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Le français en Colombie-Britannique : une sonorité unique

Des enfants en classe dessinent en groupe

Enfants de 4e/5e année du programme d'immersion française à l'école Porter de Coquitlam

Photo : ICI Radio-Canada/ Saïda Ouchaou

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La langue française est parlée en Colombie-Britannique par plus de 300 000 personnes, mais moins du tiers de ce nombre a le français comme langue maternelle. Dans le cadre de la série #francocb, nous avons voulu savoir quelle est la langue française parlée en Colombie-Britannique.

Un texte de Saïda OuchaouTwitterCourriel

Dans une salle de classe de l'École Porter à Coquitlam, des jeunes de la 4e et de la 5e année suivent le programme d'immersion française. Ils doivent s'exprimer entièrement dans la langue de Molière, entre eux comme avec leur enseignante, Danielle Dahl.

Mme Dahl, originaire de la ville de Québec, enseigne depuis une trentaine d'années en Colombie-Britannique.

Les jeunes qui apprennent le français ici sont le reflet de ce qu'on retrouve ailleurs dans le monde ou au pays : des accents différents, dit-elle ajoutant que cela a peu d'importance.

Le français qu'on enseigne à ces enfants-là, c'est d'être capable d'aller où vous voulez dans un pays francophone ou une ville francophone et d'être capable de s'exprimer en français et d'être compris. Et aussi d'être capable de comprendre ce que l'autre personne francophone va leur dire.

Une citation de :Danielle Dahl, enseignante d'immersion française à Coquitlam

Cette année, ils sont 50 000 inscrits à un programme d'immersion française dans la province. Des jeunes viennent augmenter le nombre de locuteurs de langue française.

Sophie Bergeron est la coordonnatrice des langues, de la culture et de l'identité à la commission scolaire de Coquitlam. Elle explique que souvent les parents qui inscrivent leur enfant au programme d'immersion lui demandent si c'est le français de France ou du Québec qui est enseigné.

Et ma réponse c'est toujours : "on enseigne le français standard". Alors le français, c'est le français, la grammaire c'est la même qu'on aille d'un endroit à l'autre, bien qu'il y ait différentes saveurs ou couleurs.

Une citation de :Sophie Bergeron, coordonnatrice langue, culture et identité à la commission scolaire de Coquitlam

Mme Bergeron ajoute qu'en fonction de l'origine de l'enseignant, les jeunes sont exposés à diverses formes de français avec des expressions du Québec ou de la France par exemple.

Comme dans les écoles d'immersion, les ressources pour l'enseignement du français sont variées dans les écoles du Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique.

Les enseignants font leur choix tout en respectant le programme du ministère de l'Éducation.

Le CSF précise dans un communiqué écrit, ne pas avoir de politique précise pour l'enseignement du français, si ce n'est que les ressources doivent être en français.

Un son propre à la Colombie-Britannique

André Lamontagne enseigne la littérature québécoise à une classe à l'Université de la Colombie-BritanniqueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

André Lamontagne enseigne la littérature québécoise à une classe à l'Université de la Colombie-Britannique

Photo : ICI Radio-Canada/ Saïda Ouchaou

Pour André Lamontagne, professeur de littérature québécoise à l'Université de la Colombie-Britannique, il existe bien un français propre à la Colombie-Britannique.

Il l'a relevé au fil des années de vie dans la province. Il est lui-même père de deux garçons qui ont fréquenté des écoles du CSF à Vancouver.

La plupart des enfants que je connais y compris les miens et ceux que je connais de francophones, ils ont, parfois on dit un peu à la blague, ils ont l'accent Anne Hébert, ou l'accent du CSF, c'est-à-dire [que] c'est un français avec souvent des intonations anglaises.

Une citation de :André Lamontagne, professeur de littérature québécoise, Université de la Colombie-Britannique

Le professeur ajoute que leur vocabulaire comprend peu d'expressions du Québec ou de la France. Il précise : « il y a un genre de français international à la franco-colombienne qui est parlé, donc c'est un langage plus neutre et évidemment c'est un langage qui contient plus de mots anglais. »

Les étudiants de la Colombie-Britannique qui suivent les cours de M. Lamontagne ont des parcours très divers, souvent sans lien familial avec le français. Avyi Koulas a commencé à apprendre le français au secondaire. Elle dit avoir eu des enseignants du Québec et de la France. Pour sa part, Eleanor Hoskins a été en immersion française de la 1re à la 7e année. Si elle reconnaît avoir encore un peu de difficulté avec les expressions idiomatiques, la jeune femme dit maîtriser un français « assez large » empreint de la diversité à laquelle elle a été exposée lors de son apprentissage.


Une langue française enrichie par l'immigration francophone

Le professeur André Lamontagne est aussi vice-président de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique. Il souligne que la langue française parlée ici profite beaucoup de l'apport des immigrants de différentes régions du monde.

Sur le plan linguistique, je trouve ça très riche, car ces enfants qui arrivent d'Afrique, d'Europe, d'ailleurs vont souvent parler un très bon français.

Une citation de :André Lamontagne, professeur et vice-président de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique

M. Lamontagne rappelle que le taux d'assimilation des francophones en Colombie-Britannique est le plus élevé au Canada, dépassant les 80 %. Ça signifie qu'après une génération, les francophones perdent massivement l'usage de la langue française.

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