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Gérard-Louis Robert, un homme de coeur

Gérard-Louis Robert

À 19 ans, le Franco-Québécois Gérard-Louis Robert rêvait de devenir cycliste professionnel, mais la maladie en décida autrement.

Un texte de Robert FrosiCourriel

Toutefois, le destin va changer pour ce sportif hors du commun. Ce qu'il n'a pas pu faire à 20 ans, il l'a fait à 50 ans en cumulant les médailles d'or et les records du monde sur piste comme sur route.

C'est à l'âge de 6 ans que la passion pour le vélo naît chez Gérard-Louis Robert. Son père l'amène alors au célèbre Vel' d'hiv' (Vélodrome d'Hiver) à Paris et c'est en regardant les batailles acharnées sur la piste que le rêve commence.

« À l'époque, on fumait allègrement dans les enceintes sportives et on avait même du mal à distinguer les coureurs tellement il y avait un brouillard de fumée. Mais qu'importe, j'ai tout de suite su que j'étais fait pour le vélo », raconte-t-il.

À 19 ans, il est convoité par les meilleures équipes cyclistes françaises.

« Je gagnais pas mal de courses, sur piste comme sur route. Le problème, c'est que je pouvais arriver premier un dimanche en laissant tout le monde derrière moi et, le dimanche suivant, je terminais 20e. Une anomalie qui va même pousser mon père à me demander si je me dopais. Je lui ai juré que non!

« J'ai donc passé des tests à l'Institut national des sports et l'éminent cardiologue, le docteur Stefan, m'a dit cette phrase qui va se transformer en coup de massue : « Gérard-Louis Robert, je me dois de déchirer votre licence de cycliste, car si vous continuez à courir, vous allez mourir sur votre vélo ». Je souffrais d'arythmie cardiaque et le vélo s'était terminé pour moi! »

Le pauvre jeune homme de 19 ans décide alors de fuir la France pour un pays où le cyclisme, à l'époque, n'est pas trop développé, le Québec.

Si on lui interdit de monter sur un vélo, la passion, elle, est intacte.

Au Québec que le rêve devient réalité

Gérard-Louis Robert va immigrer pour essayer d'oublier le vélo. Durant 35 ans, il va penser à ce rendez-vous manqué. Puis, à 50 ans, son médecin va le mettre sur la piste de l'homme qui va lui sauver la vie.

« Il me dit qu'il y a un cardiologue à l'Institut de cardiologie de Montréal qui fait des prouesses dans le domaine de l'arythmie. Je prends rendez-vous et, trois semaines après, il m'opère. J'avais 49 ans. Un an plus tard, je devenais champion du monde des maîtres dans ma catégorie d'âge. »

Au mois d'octobre dernier, il est revenu avec six titres mondiaux et un record du monde des Championnats des maîtres qui avaient lieu à Manchester, en Angleterre.

À 65 ans il a cumulé 300 victoires et plus d'une centaine de titres et de records internationaux. Comment explique-t-il une telle vitalité?

« Ce que je n'ai pas pu faire à 20 ans, je l'ai fait à 50. Il faut garder intacts ses rêves et arrêter de s'écouter. Il faut y croire et foncer, le reste finit toujours par arriver ».

Gérard-Louis Robert sait maintenant que lorsqu'on croit en quelque chose, tout est possible.

Fort de ses victoires, il veut redonner maintenant et, surtout, remercier son sauveur, le docteur Mario Talajic de l'Institut de cardiologie de Montréal.

Le cardiologue n'en revient pas encore de cette force de la nature.

« Oui, je suis impressionné, affirme le Dr Talajic. Pour quelques heures d'opération, Gérard-Louis a pu réaliser son rêve et quand il m'a dit la première fois qu'il avait gagné un titre mondial, je me suis dit que mon travail était payant et surtout gratifiant! »

Gérard-Louis Robert veut continuer à courir jusqu'à 100 ans peut-être. Il veut aussi continuer à porter et à partager son message, celui de croire en ses rêves.

Quoi de plus normal pour un homme de coeur!

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