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L'État islamique revendique un carnage à Beyrouth

Le reportage de Mathieu Dion
Reuters

Un double attentat-suicide revendiqué par le groupe armé État islamique (EI) a fait 37 morts et plus de 180 blessés jeudi dans un quartier de la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, selon un bilan fourni par le ministre libanais de l'Intérieur, Nouhad Machnouk.

Les explosions ont retenti presque simultanément devant un centre communautaire chiite et une boulangerie dans le quartier commercial et résidentiel de Bourj el-Barajneh, ont indiqué des sources sécuritaires.

Dans la soirée, les djihadistes de l'EI ont revendiqué sur Twitter ces deux attentats. Selon l'EI, la première explosion a été provoquée par un deux-roues piégé, puis un kamikaze s'est fait exploser au milieu de la foule qui se rassemblait.

Le Hezbollah chiite, engagé dans le conflit syrien aux côtés des forces du président Bachar Al-Assad, a promis après ces attaques de poursuivre la lutte contre les « terroristes ».

Les quartiers du sud de Beyrouth ont été visés par plusieurs attentats revendiqués par des mouvements extrémistes sunnites ces dernières années, notamment en juin 2014, mais ils étaient épargnés par de telles attaques depuis un an.

Un double attentat-suicide a fait au moins 37 morts et des dizaines de blessés jeudi dans un quartier de la banlieue sud de Beyrouth.Un double attentat-suicide a fait au moins 37 morts et des dizaines de blessés jeudi dans un quartier de la banlieue sud de Beyrouth. Photo : Reuters TV / Reuters

Des médecins d'un hôpital voisin, géré par le Hezbollah, se sont précipités sur les lieux des explosions pour venir en aide aux victimes.

Selon le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, un troisième kamikaze a été tué par une des deux explosions avant même qu'il puisse déclencher sa charge. Son corps a été retrouvé sur place.

Ces attentats à Bourj el-Barajneh ont été commis alors que les députés libanais se réunissaient pour la première fois depuis plus d'un an.

Le Hezbollah, dont l'engagement dans le conflit syrien est loin de faire l'unanimité au Liban, se targuait jusqu'à présent de pouvoir garantir la sécurité de ses partisans dans les régions qu'il contrôle.

L'accès aux quartiers chiites de la banlieue sud de Beyrouth est doublement contrôlé par des barrages de l'armée libanaise et ceux des miliciens du « Parti de Dieu ».

Le premier ministre libanais, Tammam Salam, a condamné des attentats « injustifiables » et a lancé un appel à l'union de tous les Libanais contre ceux qui cherchent à diviser le pays.

À Paris, le ministère des Affaires étrangères a assuré que la France se tenait « aux côtés des autorités et du peuple libanais dans leur combat contre le terrorisme ».

« Elle apporte son soutien au travail effectué par le gouvernement et les forces de sécurité libanaises et réitère son plein appui à la stabilité, à l'unité et à l'intégrité territoriale du Liban », a ajouté le Quai d'Orsay.

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