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Vivre en français dans les Territoires du Nord-Ouest : le défi de l'éducation

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Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les résidents des Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) éliront lundi leur prochain gouvernement territorial. Pour la communauté francophone de cette région, évaluée à plus de 1000 personnes, l'éducation en français figure parmi les enjeux les plus importants. Coup d'œil sur une communauté qui « se tient debout et qui défend ses droits ».

Un texte de Geneviève NormandTwitterCourriel

Les T.N.-O. offrent l'instruction française dans deux écoles : l'École Allain St-Cyr, à Yellowknife, et l'École Boréale, à Hay River. Les deux établissements accueillent des élèves de la maternelle à la 12e année.

L'éducation française est une option pour les parents qui ont le droit d'inscrire leur enfant à l'école francophone. Cependant, les défis de la Commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest (CSFTNO) sont nombreux, les principaux étant les infrastructures inadéquates et la gestion des admissions, sur laquelle le gouvernement territorial a une mainmise.

Le drapeau franco-ténoisAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le drapeau franco-ténois

Photo : ICI Radio-Canada/Geneviève Normand

« À l'École Allain St-Cyr, il n'y a aucun gymnase, explique Yvonne Careen, directrice générale du CSFTNO. Il n'y a pas assez de salles de classe, donc on partage des locaux avec l'école anglophone avoisinante. On voyage par autobus pour avoir accès à un gymnase; les élèves manquent des minutes d'instruction à cause de ce voyagement. Des salles de spécialité, on n'en a pas non plus. »

Par conséquent, la Commission scolaire remarque que plusieurs élèves de Yellowknife, à l'adolescence, abandonnent Allain St-Cyr et se tournent vers l'école d'immersion française ou même l'école anglaise.

« On voit qu'il y a beaucoup de familles qui arrivent qui voient qu'on n'a pas les installations - les infrastructures complètes - et vont ailleurs », a déploré Mme Careen, qui réclame une rencontre avec le prochain ministre de l'Éducation aussitôt que ce dernier sera nommé.

On n'est pas [suffisamment] soutenus financièrement ni avec un assez bon vouloir de la part du gouvernement parce que si oui, l'École Allain St-Cyr compterait au moins 250 élèves et l'École Boréale serait remplie à craquer.

Yvonne Careen, directrice générale de la Commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest

Nombre d'élèves qui fréquentent les écoles francophones :

  • École Allain St-Cyr : 132 (capacité d'accueil de 250)
  • École Boréale : 82 (capacité d'accueil de 160)

Une bataille politique et juridique

Le combat des Franco-Ténois en matière d'éducation ne date pas d'hier. Depuis longtemps, les parents francophones tentent auprès du gouvernement territorial d'obtenir du financement pour améliorer les infrastructures scolaires et gérer eux-mêmes les demandes d'admission.

La requête de la CSFTNO et l'Association des parents ayants droit de Yellowknife s'est même retrouvée devant les tribunaux. En janvier 2015, la Cour d'appel des T.N.-O. leur a nié la pleine gestion des admissions et l'agrandissement de leurs écoles. Le dossier est monté jusqu'à la plus haute instance judiciaire du pays, la Cour suprême du Canada, qui a refusé le mois dernier d'entendre leur cause.

Des commissaires et la directrice générale ont réuni mercredi dernier les quatre candidats qui aspirent à devenir député territorial dans la circonscription Frame Lake, dans laquelle se trouve l'école Allain St-Cyr. Le maire de Yellowknife, Mark Heyck, était aussi de la rencontre.

Le but : s'assurer que les préoccupations du Conseil scolaire soit portés auprès auprès du prochain gouvernement.

Consultez notre dossier spécial sur les élections territoriales dans les Territoires du Nord-Ouest.

L'École Allain St-Cyr de YellowknifeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'École Allain St-Cyr de Yellowknife

Photo : ICI Radio-Canada/Geneviève Normand

La directrice n'entend pas baisser les bras

Yvonne Careen mène ce combat pour une l'éducation en français depuis plus d'une décennie. « Ça fait depuis 2003 que personnellement je travaille en tant que parent, dans ce temps-là à la direction de l'école de 2009 à 2014, et maintenant dans mon poste de direction générale de commission scolaire. Alors moi, je me dis qu'avant mon départ, ça va être réalisé . »

La directrice tourne maintenant ses espoirs vers Ottawa, où les promesses en infrastructures du chef libéral en campagne électorale ne sont pas tombées dans l'oreille d'une sourde.

« Je crois essentielle la collaboration de Justin Trudeau et de ses ministres, qui peuvent avoir un grand impact ici aux Territoires du Nord-Ouest », a-t-elle souligné.

La directrice générale et des commissaires de la CSFTNO rencontrent les candidats de la circonscription Frame Lake, mercredi à Yellowknife.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La directrice générale et des commissaires de la CSFTNO rencontrent les candidats de la circonscription Frame Lake, mercredi à Yellowknife.

Photo : ICI Radio-Canada/Geneviève Normand

Le français parmi tant d'autres langues dans les T.N.-O.

Les Territoires du Nord-Ouest comptent 11 langues officielles : le français, l'anglais et neuf langues autochtones, surtout parlées à l'extérieur de Yellowknife. Aux T.N.-O., environ la moitié de la population est autochtone.

Il n'est donc pas rare d'entendre une autre langue que l'anglais dans les lieux publics. « Il y a des gens qui viennent ici - je vois ça souvent dans mon milieu de travail -, ils sont ici par affaires. Ils marchent dans la rue puis ils entendent parler en français puis on les voit toujours un petit peu surpris », a raconté la présidente de la Fédération franco-ténoise, Linda Bussey.

Le français, dit-elle, est « bien établi » dans les Territoires. Toutefois, celle qui habite le Grand Nord depuis 27 ans estime que « la francophonie va toujours avoir à s'affirmer ». Elle estime qu'il y a une bonne « complicité » entre le français et les 10 autres langues des Territoires du Nord-Ouest.

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