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Réfugiés syriens : Ottawa doit voir plus grand, selon le rapporteur de l'ONU

Une réfugiée syrienne enlace son bébé qui pleure, après être arrivée sur l'île de Lesbos à bord d'un radeau.

Une réfugiée syrienne enlace son bébé qui pleure, après être arrivée sur l'île de Lesbos à bord d'un radeau.

Photo : Giorgos Moutafis / Reuters

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Canada devrait ouvrir ses portes à 25 000 réfugiés syriens annuellement sur une période de cinq ans, estime le rapporteur spécial des Nations unies pour les droits de l'homme et des migrants, François Crépeau.

Accueillir 125 000 réfugiés syriens sur cinq ans constituerait « un bel effort pour un petit pays de 36 millions d'habitants » en plus d'envoyer un « signal de solidarité », a soutenu en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne le professeur de droit à l'Université McGill.

Le Canada reçoit 280 000 résidents permanents et à peu près 200 000 travailleurs migrants temporaires annuellement, donc presque un demi-million de personnes. Vingt-cinq mille réfugiés, ça ne me paraît pas un très gros chiffre par rapport à ces chiffres-là.

Une citation de :François Crépeau

Échéancier irréaliste

S'il salue la promesse du gouvernement libéral d'accueillir 25 000 réfugiés syriens d'ici la fin de l'année, François Crépeau la juge irréaliste et croit que les libéraux devraient repousser de six mois l'échéancier.

« C'était peut-être utile en campagne électorale de proposer avant la fin de l'année, mais je pense que tout le monde est en train de se rendre compte qu'il y a peu de chances que ça se produise », a suggéré le rapporteur spécial des Nations unies.

« Prenons le temps de le faire bien la première fois et répétons ça année après année », a-t-il enchaîné à l'autre bout du fil.

François Crépeau, rapporteur spécial des Nations unies pour les droits de l'homme et des migrants.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

François Crépeau, rapporteur spécial des Nations unies pour les droits de l'homme et des migrants.

Photo : Radio-Canada

La cible que propose François Crépeau pour le Canada est largement supérieure à celle qu'ont annoncée certains pays européens, géographiquement plus près de la Syrie.

La Grande-Bretagne, par exemple, a promis d'accueillir d'ici 2020 quelque 20 000 Syriens qui fuient la guerre, tandis que la France se prépare à ouvrir ses portes à un total de 33 000 réfugiés au cours des deux prochaines années.

Ces nations « ne font pas leur effort » - et « par rapport à l'Allemagne et à la Suède, le Canada n'a à peu près rien fait jusqu'à présent. Si on annonce et qu'on réalise 25 000 par année pendant cinq ans, on envoie un signal de solidarité aux Européens », a exposé M. Crépeau.

La cible a le défaut d'être peu pragmatique, selon l'ex-ministre de l'Immigration Ron Atkey, qui était en poste lorsque le Canada a accueilli 60 000 réfugiés d'Indochine ayant fui le Vietnam à bord d'embarcations de fortune après que les communistes eurent pris le contrôle d'Hanoï.

Ce serait un engagement noble. Mais le travail des élus est de mesurer l'appui de la population en ce qui a trait aux mouvements de réfugiés.

Une citation de :Ron Atkey, ex-ministre de l'Immigration

« La magie du mouvement des Vietnamiens, c'était que tout s'est produit rapidement, et il y avait un appui de la population pendant une période de 18 mois », s'est souvenu M. Atkey.

« Mais on ne pouvait avoir aucune garantie que ce soutien se maintiendrait. Et selon ce que j'ai observé, il avait commencé à décliner un peu », a-t-il poursuivi à l'autre bout du fil.

La plateforme électorale du Parti libéral du Canada (PLC) ne contient aucune promesse d'accueil spécifique pour les réfugiés syriens à long terme.

Pour ce qui est du court terme, le ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, John McCallum, a répété mardi à sa sortie d'une rencontre du comité spécial chargé de ce dossier que l'objectif demeurait « ferme ».

Il a précisé que près de 10 000 réfugiés syriens étaient déjà « enregistrés » pour venir au Canada. Ces milliers de candidats syriens à l'immigration n'ont toutefois pas « nécessairement » été soumis à des contrôles de sécurité, a prévenu le ministre.

Présidé par la ministre de la Santé, Jane Philpott, le comité spécial en question doit soumettre ses recommandations au conseil des ministres jeudi.

Les membres du Cabinet doivent être disponibles pour répondre aux questions des médias à la sortie de leur rencontre, une nouveauté à Ottawa depuis l'élection des libéraux. Quant au premier ministre Justin Trudeau, il doit rencontrer la presse parlementaire en après-midi.

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