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Aung San Suu Kyi prête à diriger le Myanmar

Aung San Suu Kyi

Aung San Suu Kyi

Photo : Jorge Silva/Reuters

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'opposante Aung San Suu Kyi a réaffirmé jeudi qu'elle dirigerait le gouvernement si son parti, la Ligue nationale de la démocratie (LND), remportait les élections législatives de dimanche au Myanmar.

Ce scrutin doit parachever la transition amorcée en 2011 par les ex-dirigeants militaires du Myanmar.

Une clause de la Constitution empêche la lauréate 1991 du prix Nobel de la paix de briguer la présidence du fait de la nationalité étrangère de ses enfants, qu'elle a eus avec le Britannique Michael Aris, mort depuis plus de quinze ans.

Mais l'opposante qui s'exprimait devant la presse à Rangoon, la principale ville du pays, a été très claire: « Je serai au-dessus du président ».

« C'est un message très simple. La Constitution ne dit mot d'une fonction qui serait au-dessus du président », a-t-elle ajouté.

Les élections générales de dimanche sont les premières depuis qu'un gouvernement « quasi civil » a succédé en 2011 à la junte militaire qui était au pouvoir depuis près d'un demi-siècle.

Aung San Suu Kyi a déploré de nombreuses irrégularités, fraudes et intimidations dans la campagne électorale et les procédures de vote anticipé. Jusque là, a-t-elle dit, ce scrutin a été « loin d'être totalement libre et équitable ».

Elle s'inquiète aussi du délai qui s'écoulera entre les élections et l'entrée en fonction du gouvernement issu des urnes, prévue en février de l'année prochaine.

Au premier jour de la campagne officielle, le 8 septembre, Suu Kyi avait appelé la communauté internationale à suivre de près le résultat du scrutin.

La Ligue nationale pour la démocratie devrait signer une solide performance dans les urnes.

La formation d'opposition avait largement dominé les élections de 1990, le dernier scrutin libre organisé au Myanmar, que la junte avait annulé. Suu Kyi était déjà en résidence surveillée. Au total, la « dame de Rangoon » a vécu quelque quinze années de privation de liberté.

La question des minorités

La première opposante du Myanmar a également évoqué jeudi les questions liées aux minorités, un sujet sur lequel elle fait l'objet de critiques. À l'étranger, on lui reproche notamment de ne pas s'engager suffisamment en faveur des Rohingyas, minorité musulmane victime de persécutions dans l'État majoritairement bouddhiste d'Arakan (ou Rakhine), à la frontière avec le Bangladesh.

Plus de 140 000 d'entre eux ont été déplacés vers des camps lors de violences en 2012. Des milliers d'entre eux ont pris la mer cette année en direction de pays voisins pour fuir les persécutions, déclenchant une crise des réfugiés dans la région.

Face à la presse, jeudi, interrogée sur le sort des Rohingyas, elle a déclaré qu'il ne fallait pas exagérer la situation dans l'Arakan et a souligné que le pays tout entier faisait l'expérience d'une « situation dramatique ».

En déplacement de campagne mi-octobre à Toungup, dans l'État d'Arakan, Aung San Suu Kyi a déclaré que tous les habitants du pays, « quelles que soient leur race et leur religion », devaient jouir de la sécurité. « Nous ne pourrons obtenir la paix dans notre pays que si ses habitants se sentent mentalement et physiquement en sécurité », avait-elle dit.

Mais elle ne s'était pas rendue à Sittwe et dans le nord de l'État, où vivent principalement les Rohingyas.

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