scandé à plusieurs reprises « Le ministre dans nos écoles, pas au Conseil du patronat! »

Les enseignants affiliés à la FAE font valoir qu'eux essaient - en vain - de rencontrer le ministre depuis son assermentation, il y a huit mois.

Aux yeux de la Fédération, le ministre Blais démontre ainsi « non seulement qu'il se préoccupe peu du quotidien des écoles publiques, de leurs difficultés et des nombreux besoins des élèves, mais aussi que son gouvernement poursuit lentement mais sûrement la marchandisation de la formation professionnelle au Québec ».

C'est un non-sens que le ministre vienne rencontrer les gens d'affaires pour leur dire : "On va vous faciliter la job, on va s'arranger pour que les jeunes quittent l'école encore plus vite pour aller travailler au lieu de leur donner des formations qualifiantes".

Alain Marois, vice-président à la vie politique à la FAE

La FAE y voit un signe que le gouvernement du Québec entend répondre aux besoins immédiats du marché du travail plutôt que de cibler l'acquisition de connaissances.

« On donne [aux élèves] des petites jobs rapides, où ils n'auront pas vraiment eu une formation complète, un réel métier, où ils n'auront pas la formation de base, les compétences nécessaires pour se débrouiller dans la vie », a déploré le vice-président à la vie politique à la FAE, Alain Marois, sur les ondes de Radio-Canada. « Au lieu de cela, ils vont avoir des jobs à rabais où il va falloir souvent qu'ils changent de travail », a-t-il ajouté. 

La FAE regroupe huit syndicats qui représentent plus de 34 000 enseignants du préscolaire, du primaire, du secondaire, de l'enseignement en milieu carcéral, de la formation professionnelle et de l'éducation des adultes.

Société