•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des agriculteurs manifestent contre le projet de loi 6

Chargement de l’image

Des manifestants opposés au projet de loi 6 devant le palais législatif.

Photo : ICI RADIO-CANADA

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une centaine d'agriculteurs et d'éleveurs albertains ont manifesté devant le palais législatif à Edmonton pour dénoncer le projet de loi 6 qui vise à mieux protéger les travailleurs des fermes de la province en s'assurant que ces derniers sont couverts par la Loi sur la santé et la sécurité au travail.

Vendredi, les manifestants tenaient des panneaux à la main qui disaient « Arrêtons le projet de loi 6 » et « Sauvons les enfants de fermiers ». De nombreux agriculteurs craignent que l'entrée en vigueur de cette loi interdise aux enfants des fermiers d'aider à la ferme ou de faire de corvée près de la maison.

Jolene Wilkie et sa famille possèdent une ferme de 1 011 hectares à Bashaw, au nord-ouest de Red Deer.

« Nous sommes mécontents que le gouvernement nous impose ces changements. Nous aimerions être consultés davantage avant que cette loi entre en vigueur. »

— Une citation de  Jolene Wilkie, fermière

Deux ministres du gouvernement sont allés à la rencontre de la foule pour parler aux manifestants. La ministre des Affaires municipales, Danielle Larivee a notamment discuté avec Michael Bye, un fermier de Wetaskiwin qui dit comprendre le besoin pour de meilleures règles de sécurité, mais qui ajoute que « plusieurs choses ne fonctionnent absolument pas pour une petite ferme familiale ».

La ministre de l'Emploi, des Compétences, de la Formation et du Travail Lori Sigurdson a expliqué que l'intention du projet de loi 6 était surtout d'assurer que tous les accidents sérieux et les morts qui surviennent dans les fermes font l'objet d'un signalement et d'une enquête pour éviter qu'ils se reproduisent.

L'Alberta est la seule province au pays à exempter le secteur de l'agriculture et de l'élevage de sa Loi sur la santé et la sécurité au travail. Avec les nouvelles règles, les fermiers devront obligatoirement indemniser tous leurs travailleurs en cas d'accident du travail, y compris les voisins et enfants qui les aident bénévolement.

Les employés pourront également bénéficier de congés payés, de pauses et du salaire minimum en vertu de la Loi sur les normes du travail et ils auront le droit de se syndiquer et de négocier leur salaire. Les travailleurs pourraient aussi refuser de travailler sans subir de répercussions s'ils jugent l'environnement non sécuritaire.

Les nouvelles règles doivent s'appliquer à tous les travailleurs agricoles, incluant les membres de la famille des propriétaires d'exploitation. La fermière Kate Dewindt qui a deux jeunes garçons a peur de devoir mettre la clé sous la porte de sa ferme familiale de citrouilles si ceux-ci ne peuvent plus participer aux travaux.

« Ils plantent des citrouilles chaque année et ils les vendent. Pourquoi ne pourrions-nous plus faire cela? Pourquoi faut-il que cela devienne un commerce? »

— Une citation de  Kate Dewindt, fermière

Le projet de loi devait être adopté d'ici la fin de l'année, mais le gouvernement fait face à des demandes de plus en plus nombreuses pour étendre les consultations auprès des agriculteurs et éleveurs ou pour abandonner entièrement le projet de loi.

Clint Lewing, un éleveur dans le comté de Leduc, soutient que la province ignore les inquiétudes des fermiers. « Ils doivent peser sur les freins et venir nous consulter », lance-t-il. « Même si vous avez un plan bien établi qui dit que c'est comme ça que vous allez rendre les fermes de la province plus sécuritaires, vous devez impliquer l'industrie ».

Plus de 14 000 personnes ont signé une pétition contre le projet de loi et d'autres manifestations sont prévues à Edmonton, Calgary, Red Deer et Lethbridge dans les prochains jours.

La ministre Lori Sigurdson avait dit jeudi que la province pourrait étendre les périodes de consultations pour ce projet de loi.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !