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La taxe albertaine sur le carbone ne financera que les programmes environnementaux

La première ministre de l'Alberta Rachel Notley.

La première ministre de l'Alberta Rachel Notley.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

La Presse canadienne

Le gouvernement néo-démocrate de l'Alberta surveillera étroitement la taxe sur le carbone, qui devrait rapporter des milliards de dollars à l'État, afin que l'argent n'aille qu'à des programmes environnementaux, a assuré mardi la première ministre Rachel Notley.

De tout l'argent récolté, aucune somme ne sera consacrée à d'autres dépenses, comme la réduction du déficit ou de la dette.

« Chaque cent amassé par la taxe sur le carbone sera immédiatement recyclé dans l'économie », a expliqué Mme Notley à des journalistes, mardi.

« Ce n'est pas une situation où nous utiliserons l'argent pour contrer le déficit, par exemple, pour maintenir des opérations en cours, ou quoi que ce soit du genre ».

L'argent sera utilisé pour aider la province à se bâtir une économie plus verte, créer des ristournes pour les salariés de classe moyenne et inférieure, et pour aider les petites entreprises. Il servira aussi à aider certaines industries, comme celle du charbon, qui seront plus durement touchées par la transition, et à financer le développement de ressources renouvelables.

« Nous allons continuer de surveiller les dépenses fiscales à mesure que nous avançons avec [ce plan], pour nous assurer que nous obtenons les résultats voulus », a fait savoir Mme Notley.

Cette taxe sur les émissions de gaz à effet de serre est l'un des piliers de la stratégie de lutte contre les changements climatiques de l'Alberta. Elle prévoit des limites d'émissions des sables bitumineux, la fermeture progressive des usines d'électricité au charbon et une transition vers des sources de combustible plus respectueuses pour l'environnement au cours des 15 prochaines années.

Le projet, qui débutera en 2017, touchera tant le prix de l'essence à la pompe que celui du chauffage à la maison et la facture d'électricité. La taxe pourrait rapporter jusqu'à trois milliards de dollars par année en 2018.

Des partis d'opposition réclament toutefois des règles strictes pour empêcher cette nouvelle taxe de devenir une petite caisse pour les projets et autres priorités du gouvernement.

Mme Notley a admis que cette taxe pourrait effectivement être utilisée pour d'autres priorités, mais seulement dans plusieurs années, une fois que le gouvernement sera convaincu que le programme a les effets escomptés pour rendre l'économie de l'Alberta plus verte.

La première ministre a été critiquée pour avoir créé cette taxe « sans incidence fiscale », car tous les revenus qui en découlent seront directement réinjectés dans l'économie.

Pourquoi n'a-t-elle pas reproduit le modèle de taxe sur le carbone de la Colombie-Britannique, où certains des coûts de la taxe sont compensés par des réductions sur d'autres prélèvements? « Cela ne mène pas au type de changement que nous tentons de générer ici », a-t-elle répondu.

Le modèle de l'Alberta encourage davantage le passage vers des technologies vertes et est une meilleure façon d'accompagner la réduction progressive de l'utilisation du charbon tout en maintenant l'électricité fiable, disponible et abordable.

La stratégie que se donne l'Alberta fera augmenter le prix de l'essence à la pompe de 4,7 cents le litre d'ici 2017, et de 7,1 cents d'ici 2018. Les factures d'électricité grimperont de 320 $ par année pour une famille moyenne en 2017, et de 470 $ en 2018.

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Énergies renouvelables