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Montréal désinfectera ses eaux usées par ozone six mois par année

Montréal vue du port, le jour du déversement des eaux usées

Montréal vue du port, le jour du déversement des eaux usées

Photo : Charles Contant

Radio-Canada

Même si elle n'exclut pas de le faire à longueur d'année, la Ville de Montréal a toujours l'intention d'utiliser son usine d'ozonation seulement six mois par année après sa mise en service en 2018. Il s'agit d'une usine qui permettra de diminuer les risques pour la santé humaine et de protéger la faune et la flore du fleuve Saint-Laurent.

Un texte de François CormierTwitterCourriel et Maude MontembeaultTwitterCourriel

Actuellement, l'eau de Montréal est traitée à la station d'épuration Jean-R.-Marcotte. L'entrée en fonction de la nouvelle usine d'ozonation permettra de réduire la présence de coliformes fécaux, de produits pharmaceutiques et d'hormones et d'éliminer 99,9 % des virus. Il s'agit d'une avancée majeure pour améliorer la qualité des rejets d'eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent.

Quelques semaines après la saga entourant le déversement d'eaux usées pour des travaux dans un égout, la Ville de Montréal garde toutefois le cap sur la période pendant laquelle sera utilisée l'usine. « Ce qui est prévu au niveau de la réglementation, c'est un fonctionnement six mois par année », explique le directeur de l'épuration des eaux usées à la Ville de Montréal, Richard Fontaine. « Je soupçonne que, lorsqu'on verra l'efficacité de ce traitement-là, peut-être que cette période d'opération sera réajustée par voie réglementaire. »

L'opposition à l'Hôtel de Ville s'interroge sur ce choix

« Évidemment, ça fait une très grande différence sur la facture d'électricité de la Ville, mais la très grande majorité des poissons, ils sont là 12 mois par année », indique le porte-parole de Projet Montréal en matière d'eau et de développement durable, Sylvain Ouellet.

La Ville de Montréal privilégiera la période estivale pour l'ozonation de son eau usée. « Les usages aquatiques dans le fleuve se font beaucoup plus pendant la période d'été que pendant la période [hivernale] », explique Richard Fontaine.

Le cabinet du ministre de l'Environnement du Québec, David Heurtel, précise qu'il « n'y a rien dans la réglementation du ministère ou du gouvernement du Québec qui empêche la Ville de Montréal de désinfecter ses eaux 12 mois par année ».

Montréal n'est pas la seule responsable

À la suite de la diffusion d'un reportage de Radio-Canada sur la qualité de l'eau du fleuve Saint-Laurent, la Ville de Montréal précise qu'elle n'est pas la seule responsable de l'eau et des matières et produits qui peuvent s'y retrouver.

« L'apport de Montréal n'est qu'un apport parmi tant d'autres, indique Richard Fontaine. Lorsqu'on parle des eaux de ruissellement, des terres agricoles, des autres municipalités ou des industries [...] on ne peut pas tenir pour responsable seulement une municipalité, aussi grande soit-elle. » Il précise d'ailleurs qu'une partie des rejets provient des Grands Lacs.

Sylvain Ouellet, de Projet Montréal, réclame des mesures supplémentaires tant à la Ville de Montréal que dans les autres ordres de gouvernement. « En temps réel, on n'a toujours pas la possibilité de savoir à quel endroit il y a des surverses à Montréal. S'il y a des surverses dans le canal Lachine, on ne peut pas diffuser l'information aux citoyens. Au niveau fédéral, il n'y a toujours pas d'engagement clair pour accélérer le développement d'égouts pour les municipalités qui n'en ont pas », indique-t-il.

Environnement