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État d'alerte maximale en France

Le reportage d'Alexandra Szacka
Reuters

La France est en état d'alerte maximale après la série d'attaques meurtrières d'une ampleur sans précédent de vendredi, moins d'un an après les attentats de Charlie Hebdo qui avaient produit un premier électrochoc sécuritaire.

Au ministère de l'Intérieur, la cellule interministérielle de crise siège sans relâche depuis vendredi soir et alimente les conseils de défense qui se succèdent à l'Élysée.

« Les forces de sécurité intérieures et l'armée sont mobilisées au plus haut niveau de leur possibilité », a souligné François Hollande au lendemain des attaques de Paris qui ont fait au moins 129 morts et près d'une centaine de blessés.

« J'ai veillé à ce que tous les dispositifs soient renforcés à l'échelle maximale », a ajouté le chef de l'État.

Des militaires patrouilleront en plein Paris.

François Hollande, président français

Dans la foulée des attentats de janvier, le plan Vigipirate avait été placé au niveau maximum en Île-de-France. Plus de 10 000 militaires avaient été mobilisés sur l'ensemble du territoire pour surveiller les édifices sensibles dans le cadre de l'opération Sentinelle.

Ce dispositif, qui est accolé au plan Vigipirate, a été par la suite pérennisé à hauteur de 7000 militaires déployés en permanence sur le territoire autour de quelque 5000 lieux sensibles, une expérience inédite pour l'armée de terre.

Cette nouvelle mission a mis sous pression une armée française déjà très sollicitée sur les théâtres extérieurs, notamment au Sahel et dans le Golfe.

Face à cette nouvelle donne, le gouvernement a décidé à deux reprises d'adapter la réduction des effectifs de la défense prévue dans le cadre de la loi de programmation militaire.

État d'urgence

Cette fois, François Hollande a annoncé la mobilisation de 1500 militaires supplémentaires en Île-de-France et a décrété l'état d'urgence pour l'ensemble du territoire, une première depuis 1961 et la guerre d'Algérie.

Cette mesure permet aux autorités de restreindre la circulation des personnes et des véhicules, d'instaurer un couvre-feu et d'interdire de séjour dans un département toute personne cherchant à entraver l'action des pouvoirs publics.

L'état d'urgence permet également aux préfets d'ordonner la fermeture provisoire de salles de spectacles et des débits de boisson ou d'interdire la tenue de manifestations.

Dans ce contexte, les manifestations sur la voie publique à Paris, dans les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne sont interdites jusqu'à jeudi prochain et le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a demandé à tous les préfets de faire de même en province.

Cinq compagnies de police nationale supplémentaires ont été engagées en région parisienne. Concernant la gendarmerie, un renfort de 230 hommes a été mis à la disposition de la préfecture de police.

Moyens de renseignement insuffisants

Les ports tout comme les aéroports font l'objet de mesures de sécurité renforcées. Le rétablissement des contrôles aux frontières décidé en vue de la conférence internationale sur le climat (COP21) fin novembre à Paris est quant à lui en vigueur depuis vendredi.

De source diplomatique française, on assure qu'il n'est pas question de remettre en cause la tenue de la COP21 à laquelle doivent participer quelque 118 chefs d'État et de gouvernement.

« Le niveau de sécurité sera encore renforcé », affirme cette source haut placée.

À l'étranger, les ambassades, instituts et lycées français vont pour leur part bénéficier d'une protection renforcée.

Depuis les attentats de janvier, les services de renseignement français sont sur le qui-vive. Environ 1800 ressortissants français sont impliqués dans des filières djihadistes à ce jour, qu'ils soient en Irak ou en Syrie, en transit, rentrés, ou qu'ils aient des velléités de départ, selon le ministère de l'Intérieur.

Face au nombre de profils, la marge de manoeuvre des services de renseignements est limitée. Plusieurs auteurs de tentatives d'attaques ces derniers mois en France ont fait l'objet, à un moment ou à un autre, d'une fiche « S », pour Sûreté d'État, qui entraîne une surveillance discrète.

Entrée en vigueur en octobre, la loi sur le renseignement doit permettre, selon le gouvernement, de doper les capacités du renseignement, notamment dans la lutte contre le terrorisme.

Mais pour l'ancien juge antiterroriste Marc Trévidic, les moyens sont « largement sous-dimensionnés ».

L'augmentation des moyens est « ridicule » pour le judiciaire, a-t-il estimé sur BFM TV. S'il y plus de moyens pour le renseignement, cela permet la surveillance mais pas les arrestations, qui nécessitent des juges pour prouver que les suspects sont allés en Syrie, a-t-il souligné.

« Il faudrait largement le double de moyens », a-t-il ajouté. « C'est les moyens qu'on met qui permettent d'arrêter les gens ».

Attentats terroristes à Paris

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