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Airbus russe : des écoutes accréditent la thèse d'une bombe

Dimanche, des enquêteurs internationaux sont sur les lieux de l'écrasement de l'avion russe survenu la veille en Égypte.

Photo : Getty Images / Khaled Desouki

Reuters
Mis à jour le 

Des écoutes menées par les services secrets américains et britanniques semblent accréditer la thèse d'un attentat à la bombe pour expliquer la destruction d'un Airbus russe il y a six jours au-dessus du Sinaï, a-t-on appris vendredi de sources proches de services de renseignement occidentaux.

La bombe était probablement dissimulée dans un bagage déposé dans la soute, a-t-on précisé de mêmes sources.

Les agents américains et britanniques ont intercepté des conversations entre des militants islamistes, ainsi que des informations provenant d'au moins un gouvernement impliqué dans l'enquête sur la catastrophe.

S'ils parlent de « possibilité crédible », ils soulignent toutefois ne pas détenir de preuve catégorique qu'il s'agisse d'un attentat à la bombe.

La Province du Sinaï, groupe djihadiste égyptien affilié au groupe armé État islamique (EI), a affirmé dès samedi avoir détruit l'appareil en représailles aux frappes aériennes russes en Syrie.

Analyse des boîtes noires

Selon la chaîne France 2, qui cite un enquêteur en Égypte, l'analyse des boîtes noires de l'Airbus russe dans le Sinaï a permis d'entendre distinctement le bruit d'une explosion qui ne serait pas accidentelle durant le vol.

Selon cet enquêteur, qui a eu accès aux premières conclusions de l'analyse, cette explosion ne serait pas consécutive à une panne du moteur, ce qui écarterait l'hypothèse de l'accident, ajoute la chaîne, d'après laquelle les autorités égyptiennes vont communiquer samedi.

La Russie suspend ses vols vers l'Égypte

Le président russe, Vladimir Poutine, a ordonné vendredi la suspension de tous les vols des compagnies aériennes russes vers l'Égypte jusqu'à ce que soit établie la cause de la destruction en vol de l'Airbus russe samedi dernier au-dessus du Sinaï.

Un Airbus A321 de la compagnie russe Metrojet à destination de Saint-Pétersbourg s'est abîmé en vol samedi dernier dans le Sinaï peu après son décollage de Charm el-Cheikh, avec 224 personnes à bord. Il n'y a eu aucun survivant.

Auparavant, le chef des services secrets russes, Alexandre Bortnikov, avait estimé que la Russie devrait suspendre tous les vols passagers vers l'Égypte jusqu'à ce que la cause de la destruction de l'Airbus A321 soit connue.

« Jusqu'à ce que nous connaissions la raison réelle de ce qui s'est passé, je considère opportun de cesser les vols russes vers l'Égypte », avait déclaré le chef du Service fédéral de sécurité (FSB). « Cela concerne avant tout les lignes touristiques. »

« Le chef de l'État est d'accord avec ces recommandations », a déclaré Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, selon l'agence de presse Interfax.

Le président russe a ordonné au gouvernement d'organiser le rapatriement des Russes qui se trouvent en Égypte, a ajouté le porte-parole.

Environ 45 000 Russes sont en vacances en Égypte, a indiqué Oleg Safonov, chef de l'agence publique de tourisme russe, Rostourism, selon l'agence Tass.

Des touristes quittent l'Égypte à partir de l'aéroport de Charm el-Cheikh.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des touristes quittent l'Égypte à partir de l'aéroport de Charm el-Cheikh.

Photo : Asmaa Waguih / Reuters

Rapatriement chaotique

Pendant ce temps, les opérations de rapatriement des 20 000 touristes britanniques bloqués à Charm el-Cheikh depuis la destruction de l'Airbus russe se heurtaient à de grandes difficultés vendredi.

La compagnie aérienne EasyJet a annoncé que les autorités égyptiennes lui avaient interdit de faire décoller huit de ses dix vols prévus dans la journée. Seuls deux de ses appareils ont obtenu le feu vert pour décoller de Charm el-Cheikh, les passagers n'étant autorisés qu'à emporter des bagages à main.

Les autres compagnies aériennes britanniques ont déclaré qu'elles poursuivaient leurs vols.

Se défendant de vouloir entraver le trafic, le ministère égyptien de l'Aviation civile a affirmé que le nombre des vols était de fait limité par les capacités de l'aéroport de Charm el-Cheikh. « Pour ce qui est des vols britanniques de Charm el-Cheikh, la situation reste fluctuante. On nous a dit que les autorités égyptiennes n'en autoriseraient qu'un nombre limité », a déclaré EasyJet dans un communiqué.

Le porte-parole du premier ministre David Cameron a reconnu que la situation était « difficile et fluctuante ».

Outre EasyJet, les compagnies britanniques Thomas Cook Airlines, Monarch, British Airways et Thomson assurent des liaisons entre la Grande-Bretagne et la station balnéaire de la pointe du Sinaï.

Monarch a fait savoir que ses cinq vols programmés dans la journée étaient confirmés. British Airways a également confirmé le seul vol qu'elle a prévu.

Présent à Charm el-Cheikh, l'ambassadeur du Royaume-Uni en Égypte, John Casson, a fait état de progrès dans le rapatriement des Britanniques malgré les « difficultés logistiques ».

Le Royaume-Uni avait suspendu mercredi ses vols au départ et à destination de Charm el-Cheikh à la suite de la destruction de l'Airbus russe qui a fait 224 morts.

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