•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un autre grand coup du tandem Michel Marc Bouchard-Serge Denoncourt

Le reportage de Tanya Lapointe
Radio-Canada

Trois ans après le succès de la pièce Christine, la reine-garçon au Théâtre du Nouveau Monde à Montréal, l'auteur Michel Marc Bouchard et le metteur en scène Serge Denoncourt unissent de nouveau leur talent pour La divine illusion.

Un texte de Tanya LapointeTwitterCourriel

Dans sa version anglaise, cette  œuvre lumineuse qui porte en elle un sujet grave a été acclamée par la critique cet été au Festival Shaw en Ontario.

Inspirée de la visite réelle de Sarah Bernhardt à Québec en 1905, la pièce raconte le destin croisé de deux séminaristes qui doivent annoncer à la plus célèbre actrice de son temps que le clergé lui interdit de monter sur scène.

« Je cherchais dans notre histoire à nous un grand moment de théâtre. Lorsque Sarah Bernhardt est venue à Québec en 1905 et que, finalement, elle s'est opposée à l'interdit du cardinal Bégin, elle a amené le théâtre dans la société », explique Michel Marc Bouchard.

Le succès de La divine illusion repose sur l'immense talent de deux jeunes comédiens : Mikhaïl Ahooja incarne la pauvreté et la rébellion, et Simon Beaulé-Bulman, la richesse et l'idéalisme. Ensemble, ils dressent un portrait d'un début de siècle qui fait écho au nôtre.

« Ce qui est plaisant dans une pièce d'époque, c'est que l'on peut dire des choses sur notre [propre] époque sans que le public se sente attaqué », explique Simon Beaulé-Bulman.

« Il y a une poésie à cette langue-là qui, comme acteur, est super intéressante à travailler parce qu'il n'y a aucune phrase du genre : "Passe-moi le beurre" », ajoute Mikhaïl Ahooja.

La pièce « La divine illusion », écrite par Michel Marc Bouchard et mise en scène par Serge DenoncourtLa pièce « La divine illusion » Photo : Radio-Canada

Sarah Bernhardt porte quant à elle un regard critique sur la société. Un rôle écrit sur mesure pour Anne-Marie Cadieux. « Il y a chez Michel Marc ce sens du dialogue, où le rire et le drame se côtoient très intimement. »

D'abord présentée en anglais au Festival Shaw en Ontario, la version française se déploie maintenant autrement dans la mise en scène de Serge Denoncourt.

« Au Shaw, c'était la pièce d'un Québécois sur le Québec d'une certaine époque. Ici, c'est nous, on se reconnaît. Il y a même des répliques qu'il n'y avait pas en anglais, là où elle rit de l'accent québécois. »

La pièce aborde aussi des thèmes plus graves qui sont restés d'actualité, comme l'exploitation d'enfants dans les usines et l'oppression des peuples.

« J'espère que les gens qui viennent s'asseoir ici vont se faire raconter une histoire qui va les brasser, dit le comédien Éric Bruneau. En fait, si le public sort et qu'il se pose des questions sur la société, c'est que l'objectif est atteint. »

Avec le décor de Guillaume Lord, les costumes de François Barbeau et la musique en direct de Laurier Rajotte, on peut réellement parler d'une divine illusion.

Arts