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Des emplois pour les 25 000 réfugiés

Une famille de réfugiés syriens en entrevue pour obtenir l'autorisation de venir au Canada

Une famille de réfugiés syriens en entrevue pour obtenir l'autorisation de venir au Canada

Photo : Pool (Reuters)

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dès la semaine prochaine, des milliers de réfugiés syriens arriveront au pays. Et vous avez été nombreux à leur offrir des vêtements ou des dons en argent. Mais des intervenants se demandent maintenant qui leur offrira un emploi. Un dossier délicat.

Un texte de Louis-Philippe OuimetTwitterCourriel

L'intégration des réfugiés passe souvent par le marché du travail.

Nous avons rencontré Christine et Eiad, deux Syriens arrivés au pays il y a un an et demi. Si Eiad n'a pas d'emploi, Christine en a trouvé un à temps partiel dans une pâtisserie. Elle aurait aimé perfectionner son français en travaillant dans un commerce francophone. « J'ai cherché l'emploi avec les francophones et elle (sic) n'accepte pas moi, parce que ma langue pas bien. » C'est finalement dans la communauté arabe de Montréal qu'on lui a offert un emploi.

Qui les embauchera?

Pour les 25 000 réfugiés syriens à venir, se trouver un emploi sera tout un défi. Car si on donne en abondance vêtements et argent, les offres d'emploi sont rares. « On n'a reçu aucune offre d'emploi d'entreprises qui pourraient s'impliquer à faciliter l'accès au marché du travail. Il y a là un travail à faire », explique Stephen Reichold de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI).

Si les municipalités sont prêtes à recevoir les réfugiés, est-ce que le marché du travail, lui, est prêt? Non, selon Sylvie Gravel, professeure au département d'organisation et ressources humaines à l'UQAM. « Notre marché du travail n'est pas aussi flexible qu'il le prétend. C'est un marché du travail où des immigrants récents vont peiner à trouver un emploi à la hauteur de leur compétence. Ça peut prendre quatre ans », dit-elle.

De nombreux réfugiés se sentent redevables à leur société d'accueil et, pour eux, le chômage est synonyme d'échec.

Dans certains pays, l'homme se valorise en très grande partie par l'emploi qu'il occupe. Pour plusieurs intervenants en immigration, il y a urgence d'agir. « On s'attend que le ministre [du Travail,] de l'Emploi et de la Solidarité sociale Sam Hamad, qui est responsable de l'intégration au marché du travail de tous les immigrants et des réfugiés, se prononce rapidement sur la question », affirme Stephen Reichold.

Pas de réaction de Québec

Il est difficile de savoir si Québec entend remédier à la situation. Le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale et la ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion ont refusé notre demande d'entrevue sur le sujet.

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