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Rachel Notley aura à l'oeil les liens entre universités et les entreprises

La première ministre, Rachel Notley, a dit qu'elle surveille de près la situation révélée par une enquête de la CBC qui montre que l'Université de Calgary s'est pliée dans certains cas aux volontés d'Enbridge pour maintenir de bonnes relations avec le constructeur de pipeline.

La première ministre, Rachel Notley, a dit qu'elle surveille de près la situation révélée par une enquête de la CBC qui montre que l'Université de Calgary s'est pliée dans certains cas aux volontés d'Enbridge pour maintenir de bonnes relations avec le constructeur de pipeline.

Photo : ICI RADIO-CANADA

Radio-Canada

La première ministre de l'Alberta Rachel Notley surveillera de près les relations entre les universités et les entreprises après qu'une enquête de la CBC eut révélé que dans certains cas l'Université de Calgary s'est pliée aux volontés d'Enbridge pour maintenir de bonnes relations avec le constructeur de pipeline.

« Nous surveillerons les faits, le rôle des membres du conseil d'administration et les décisions qu'ils prendront », a déclaré Rachel Notley lorsqu'elle a été interrogée sur la question mardi.

La première ministre a aussi indiqué que le gouvernement vérifiera si les lois provinciales sur les conflits d'intérêts s'appliquent aux agences gouvernementales, aux conseils d'administration et aux commissions albertaines.

Si la première ministre reste prudente, d'autres demandent une enquête publique sur les liens entre l'Université de Calgary et l'industrie pétrolière albertaine.

C'est notamment le cas de David Robinson, le directeur général de l'Association canadienne des professeures et professeurs d'université, qui dit qu'il devrait y avoir une enquête sur comment l'Université de Calgary a géré sa relation avec ses commanditaires et les critiques de certains membres de son personnel enseignant.

« Les universités ont l'obligation de défendre activement la liberté académique de leurs professeurs », a indiqué David Robinson dans un communiqué diffusé lundi. « Si les allégations sont vraies, l'administration de l'Université de Calgary devra répondre de ses actes ».

Financement problématique

L'ancien président de l'Université Mount Royal, David Marshall, a dit qu'au début des années 1990, le financement gouvernemental représentait environ 75 % de tous les revenus des universités, mais maintenant ce pourcentage a baissé à 40 ou 60 % selon l'institution ou la province.

Les gouvernements « arrivent à un point où ils sont des joueurs minoritaires, pourtant ils continuent de demander la majorité du contrôle », indique David Marshall, qui a aussi été président de l'Université Nipissing à North Bay en Ontario.

Au cours des cinq dernières années, dit David Marshall, toutes les universités au pays ont eu des discussions sur quels genres de relations corporatives sont les mieux pour leur institution. De nombreuses universités ont décidé de ne pas s'associer avec des entreprises pétrolières ou gazières et se sont même retirées de certains investissements dans ces secteurs en raison de pressions étudiantes.

David Marshall dit que lorsqu'il a été embauché, personne ne l'a jamais questionné sur ses compétences en campagnes de financement, mais que c'est maintenant une des premières questions posées à cause de l'importance des dons individuels ou corporatifs pour les universités et en raison de la forte compétition qui existe avec les hôpitaux, les organismes caritatifs et les groupes à but non lucratif pour ces dons.

L'ancien ministre conservateur de l'Éducation postsecondaire de l'Alberta, Thomas Lukaszuk, dit que les universités doivent atteindre un équilibre entre le financement provenant des entreprises sans devenir un outil de recherche pour l'industrie. Il ajoute que si les gens perçoivent que l'Université de Calgary est trop près de l'industrie pétrolière elle risque un jour de perdre le respect des pairs.

« Le problème pourrait être imminent, parce que si tous les édifices de l'Université graduellement finissent par porter les noms de grandes entreprises pétrolières et que les chaires de recherche portent aussi les noms de grandes entreprises pétrolières, les gens vont commencer à questionner si l'institution est réellement indépendante et si le cursus universitaire est vraiment déterminé par des motivations académiques », dit-il.

Au cours des dernières décennies, les universités et les collèges se sont mis à moins compter sur le financement gouvernemental et de plus en plus sur les dons ou le parrainage d'individus et de donateurs corporatifs.

La rectrice de l'Université de Calgary a rejeté la notion que l'université avait la réputation d'être trop près de l'industrie. « Qui sont ceux qui soutiennent financièrement l'Université de Calgary, à part le gouvernement? Ce sont nos élèves, les chefs de file de la communauté. L'industrie représente une petite part », a indiqué Elizabeth Cannon.

Elle ajoute qu'il n'y a pas besoin d'une enquête et que l'université n'a jamais reçu de plainte officielle de la part de membres du corps universitaire et que s'ils en avaient reçu, elle aurait enquêté.

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