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« Nous ne sacrifierons pas la croissance, nous lui donnerons un élan », lance Trudeau à Paris

Le premier ministre du Canada Justin Trudeau prend parole à la conférence de Paris sur le climat.

Le premier ministre du Canada Justin Trudeau prend parole à la conférence de Paris sur le climat.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

« Le Canada peut faire davantage pour s'attaquer au problème mondial que représentent les changements climatiques, et il agira en ce sens ». Voilà le message que le premier ministre canadien Justin Trudeau a lancé d'entrée de jeu, lundi, aux autres chefs d'État et de gouvernement réunis au parc des expositions du Bourget, en banlieue de Paris, pour la 21e conférence sur le climat.

« Nous le ferons parce que la science est incontestable et qu'elle nous dit que les changements qui ont commencé à toucher notre planète auront de profondes répercussions sur notre avenir. Nous le ferons également parce que c'est la bonne chose à faire pour notre environnement et notre économie, et en tant que membre de la communauté mondiale », a-t-il ajouté.

M. Trudeau a ensuite énuméré les cinq principes qui guideront l'action de son gouvernement en matière de lutte contre le réchauffement climatique :

  1. Agir en se fondant « sur les meilleurs avis et données scientifiques ».
  2. Appuyer et mettre en oeuvre des politiques contribuant « au développement d'une économie à faibles émissions, notamment en appliquant une tarification du carbone.
  3. Collaborer avec les provinces, les territoires et les leaders autochtones, « qui exercent un leadership en ce qui a trait aux changements climatiques ».
  4. Aider les pays en développement à relever les défis associés aux changements climatiques. Les plus vulnérables « ont peu contribué à ce problème, mais sont confrontés aux conséquences les plus importantes ».
  5. Considérer les changements climatiques comme une « occasion historique [...] de bâtir une économie durable, fondée sur des technologies propres, une infrastructure verte et des emplois écologiques ».

« Les peuples autochtones savent depuis des milliers d’années comment prendre soin de notre planète. Les autres, nous, nous avons beaucoup à apprendre. Et pas de temps à perdre. »

— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

M. Trudeau a assuré aux autres leaders présents que son gouvernement va élaborer un « cadre pancanadien » pour mettre en oeuvre l'accord de Paris, qui comprendra « des cibles nationales de réduction des émissions », et « un plan concret » pour les atteindre.

« Les meilleures données économiques et scientifiques serviront de base aux options stratégiques, lesquelles comprennent la tarification du carbone, l'appui aux initiatives d'efficacité énergétique, l'électricité et les technologies de transport propres, ainsi que les bâtiments et les infrastructures durables », a encore dit le premier ministre.

« Nos efforts seront principalement axés sur l'adaptation. »

Dans le respect des initiatives provinciales

Comme il l'a fait à quelques reprises depuis son élection, M. Trudeau a affirmé qu'il tiendrait compte des approches déjà préconisées par les provinces, qu'il s'agisse d'un système de plafonnement et d'échange, de l'interdiction de produire de l'électricité avec du charbon ou de projets innovants de capture et de stockage de carbone.

Il a aussi déclaré que le Canada fera une « large place à l'innovation », en aidant les entreprises des secteurs énergétique, forestier et agricole non seulement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, mais aussi à « créer des emplois de grande qualité et [à] contribuer à la croissance économique durable à long terme ».

« Le Canada assumera un nouveau rôle de leadership à l'échelle internationale », a lancé le premier ministre Trudeau, en soulignant la participation du pays à deux initiatives lancées formellement à l'occasion de la conférence de Paris.

Le Canada participera ainsi à la « Mission Innovation », qui réunit 20 pays et des investisseurs privés décidés à investir dans la recherche et développement dans le secteur des énergies propres, et à la Coalition pour le leadership en matière de tarification du carbone, qui vise à placer l'économie mondiale sur une trajectoire de décarbonation.

M. Trudeau a conclu son allocution en faisant le souhait que l'accord de Paris reflète « une nouvelle réalité ». Il y voit l'occasion pour les leaders présents de « surmonter les anciennes divergences pour conclure un accord ambitieux et significatif et tracer la voie la plus efficace pour l'avenir. »

Les délégués canadiens, a-t-il ajouté, concentreront leurs efforts « à trouver un terrain d'entente pour parvenir à un accord ambitieux comportant des engagements fermes, que toutes les parties pourront adopter et mettre en oeuvre ».

