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L'économie ne peut se passer du gaz naturel, selon Gaz Métro

Sophie Brochu PDG de Gaz Métro.
Sophie Brochu PDG de Gaz Métro. Photo: La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Le recours au gaz naturel est inévitable dans une stratégie de décarbonisation de la société, mais il faudra « verdir » ce gaz, estime la présidente de Gaz Métro, Sophie Brochu. 

Dans une entrevue accordée à Midi info lundi matin, à ICI Radio-Canada Première, Sophie Brochu a été invitée à répondre aux propos tenus en fin de semaine par le premier ministre Philippe Couillard. Depuis la conférence sur le climat de Paris, ce dernier a soutenu que le gaz naturel est « un élément de transition » dans l'objectif de « décarboniser » l'économie.

Selon Mme Brochu, Gaz Métro oeuvre déjà à améliorer l'efficacité énergétique de ses clients et à utiliser de l'énergie renouvelable pour réduire ses gaz à effet de serre (GES), deux éléments-clés vers cette décarbonisation souhaitée. Mais au-delà de ces mesures, l'économie ne pourra cependant pas se passer de gaz naturel avant plusieurs années, prévient-elle.

Au cours des prochaines années, on va utiliser davantage de gaz naturel parce qu'on va vouloir déplacer des produits pétroliers, et ça, ça va arriver jusqu'en 2030.

Sophie Brochu, présidente et chef de la direction de Gaz Métro

Après 2030, poursuit Mme Brochu, deux tendances seront à surveiller.

« Il va falloir que des énergies se développent pour remplacer le gaz naturel, là où nous avons été présents parce que les autres énergies ne pouvaient pas le faire : dans les industries lourdes, dans le transport lourd de marchandises, dans les grands navires, dans les grandes industries qui sont par exemple sur la Côte-Nord et qui ont besoin de gaz naturel », explique-t-elle.

Si ces énergies ne sont pas développées d'ici 2030, il faudra encore utiliser du gaz naturel, constate-t-elle.

« L'autre tendance qui va arriver en parallèle, c'est qu'il va se développer d'autres gaz naturels, et on y travaille déjà : on s'apprête à injecter sous peu du biométhane, du gaz naturel vert renouvelable. Demain, on injectera du biométhane fait à partir de biomasse. Après-demain on injectera de l'hydrogène », prophétise-t-elle.

« Alors, bien malin qui est capable de dire, à partir de 2030, qu'est-ce ce qu'on va utiliser », laisse tomber Sophie Brochu.

« C'est certain par ailleurs qu'à partir du moment où on se dit qu'il faut réduire nos émissions de GES de 80 % dans 35 ans, bien il va falloir que les énergies conventionnelles telles qu'on les connaît aujourd'hui réduisent leur contribution au profit d'énergies nouvelles », concède Mme Brochu.

La présidente et chef de la direction de Gaz Métro refuse cependant de se prononcer sur le bien-fondé des projets d'exploitation d'hydrocarbures sur l'île d'Anticosti. Cette décision revient à la société, dit-elle. Elle note tout de même que Gaz Métro aurait « la responsabilité réglementaire » de commercialiser du gaz qui pourrait en être extrait.

Les doutes des manufacturiers et exportateurs du Québec

De son côté, l'association Manufacturiers et exportateurs du Québec salue la volonté du premier ministre Couillard de se diriger vers une économie plus verte, mais entretient de sérieuses réserves sur la manière dont il entend y parvenir.

L'organisme de lobbying du secteur industriel demeure fermement derrière les projets d'exploitation d'hydrocarbures sur l'île d'Anticosti et la construction du pipeline Énergie Est, de TransCanada, estimant qu'ils sont nécessaires au développement économique du Québec.

Ainsi, même s'il endosse la vision d'une sortie à moyen terme des hydrocarbures,Manufacturiers et exportateurs du Québec s'inquiète de l'absence de plan de transition d'une économie basée sur le pétrole à une économie plus verte.

Son président, Éric Tétrault, rappelle que les hydrocarbures sont une composante économique qui va bien au-delà de ces projets ou du transport, mais qu'ils sont au coeur des procédés manufacturiers, de la production des plastiques et ses dérivés, notamment.

De plus, il s'étonne du fait qu'aucune étude n'ait été déposée à Paris sur les coûts réels de la lutte contre les changements climatiques qui permettrait à la population et aux pouvoirs publics de faire des choix éclairés.

Manufacturiers et exportateurs demande donc la poursuite des projets actuels afin de maintenir la croissance économique du Québec et de se pencher rapidement et sérieusement sur un plan de transition vers des énergies plus vertes afin d'appuyer le discours sur une stratégie concrète.

Avec les informations de La Presse canadienne

Économie