•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Obligés de payer 40 000 $ pour une fosse septique

Photo : ICI Radio-Canada

Radio-Canada

Certains propriétaires doivent dépenser une fortune pour l'installation d'une fosse septique en raison des nouvelles normes du gouvernement québécois.

Un texte de Nancy DesjardinsCourriel à La facture

En 2007, la prolifération des algues bleu-vert dans de nombreux cours d'eau du Québec a fait la manchette. Depuis, le ministère de l'Environnement a modifié plusieurs règlements pour mieux protéger lacs et rivières.

Cependant, pour certains propriétaires de résidences qui ne sont pas branchées à un réseau d'égouts public, le respect des nouvelles normes entraîne des conséquences financières graves.

François Angers et Patricia Racicot habitent une résidence située dans un quartier de Saint-Jérôme où il n'y a pas de système d'égouts municipal. Plus d'un million de Québécois sont dans la même situation. En juin dernier, le couple apprend que son installation septique privée doit être changée.

François Angers et Patricia Racicot

François Angers et Patricia Racicot

Photo : ICI Radio-Canada

Afin de respecter le règlement sur l'évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées, un seul système septique peut être installé sur leur terrain : le DPEC. Cette récente technologie permet de retirer le phosphore des eaux usées. C'est ni plus ni moins qu'une mini-usine de traitement des eaux. Ce système leur coûtera près de 40 000 $. « Je ne connais personne qui a 30 000 $ ou 40 000 $ pour investir dans une fosse septique! », constate Patricia Racicot.

Ils n'ont pas le choix. Le ministère de l'Environnement et la municipalité les y obligent. Le problème, c'est qu'il y a qu'un seul fabricant, l'entreprise Premier Tech.

Est-ce que ça vaut ce prix-là? Je ne le sais pas, je ne connais pas ça et je ne peux pas aller voir un compétiteur pour voir s'il y a un autre prix.

François Angers

Le porte-parole du ministère de l'Environnement, Frédéric Fournier, affirme que les nouvelles normes n'ont pas pour but de favoriser une entreprise ni de créer un monopole.

On est contraints de faire avec cette technologie parce qu'il n'y en a pas d'autre. Ce n'est pas l'entreprise que l'on favorise, mais l'environnement et la santé publique.

Frédéric Fournier, du ministère de l'Environnement

Pour les municipalités qui doivent faire respecter le règlement, la tâche est très lourde. Le vice-président de la Fédération québécoise des municipalités, Jacques Demers, craint que certains propriétaires perdent leur maison parce qu'ils ne pourront pas payer leur installation septique.

Tout payer, tout de suite

Selon le technologue en urbanisme, André Pineault, les propriétaires de résidences isolées sont désavantagés par rapport aux citadins. Dans les villes, le coût des usines d'épuration d'eau est assumé en grande partie par le gouvernement.

Quand je ne suis pas raccordé à un système collectif, je dois payer tout de ma poche, et je paye tout, tout de suite. Pourquoi dans un cas, c'est payé à 90 %, et dans l'autre, c'est zéro? Elle est là, l'iniquité!

André Pineault

Les Racicot-Angers ont dû encaisser des REER et utiliser leur marge de crédit pour payer la facture de 40 000 $. « On est pris. C'est soit tu payes, ou tu fais faillite; tu n'as pas le choix », constate Patricia Racicot.

Le reportage de Nancy Desjardins et Christian Blais est diffusé le 1er décembre à La facture sur ICI Radio-Canada Télé.

Société