« Chers amis, le Canada est de retour. Nous sommes là pour vous aider. Pour construire un accord dont nos enfants et nos petits-enfants pourront être fiers. »

— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

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Trudeau s'entoure de ses homologues provinciaux

M. Trudeau avait évoqué quelques grandes lignes de son discours lors d'une conférence de presse donnée précédemment en compagnie de cinq de ses homologues provinciaux, soit Philippe Couillard (Québec), Kathleen Wynne (Ontario), Rachel Notley (Alberta), Christie Clark (Colombie-Britannique) et Brad Wall (Saskatchewan).

La présence de chefs de gouvernement provinciaux aux côtés de M. Trudeau tranche avec l'approche préconisée par son prédécesseur, Stephen Harper, qui faisait cavalier seul lors de telles rencontres. Le premier ministre a également souligné leur présence lors de son discours aux chefs d'État et de gouvernement.

« Nous avons un message très clair à offrir à nos amis de la communauté internationale : c'est que le Canada est ici pour être engagé de façon positive et constructive dans la lutte contre les changements climatiques », a lancé M. Trudeau lors de cette conférence de presse.

Faute d'avoir eu le temps d'adopter de nouveaux objectifs de réduction de gaz à effet de serre, M. Trudeau s'est présenté à la conférence de Paris avec ceux déterminés précédemment par le gouvernement Harper, soit une baisse de 30 % d'ici 2030 par rapport à 2005. Son gouvernement a toutefois laissé savoir qu'il s'agissait là d'une cible « plancher » à bonifier.

Si le chef néo-démocrate Thomas Mulcair salue l'ouverture des libéraux sur la question du climat, il n'en est pas moins impatient de les voir passer à l'action. « Le changement de ton est très apprécié de tous, y compris par moi-même. Mais en changeant de ton, il faut aussi changer de contenu », a-t-il signalé dans une entrevue en marge de la COP21.

Justin Trudeau a rencontré son homologue israélien en marge de la conférence. Benyamin Nétanyahou a profité de l'occasion pour l'inviter à faire une visite officielle en Israël. Le premier ministre canadien a accepté.

Couillard s'attend à des négociations difficiles avec Ottawa

Le premier ministre Couillard a pour sa part souligné l'appui de M. Trudeau à la tarification du carbone. « Pour les provinces qui seraient peut-être encore réticentes, il y a eu un signal très fort qu'il faut aller dans la direction du prix du carbone » a-t-il dit, en rappelant que le Québec participe à une bourse du carbone avec des États américains, dont la Californie. L'Ontario s'y joindra bientôt.

Selon lui, les discussions entre Ottawa et les provinces qui suivront la conférence s'annoncent toutefois ardues. « Ce ne sera pas simple cette question. Il va d'abord falloir calculer où on en est par rapport aux cibles assez modestes que le parti conservateur avait envoyées ici à Paris, voir quelle est la contribution de chacun maintenant, et quelle est la contribution attendue de chacun au cours des prochaines années. [...] Ça va être un débat assez chaud », a-t-il déclaré.

M. Couillard dit douter que les cibles de tout un chacun soient connues d'ici trois mois. « Ce serait certainement souhaitable. Je ne crois pas que le travail sera totalement terminé pour les cibles. Il est possible qu'on doive recommencer beaucoup le travail. Moi, je n'ai jamais été consulté, ni mes collègues, sur l'établissement des cibles qui ont été envoyées ici à la COP 21 », a-t-il observé. « Au moins, on devrait s'entendre sur la marche à suivre, les méthodes. »

Il a aussi fait valoir que les cibles fédérales actuelles sont « faibles », puisqu'elles ne visent qu'une baisse de 14 % des émissions de GES si le point de comparaison est ramené à 1990 plutôt qu'à 2005, comme l'a fait le gouvernement Harper. « Mais nous sommes également favorisés. Soyons justes. On est favorisé par le fait qu'on est riche en eau, en hydro-électricité. Si c'est nous qui avions les richesses pétrolières dans notre nord, on n'aurait peut-être pas le même discours », a-t-il laissé tomber.

Brad Wall  a pour sa part confié être « un peu préoccupé » par l'intention de M. Trudeau de se doter de cibles plus ambitieuses. « Nous avons besoin de faire plus dans notre province [...], mais nous devons aussi être soucieux de l'économie », a soutenu le premier ministre de la Saskatchewan, la province la plus réticente à des mesures vigoureuses de réduction des GES.

Avec les informations de La Presse canadienne

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