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Le vitis riparia : une vigne sauvage qui n'a pas peur de l'hiver

Le reportage d'Alexandre Duval
Radio-Canada

C'était jour de récolte, samedi, pour un vigneron de Saint-Wenceslas dans le Centre-du-Québec. Si Rémi Martel fait ses vendanges tardivement en novembre, ce n'est pas pour faire un vin de dessert, mais parce qu'il cultive le seul raisin qui pousse à l'état sauvage au Québec : le vitis riparia.

D'après un reportage d'Alexandre DuvalTwitterCourriel

« Les gens ne savent pas qu'on a une vigne qui pousse à l'état naturel ici, explique le copropriétaire d'Entreprises Riparia, Rémi Martel. Je vous dirais que même moi, avant de partir le vignoble, j'ignorais qu'on avait une vigne indigène. »

Rémi Martel a planté ses premières vignes en 2008 après avoir pris sa retraite. Il est le seul au Québec à cultiver le vitis riparia pour en produire du vin à l'échelle commerciale. Chaque année, ses 1100 vignes de vitis riparia lui permettent de produire 1500 bouteilles d'un vin rouge fait uniquement à partir de ce cépage. 

Le copropriétaire d'Entreprises Riparia, Rémi Martel, lors des vendanges du 21 novembreLe copropriétaire d'Entreprises Riparia, Rémi Martel, lors des vendanges du 21 novembre

Ses vignes résistent à moins 40 degrés Celsius et produisent des raisins bleus, à peine plus gros qu'un bleuet. Les vignes de Rémi Martel n'ont pas besoin de recouvrement, l'hiver.

Même lors des saisons froides les plus rigoureuses, le vigneron de Saint-Wenceslas n'a pas à composer avec les pertes que d'autres producteurs enregistrent. 

Concentrer les sucres

Cette capacité à subir le froid fait en sorte que les raisins de Rémi Martel peuvent être récoltés un 21 novembre, sans avoir à craindre le gel.

« En laissant [le raisin sur la vigne] jusqu'au mois de novembre, ça permet de concentrer les sucres en partie, et il va perdre une bonne partie de l'acidité », explique-t-il.

Comme c'est une vigne qui pousse de façon naturelle ici, qui est là depuis des milliers d'années, l'hiver n'est pas un problème. Les bourgeons ne gèleront pas l'hiver.

Rémi Martel, Entreprises Riparia

Avec une teneur plus élevée en sucre, les raisins de Rémi Martel sont plus propices à la fabrication du vin. 

Une vigne qui pousse près de l'eau

Riparia est le mot latin qui signifie « rivage ». Le vitis riparia est donc une vigne qui pousse le long des cours d'eau, pratiquement de la Gaspésie jusqu'aux Grands Lacs, selon le vigneron.

Jacques Cartier a d'ailleurs été le premier à en rapporter l'existence dans son journal de bord, en 1535. L'explorateur français avait aperçu des vignes sur les rivages de l'Île d'Orléans, à Québec. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il a surnommé l'endroit « Île de Bacchus », en référence au dieu du vin.

Les plants à partir desquels Rémi Martel a fait ses propres boutures proviennent cependant de la Mauricie et du Centre-du-Québec. 

Son vin rouge, dont la première cuvée date de 2010, a un goût unique. « C'est un vin fruité, un vin sec, mais fruité, précise ce pionnier. Des fois, j'ai l'impression que c'est de la cerise. »

Ce n'est pas un goût qui peut se comparer à un autre cépage. Il a son propre goût. C'est ce qui fait en partie son charme.

Rémi Martel, Entreprises Riapria

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