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La Saskatchewan à la traîne dans la lutte contre les changements climatiques

La Saskatchewan est toujours à la traîne dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre

La Saskatchewan est toujours à la traîne dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La participation de Brad Wall à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Paris ne peut à elle seule faire oublier la réputation de médiocrité dont jouit sa province en matière de lutte contre les changements climatiques, selon plusieurs experts. La Saskatchewan fait désormais cavalier seul dans le domaine.

La province se classe bonne dernière en ce qui a trait aux investissements dans les énergies vertes dans l'Ouest canadien. Elle ferme même la marche derrière l'Alberta, longtemps reconnue comme l'une des pires en matière d'environnement, selon l'organisme Clean Energy Canada.

La Saskatchewan avait voté une loi en 2010 pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, mais celle-ci n'est jamais entrée en vigueur. Le gouvernement justifie sa décision par l'incertitude des mesures qui allaient être prises par le fédéral pour réglementer les émissions.

Une province à part

« La Saskatchewan se démarque, mais pas pour les meilleures raisons. Elle fait cavalier seul dans ce domaine parce que les autres provinces, incluant l'Alberta, prennent une position différente sur les changements climatiques », explique le spécialiste des changements climatiques de l'Université de Regina David Sauchyn.

Plusieurs provinces se tournent désormais vers des pénalités sur les émissions de carbone pour tenter de diminuer leurs émissions, mais cela ne semble pas être une option pour la Saskatchewan pour l'instant, indique l'ingénieur Mark Birgland Pritchard.

Les trois autres provinces de l'Ouest ont déjà fixé un prix sur le carbone. La Colombie-Britannique et le Manitoba imposent respectivement une taxe de 30 $ et 10 $ la tonne de CO2, alors que l'Alberta réclame plutôt aux entreprises qui dépassent leur cible d'émissions 15 $ par tonne additionnelle de CO2. Cette pénalité passera à 30 $ la tonne en 2017.

Toutes les provinces de l'Ouest, à l'exception de la Saskatchewan, pénalisent les émissions de carboneAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Toutes les provinces de l'Ouest, à l'exception de la Saskatchewan, pénalisent les émissions de carbone

Photo : ICI Radio-Canada

Une technologie controversée

Dernièrement, le premier ministre Brad Wall a affirmé qu'il souhaitait miser sur la technologie de stockage et de captage de carbone, comme à l'usine Boundary Dam, plutôt que sur le prix du carbone. « On doit se concentrer sur la technologie [...] comment pouvons-nous nettoyer le charbon? »

La technologie mise de l'avant en Saskatchewan a suscité la controverse récemment, puisqu'elle n'a pas été aussi efficace qu'escomptée. Elle est même jugée très coûteuse et désuète par Steven Guilbeault, cofondateur et directeur principal d'Équiterre.

« Ce sont des projets qui sont excessivement coûteux et qui sont hyper subventionnés. On parle de centaines de millions pour quelques projets au Canada [...] C'est des millions qu'on n'a pas mis dans des technologies qui fonctionnent aujourd'hui. »

— Une citation de  Steven Guilbeault, directeur principal Équiterre

Cette technologie aurait été idéale dans les années 1990 pour amorcer une transition du charbon vers d'autres sources d'énergie, souligne l'ingénieur Mark Birgland Pritchard.

Il existe aujourd'hui des énergies renouvelables plus propres, moins chères et facilement implantables, ajoute-t-il. L'enfouissement du carbone est pertinent dans des pays en voie de développement qui sont encore fortement dépendants du charbon, comme la Chine, selon lui.

Steve Guilbeault soulève de son côté que tout en étant encore fortement dépendante du charbon, la Chine investit tout de même massivement dans les énergies renouvelables.

Vers une transition?

Dans les semaines précédant la conférence de Paris, le gouvernement saskatchewanais a fait part de son intention d'augmenter à 50 % la part de son électricité qui provient des énergies vertes d'ici 2030, notamment avec l'énergie éolienne.

Ce virage vert est logique, estime le spécialiste des changements climatiques de l'Université de Regina, David Sauchyn. « Nous avons plus de vent et de soleil qu'aucune autre province et pourtant, il y a peu d'énergie solaire et quelque peu d'énergie éolienne. Le potentiel est beaucoup plus important », selon lui.

Pour l'instant, 25 % de l'énergie en Saskatchewan provient d'énergies vertes.

Avec les informations de Félix Morrissette-Beaulieu.

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