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La Chine suffoque alors que l'avenir climatique de la planète est débattu à Paris

Des Pékinois se protègent de la pollution en revêtant des masques.

Des Pékinois se protègent de la pollution en revêtant des masques.

Photo : Yvan Côté / Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alors que la conférence de Paris bat son plein, la Chine, le plus important pollueur de la planète, est depuis la fin de semaine en alerte orange en raison d'une pollution record dans le nord du pays. 

Un épais brouillard recouvre la capitale chinoise.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un épais brouillard recouvre la capitale chinoise.

Photo : Yvan Côté / Radio-Canada

La pollution est tellement extrême en ce moment que le nombre de particules toxiques dans l'air (PM 2,5) a frôlé les 600 dans Pékin, ce qui est 24 fois supérieur au maximum recommandé par l'Organisation mondiale de la santé. Plusieurs écoles ont décidé en conséquence de suspendre leurs activités extérieures.

La Chine suffoque sous un nuage de pollution.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La Chine suffoque sous un nuage de pollution.

Photo : Yvan Côté / Radio-Canada

Les services de protection de l'environnement de Pékin ont déclaré dimanche avoir demandé aux usines de limiter ou de suspendre leur production et les travaux de construction ont été arrêtés dans l'ensemble de la ville. 23 villes d'importance sont touchées par l'immense nuage de smog. Celui-ci couvre une superficie de 530 000 km2, soit l'équivalent du tiers du Québec.

Un Pékinois masqué lutte contre la pollution.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un Pékinois masqué lutte contre la pollution.

Photo : Yvan Côté / Radio-Canada

Malgré tous les efforts de la population, il est difficile pour les Chinois de se protéger lors d'une telle vague de pollution. L'odeur des milliers de tonnes de charbons brûlées par les centrales électriques et les usines est présente partout, y compris à l'intérieur des résidences et des lieux de travail.

La circulation demeure aussi dense malgré le smog qui recouvre la ville.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La circulation demeure aussi dense malgré le smog qui recouvre la ville.

Photo : Yvan Côté / Radio-Canada

La visibilité est nulle, même en plein jour, comme en témoigne cette photo, prise à 14 heures. C'est que le froid qui règne oblige les centrales au charbon de la province du Hebei à redoubler d'efforts, alors que l'absence de vent du Nord et l'humidité ambiante empêchent toute dispersion des polluants.

Malgré la tristesse de la scène, certains Chinois gardent leur humour intact. Un internaute a écrit sur Weibo, un site de réseau social chinois, que « la COP21 devrait se tenir à Pékin et personne ne devrait pouvoir s'en aller sans avoir signé l'accord ». La Chine a pris l'engagement d'atteindre un pic de ses émissions en 2030, ce qui suppose que le pire n'a pas encore été atteint.

Un nuage de pollution recouvre Pékin.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un nuage de pollution recouvre Pékin.

Photo : Yvan Côté / Radio-Canada

Signe encourageant, pour la première fois de l'histoire, le président chinois Xi Jinping se dit ouvert à un mécanisme contraignant de réduction de gaz à effet de serre pour son pays.

Mais, selon plusieurs experts, la véritable question est de savoir si l'on peut faire confiance à la Chine et aux données transmises par le régime communiste. De nouveaux chiffres montrent d'ailleurs que le gouvernement a sous-évalué sa consommation de charbon de 17 % au cours des dernières années. Un écart gigantesque de 600 millions de tonnes alors que Pékin dit vouloir être un joueur clé lors de la conférence de Paris.

Incidemment, la Chine a annoncé mercredi, à Paris, qu'elle modernisera, d'ici 2020, ses centrales au charbon, afin de diminuer leurs émissions polluantes de 60 %. Cette opération permettrait d'économiser quelque 100 millions de tonnes de charbon brut et d'éviter le rejet d'environ 180 millions de tonnes de CO2 chaque année, d'après un communiqué officiel cité par l'agence Chine nouvelle - (avec AFP)

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