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Les émissions de CO2 auraient baissé en 2015, une première, selon une étude

Les précisions de Catherine Mercier
Radio-Canada

La hausse fulgurante des émissions de CO2 provenant des énergies fossiles et des industries observée depuis l'an 2000 semble s'être stabilisée au cours des deux dernières années, selon une étude parue lundi sur le site de la revue scientifique Nature Climate Change.

Après s'être stabilisées en 2014, les émissions de gaz carbonique, le principal gaz à effet de serre, devraient baisser cette année pour la première fois durant une période de croissance économique mondiale.

Selon une moyenne des projections pour 2015, basées sur des données de juin à octobre, les émissions devraient baisser d'environ 0,6 %. Les divers scénarios oscillent entre une baisse de 1,6 % à une hausse de 0,5 %.

Pour consulter ce graphique depuis votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

Durant la même période, l'économie mondiale a pourtant connu une croissance de 3,4  % en 2014 et devrait atteindre 3,1 % cette année, relèvent les auteurs.

Les émissions ont déjà baissé dans le passé, mais c'était pendant des périodes de crise économique, en particulier en 2009, après la crise financière mondiale.

En 2014, les émissions ont atteint environ 35,9 gigatonnes (une gigatonne équivalant à 109 tonnes), comparativement à 35,7 l'année précédente.

Les auteurs expliquent essentiellement la baisse prévue en 2015 par la baisse de la consommation de charbon en Chine.

Selon la moyenne des projections, les émissions de la Chine en 2015 devraient baisser de 3,9 %, les scénarios oscillant entre des baisses de 1,1 % et de 4,6 %.

Ils invoquent également une croissance de la demande mondiale pour le pétrole et le gaz naturel située sous les moyennes ainsi que la croissance continue des énergies renouvelables.

Une tendance à long terme?

La sécheresse provoquée par El Niño a des impacts sur l'économie de Java dans l'est de l'Indonésie.La sécheresse provoquée par El Niño a des impacts sur l'économie de Java dans l'est de l'Indonésie. Photo : Antara Photo Agency / Reuters

Les chercheurs qualifient d'« encourageante » la tendance observée, mais mettent en garde contre un trop grand optimisme.

Ils soulignent que 14 des 15 années les plus chaudes jamais enregistrées dans les annales météorologiques se situent entre 2000 et 2015, cette dernière étant en voie de battre tous les records.

Le temps nous dira si cette interruption surprenante dans la croissance des émissions est transitoire ou s'il s'agit de la première étape vers la stabilisation des émissions.

Extrait de l'étude

« Dans l'un ou l'autre des cas, cette tendance est un changement, bien accueilli, de l'association historique des émissions de CO2 avec la croissance économique, et elle devrait être renforcée par des efforts de la conférence de Paris et par la suite », considèrent les 70 scientifiques ayant participé à l'étude.

Ils doutent toutefois que 2015 soit l'année qui verra s'amorcer un déclin à long terme.

« Même si les émissions devaient atteindre un pic bientôt, il faudrait encore des années avant que les émissions mondiales baissent de manière substantielle », soulignent les auteurs de la recherche, puisque le CO2 et d'autres gaz à effet de serre subsistent dans l'atmosphère pendant des dizaines d'années.

« Les besoins énergétiques des économies en croissance reposent toujours essentiellement sur le charbon, et les baisses d'émission dans plusieurs pays industrialisés sont toujours modestes, au mieux », fait en outre remarquer la chercheuse qui a dirigé l'étude, Corinne Le Quere, de l'University of East Anglia, en Grande-Bretagne.

Elle souligne d'ailleurs que la diminution des émissions de l'Inde sera vitale dans la baisse globale des émissions mondiales. Avec ses 1,3 milliard d'habitants, le pays émet à lui seul 2,4 gigatonnes par année, l'équivalent des émissions de la Chine en 1990. Quelque 300 millions d'Indiens n'ont toujours pas d'accès à l'électricité.

Matière à réflexion pour les participants de la conférence de Paris

Les participants à la conférence sur le climat de Paris sont nombreux à être rivés sur des écrans.Les participants à la conférence sur le climat de Paris sont nombreux à être rivés sur des écrans. Photo : Christian Hartmann / Reuters

L'étude est publiée en pleine négociation de la conférence sur le climat à Paris, dont l'objectif est de sceller l'accord qui limitera le réchauffement planétaire à 2 degrés Celsius par rapport à l'ère préindustrielle. La conférence doit s'achever vendredi après 12 jours de travaux.

Pourtant, les engagements de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre annoncés par les pays avant la conférence ralentiraient le réchauffement à environ 3 degrés.

Les émissions mondiales doivent rapidement baisser jusqu'à un niveau proche de zéro pour que le plafond des 2 degrés puisse être respecté, souligne cependant Mme Le Quere.

Or,« nous émettons toujours des quantités massives de CO2 tous les ans - les énergies fossiles et l'industrie en émettant à elles seules 36 milliards de tonnes », déplore-t-elle.

Les chercheurs soulignent la nécessité de s'orienter vers des sources d'énergie n'émettant pas ou peu de CO2, comme l'éolien, le solaire, l'hydraulique ou le nucléaire.

Avec les informations de Agence France-Presse

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