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La corruption sape la reconstruction en Afghanistan

« Nous avons dépensé trop en trop peu de temps dans un pays trop petit avec trop peu de contrôles », soutient l'inspecteur général spécial des États-Unis pour la reconstruction de l'Afghanistan, John Sopko.
« Nous avons dépensé trop en trop peu de temps dans un pays trop petit avec trop peu de contrôles », soutient l'inspecteur général spécial des États-Unis pour la reconstruction de l'Afghanistan, John Sopko. Photo: Omar Sobhani/Reuters
Radio-Canada

La corruption, le manque d'organisation et le gaspillage empêchent la reconstruction de l'Afghanistan, selon John Sopko, inspecteur général du SIGAR, l'organisme américain chargé du dossier. 

L'Afghanistan a coûté « 1000 milliards de dollars aux contribuables américains [depuis 14 ans], en reconstruction et en dépenses de guerre », a déclaré mercredi M. Sopko, lors d'un discours à l'Université de Providence au Rhode Island. 

La corruption sape chacun des efforts que nous entreprenons.

John Sopko

« Pour que l'Afghanistan puisse un jour prospérer par lui-même et pour que les progrès que nous avons permis durent, il faut s'attaquer sérieusement à la corruption », a-t-il dit.

Gaspillage d'argent dans les initiatives américaines

M. Sopko a récemment révélé dans un rapport du SIGAR que la construction d'une station-service de gaz naturel en Afghanistan a coûté 43 millions de dollars. 

Il a ajouté d'autres exemples de mauvaise gestion, notamment un quartier général militaire américain construit à Camp Leatherneck dans la province de Helmand en 2010. Or, le général qui en assurait le commandement sur place avait déclaré qu'il n'était pas nécessaire.

La demande d'annulation du chantier a été rejetée par un autre général, qui a jugé qu'il n'était pas prudent d'annuler un projet dont le financement avait été voté par le Congrès.

John Sopko

Selon M. Sopko, l'Agence des États-Unis pour le développement international ignore le nombre d'écoles construites en Afghanistan et ne peut en mesurer l'impact en termes éducatifs. Il renchérit en expliquant que les États-Unis doivent être capables de déterminer quels sont les projets les plus efficaces et ceux que les Afghans « veulent vraiment ».

« Il n'y a pas de jeu plus cruel que de donner aux Afghans quelque chose qu'ils ne peuvent pas utiliser, que ce soit une école sans professeurs, ou un hôpital sans personnel ou sans médicaments », affirme-t-il.

  • 136 rapports, publiés par le SIGAR depuis 2012, rapportent que plus d'un milliard de dollars d'économies pourraient être faits dans l'aide américaine en Afghanistan. 
  • Environ 538 enquêtes ont donné lieu à 73 arrestations, 69 inculpations et 500 millions de dollars d'économies.
  • Plus de 2000 Américains sont morts en Afghanistan depuis le début des frappes, en 2001.
Avec les informations de Agence France-Presse

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