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Les quilles, retour sur une tradition à Rouyn-Noranda

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Eddie's Bowling, Rouyn-Noranda

Photo : BAnQ Rouyn-Noranda / Fonds J.H. Bolduc

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les quilles ont longtemps été un loisir extrêmement populaire en Abitibi-Témiscamingue. Rouyn-Noranda a déjà compté plusieurs salons de quilles en activité à la même époque. Le temps des Fêtes est aujourd'hui un moment privilégié par plusieurs pour aller lancer quelques boules sur les allées du Salon de quilles Méga. Gilles Falardeau, propriétaire, revient sur les belles années des salons de quilles à Rouyn-Noranda.

Un article de Félix B. DesfossésTwitterCourriel

Une histoire oubliée... ou presque

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Un badge du salon de quilles Plaza

Photo : BAnQ Rouyn-Noranda

Plaza, Olympia, Eddie's Bowling, J.O. Dubois, Bowlarium, Immaculée-Conception... autant de salons de quille qui ont connu les heures de gloire de ce sport dans les villes jumelles. Le village d'Arntfield aurait aussi eu sa propre allée de quilles!

Les données exactes sur l'existence de ces salons de quilles (années d'ouverture, de fermeture, propriétaires, déménagements, etc.) demeurent assez difficiles à retrouver. Plusieurs informations se sont perdues avec le temps. Si vous avez des précisions, souvenirs ou archives supplémentaires sur ces salons ou sur d'autres qui ont existé dans la région, envoyez-les à l'adresse abitibi@radio-canada.ca.

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Une carte de pointage du salon de quilles J.O. Dubois de Rouyn-Noranda

Photo : BAnQ Rouyn-Noranda

La tradition des « cinq pins » en Abitibi-Témiscamingue

Gilles Falardeau mentionne que les quilles sont jouées différemment en Abitibi-Témiscamingue qu'ailleurs au Québec, et ce, depuis très longtemps. En effet, le jeu à cinq quilles fait partie de la tradition dans la région. « Pourquoi les cinq pins? On dit les cinq pins au lieu de cinq quilles. Parce que c'est un jeu qui est très populaire en Ontario. Étant donné qu'on est sur les lignes de l'Ontario, des régions comme Timmins, Earlton, Haileybury... il y avait beaucoup de compétitions entre le Québec et l'Ontario au cinq pins », explique M. Falardeau.

« Au Québec, le cinq quilles est presque mort, continue-t-il. On voit beaucoup de ce qu'on appelle la duck pin, ou de la petite quille, comme on voit à la télé une fois de temps en temps, qui est le même principe que la grosse quille si on parle de pointage. Mais l'attrait du cinq quilles est inexistant à Montréal, Québec ou ailleurs. On le retrouve surtout en Abitibi et dans la région de Gatineau, étant donné que Gatineau aussi, avec Ottawa, est collée sur les lignes avec l'Ontario. »

Le Salon de quilles Méga compte encore plusieurs allées de cinq quilles pour faire plaisir à sa clientèle.

Placeur de quilles, un métier disparu

Gilles Falardeau a commencé à s'intéresser aux quilles à l'âge de 12 ans, au moment où il s'est décroché un emploi comme « planteur de quilles » au salon Immaculée-Conception. « Dans ce temps-là, tout était manuel, rappelle-t-il. Il n'y avait pas de machine qui plaçait les quilles toute seule! Les équipements, c'était vraiment... tu étais assis en arrière, les gens tiraient les boules, tu descendais, tu te dépêchais à placer les quilles, tu remontais. C'était une job qui était assez dangereuse parce qu'il y en a qui avaient un malin plaisir [à jouer] à qui tirait le plus fort! »

Mais à la fin de ses soirées de travail, M. Falardeau s'est découvert une passion. « Admettons que le salon de quilles était ouvert jusqu'à 10 h et que les ligues finissaient à 8 h 30, il n'y avait plus personne, alors on jouait gratuitement. [...] Dans ces années-là, j'étais mordu. Je pouvais jouer 30, 40, 50 games par semaine! C'était mon loisir. Je jouais aux quilles tout le temps », raconte celui qui partage aujourd'hui cette passion avec la clientèle du Salon de quilles Méga.

Les belles années du salon Immaculée-Conception

Il conserve d'excellents souvenirs du salon Immaculée-Conception. « C'était friendly, c'était tout petit. Il y avait huit allées de quilles là-dedans. [...] Je me rappelle, la dame qui s'occupait du casse-croûte, elle est décédée maintenant, c'était Mme Robin. C'est un ange, cette dame-là. Elle prenait soin de nous autres. Les joueurs étaient rough, ils tiraient dur. "Faites-attention à nos petits gars, on n'en a pas gros!" elle prenait le temps de le dire », se remémore Gilles Falardeau. Il se souvient aussi d'y avoir participé à de nombreuses compétitions.

Eddie's Bowling, un classique sombre et chaleureux

Mais le salon de quilles le plus ancien qu'il ait fréquenté est l'Eddie's Bowing, qui se situait rue Principale, à Rouyn-Noranda. « Je ne sais pas quel âge ça avait, mais c'était dans un sous-sol sur la rue Principale, tout près de Bélisle Sports. Je ne me rappelle pas qui avait ça dans le temps, mais ça a été un peu laissé à la dérive, ça n'a pas été modernisé. À la longue, ça a fermé. Mais c'était une place spéciale. On ne savait jamais à quoi s'attendre [en allant là]. C'était le petit salon de quilles sombre. Six allées de quilles. Chaleureux, parce que tout le monde était proche. Il y avait plusieurs tournois qu'on allait jouer là! » se souvient Gilles Falardeau. Selon des informations reçues de nos lecteurs, un certain Doris Armour aurait été propriétaire du Eddie's Bowling au cours des années 1960.

« Eddie's avait un attrait qui était complètement différent des autres à cause, pas vraiment d'où il était situé, mais de comment c'était fait. C'était sombre, c'était bas... mais il y a eu des scores! Il y a des gens qui ont fait des parties parfaites là! On en a vu! »

— Une citation de  Gilles Falardeau

Peu importe le salon, l'ambiance qui régnait dans les différents lieux de la région était la même, souligne M. Falardeau. « Tu rentrais, tu jouais aux quilles, une liqueur, un hot-dog et tu repartais, lance-t-il. Un peu comme dans les vieux principes de Montréal Pool Room. Une gang de chums qui allaient jouer au pool [avec] un hot-dog steamé. C'était à peu près de même les quilles! »

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Salle de billard et de quilles Plaza, à Rouyn-Noranda

Photo : BAnQ Rouyn-Noranda / Fonds J.H. Bolduc

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