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La coalition dément avoir frappé un camp de l'armée syrienne

Une formation de F-18 américains  servant aux raids de la coalition contre les djihadistes  de l’EI en Irak et en Syrie
Une formation de F-18 américains servant aux raids de la coalition contre les djihadistes de l’EI en Irak et en Syrie Photo: Handout . / Reuters
Radio-Canada

Le régime de Bachar Al-Assad accuse la coalition internationale d'avoir frappé un camp de l'armée syrienne et tué des soldats. La coalition dément ces accusations en affirmant qu'elle a seulement visé le groupe armé État islamique (EI). 

Les médias officiels syriens ont déclaré lundi que la coalition aérienne, conduite par les Américains, avait commis un « acte d'agression » contre une base de l'armée régulière syrienne dans la région de Deir Ezzor, dans l'est du pays.

Selon eux, quatre appareils ont bombardé ce camp. Ils auraient tué trois soldats du régime et en auraient blessé 13 autres.

Carte de la Syrie Photo : Radio-Canada

La province de Deir Ezzor est contrôlée en majorité par l'EI, mais le régime de Bachar Al-Assad possède des troupes dans la capitale du même nom. 

« Les appareils de la coalition internationale ont tiré neuf missiles dimanche soir en direction du camp militaire », a annoncé le ministère syrien des Affaires étrangères, dans un communiqué repris par la télévision nationale.

Une source militaire syrienne a aussi confirmé que des frappes avaient eu lieu entre 20 h et 21 h dimanche et qu'elles avaient atteint un camp d'entraînement militaire. Des dépôts d'armes ont été bombardés et deux tanks ont été endommagés.

Damas a vivement réagi en accusant « la coalition menée par les États-Unis » de cette « agression flagrante » qui « viole de façon criante la Charte des Nations unies ».

Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre les mesures nécessaires pour éviter qu'un tel incident se répète.

Le ministère syrien des Affaires étrangères en s'adressant à l'ONU

Le ministère syrien des Affaires étrangères a laissé entendre que cette attaque « entrave les efforts visant à lutter contre le terrorisme et démontre une nouvelle fois que la coalition américaine n'est pas crédible dans la lutte contre le terrorisme qui n'a plus de frontières et qui représente une véritable menace contre la paix et la stabilité régionale et internationale ».

Ce n'est pas la première fois que le régime de Bachar Al-Assad critique les frappes de la coalition, qu'ils qualifient de « préjudiciables » et « illégales », car elles ne se font pas de concert avec les assauts du régime. 

Par contre, Damas a fait l'éloge des frappes menées par la Russie, aussi membre de la coalition internationale, le 30 septembre dernier. Ces attaques ont été qualifiées de « légales », car elles avaient été demandées par le régime.

Une ONG confirme les attaques 

L'observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a déclaré lundi que des bombardements aériens avaient touché un camp militaire du régime. L'OSDH rapporte également que les frappes ont fait quatre morts et 13 blessés. 

« Les forces du régime n'avaient jusque-là jamais été visées par des bombardements de la coalition internationale, qui frappent à Deir Ezzor les bases des djihadistes et leurs camions-citernes transportant du pétrole », a expliqué le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Toujours selon l'ONG, il s'agit de la première fois que des frappes de la coalition internationale visent des forces du régime de Bachar Al-Assad. 

La coalition internationale mène des raids aériens contre l'EI depuis septembre 2014.

Les États-Unis nient les accusations de Damas

Les États-Unis nient avoir touché un camp militaire du régime. « Nous sommes au courant de ces informations parues dans la presse, mais nous n'avons mené aucune frappe dans cette partie de Deir Ezzor », a déclaré à l'AFP un porte-parole américain de la coalition, le colonel Steve Warren.

M. Warren a expliqué que les raids avaient eu lieu à « à 55 km de la zone où les Syriens font état de l'attaque ». Il a aussi ajouté que les frappes visaient « des puits pétroliers » dans une zone où « il n'y avait pas d'êtres humains ».

C'est la seule attaque que nous avons menée hier dans la zone de Deir Ezzor.

Le porte-parole américain de la coalition, le colonel Steve Warren

Du côté des États-Unis, l'envoyé spécial du président américain Barack Obama, Brett McGurk, a également nié ces accusations du régime de Bachar Al-Assad. 

Dimanche soir à Washington, Barack Obama a affirmé qu'il s'engageait à pourchasser les terroristes, peu importe où ils sont. Il a qualifié les membres de l'EI de « voyous » et de « tueurs ».

Il s'agit du premier incident de ce genre à être annoncé publiquement depuis que les États-Unis et les pays qui lui sont alliés ont entamé leur campagne de bombardements aériens contre les djihadistes du groupe armé État islamique.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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