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25 ans de Tu m'aimes-tu : Richard Desjardins revient sur le lancement à Rouyn-Noranda

Richard Desjardins en première page du journal la Frontière de Rouyn-Noranda du 16 octobre 1990

Richard Desjardins en première page du journal la Frontière de Rouyn-Noranda du 16 octobre 1990

Photo : BAnQ Rouyn-Noranda / La Frontière

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

En octobre 1990, Richard Desjardins lançait au Cabaret de la dernière chance de Rouyn-Noranda son deuxième album solo, Tu m'aimes-tu. Bien que la carrière de l'auteur-compositeur-interprète avait déjà le vent dans les voiles, Tu m'aimes-tu a été la rencontre de Desjardins avec le grand public et avec le succès. Sans le savoir, le public de la région assistait en primeur au lancement de l'album qui est peut-être le plus important de l'histoire de l'Abitibi-Témiscamingue ainsi que l'une des œuvres majeures de la décennie 90 au Québec.

Un article de Félix B. DesfossésTwitterCourriel

Lancement abitibien

Richard Desjardins lors du lancement de Tu m'aimes-tu à Rouyn-NorandaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Richard Desjardins lors du lancement de Tu m'aimes-tu à Rouyn-Noranda

Photo : BAnQ Rouyn-Noranda / La Frontière

Rouyn-Noranda et l'Abitibi-Témiscamingue ont été le berceau de la carrière de Richard Desjardins. Avec son groupe Abbittibbi, alors qu'il habitait toujours dans la région, il a composé certaines de ses chansons les plus connues, dont Les Fros, Y va toujours y avoir et Un beau grand slow.

Au moment de faire paraître son premier album solo, Les derniers humains, en 1988, le public de la région était au toujours au rendez-vous. Ses amis et fans d'Abitibi-Témiscamingue, mais aussi d'ailleurs au Québec, l'ont aidé à financer la production de ce premier album.

Le chanteur explique que le financement s'est fait « avec l'aide des souscripteurs. Je vendais l'album 10 $ avant. Je prenais tous les noms, toutes les adresses. Pour l'album Les derniers humains, il y a eu 400 personnes. Moi je leur promettais que je leur amènerais leur copie à leur porte s'il le fallait. Je l'ai tout fait. Je me rappelle, avec mon vélo, j'ai déposé les dernières copies de l'album à Montréal. »

Richard Desjardins a aussi procédé par sociofinancement pour trouver les fonds qui allaient lui permettre de produire la suite, Tu m'aimes-tu.

Une fois l'album terminé, l'artiste est d'abord passé à Rouyn-Noranda, en primeur, le 9 octobre 1990, pour le lancer. Son lancement montréalais allait être effectué le lundi 15 octobre suivant au Café Campus, à Montréal.

Du lancement rouynorandien, M. Desjardins n'a que peu de souvenirs.

C'était un tourbillon total. Je me souviens du lancement à Montréal parce que la majorité des 400 personnes qui avaient acheté l'album à l'avance étaient pratiquement toutes là. [...] Et je me souviens de les avoir nommées toutes l'une après l'autre. J'ai fait un lancement à Rouyn, ma ville natale, avec grand grand plaisir et j'en ai fait un à Québec, je crois. Mais j'ai un souvenir très vague de tout ça.

Richard Desjardins

Desjardins et Ferré

Fait inusité, quelques jours avant le lancement de Tu m'aimes-tu à Rouyn-Noranda, soit le 2 octobre, un géant de l'histoire de la chanson française était venu donner un concert au Théâtre du cuivre. Léo Ferré était en effet venu chanter en Abitibi!

Saisissant l'occasion, Richard Desjardins a demandé à Jacques Matte, directeur du Théâtre du cuivre, de remettre une copie de son album Les derniers humains (Tu m'aimes-tu n'ayant pas encore été lancé) à Ferré. C'est finalement Mario Melançon de Rouyn-Noranda, chauffeur désigné pour aller cueillir Ferré à Montréal, qui a remis une copie du disque ainsi qu'une lettre de Desjardins, à Léo Ferré.

[Léo Ferré] est un gars que j'appréciais beaucoup. J'ai demandé même un rendez-vous à l'époque pour pouvoir lui parler, mais ça ne s'est pas fait.

Richard Desjardins
Première page du journal La Frontière suite au passage de Léo Ferré à Rouyn-NorandaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Première page du journal La Frontière suite au passage de Léo Ferré à Rouyn-Noranda

Photo : BAnQ Rouyn-Noranda / La Frontière

Un rendez-vous avec Ferré

Par contre, trois ans plus tard, M. Desjardins est arrivé à obtenir un rendez-vous avec Ferré. Et ce dernier avait écouté son album.

« J'avais une amie Suisse qui se trouvait à être mairesse d'une petite ville, Saint-Cergue, dans les montagnes. C'était une grande amie de Ferré. [...] On avait un rendez-vous bien précis, chez elle, à l'automne '93. Je lui avais envoyé Les derniers humains. [...] Il avait bien aimé ça, il avait bien apprécié ça. Alors il a dit : "Je veux voir ce mec!" On avait rendez-vous, puis il est mort à l'été, le 14 juillet '93 », se souvient l'Abitibien.

Ce fut donc un autre rendez-vous manqué pour Desjardins et Ferré, un de ses idoles, dit-il. « Je le considère ce gars-là, toute littérature confondue, littérature musicale, toutes langues – je ne connais pas toutes les langues du monde, mais je suis capable de lire le portugais, l'italien, l'espagnol, l'anglais, le français – mais je n'en connaissais pas d'aussi puissant. Alors pour moi, je rencontrais mon idole, si on peut dire », se rappelle Richard Desjardins.

Comme Ferré, Desjardins est un poète passionné et socialement engagé. Les parallèles à faire entre les deux son nombreux. Mais Richard Desjardins cite aussi toute une variété d'influences littéraires, dont la poésie sud-américaine, le mouvement surréaliste de la littérature française « et aussi, mélangez tout ça à l'humour abitibien! », lance-t-il en riant.

L'album Tu m'aimes-tu? de Richard DesjardinsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'album Tu m'aimes-tu? de Richard Desjardins

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