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La démotion d'un commissionnaire unilingue anglophone au N.-B. fait sourciller le gouvernement

La commissaire aux langues officielles du Nouveau Brunswick, Katherine d'Entremont.

La commissaire aux langues officielles du Nouveau Brunswick, Katherine d'Entremont.

Photo : ICI Radio-Canada

Radio-Canada

Un ministre du cabinet libéral au Nouveau-Brunswick s'interroge sur l'enquête sur le bilinguisme d'un commissionnaire, lancée par la commissaire aux langues officielles de la province.

Katherine d'Entremont a amorcé personnellement l'enquête en mai, à la suite d'un incident impliquant un commissionnaire unilingue anglophone. Les commissionnaires sont chargés de la sécurité à l'entrée des édifices gouvernementaux provinciaux.

Sa décision dans ce dossier a entraîné le gouvernement à couper dans les heures de travail du commissionnaire.

Le ministre Donald Arsenault, porte-parole du gouvernement en matière de langues officielles a déclaré à la CBC « qu'il était un peu étrange que Katherine d'Entremont ait donné l'impression que la plainte venait d'une tierce personne. »

La commissaire d'Entremont a été critiquée pour ne pas avoir révélé qu'elle lançait elle-même l'enquête après avoir rencontré le commissionnaire.

Katherine d'Entremont a plutôt fait parvenir une lettre au gouvernement en mai, en parlant « d'une plainte faite à notre bureau » et qui incluait une note spécifiant que le ou la plaignante avait aussi été copiée dans cette lettre.

« Je ne veux pas parler au nom du commissionnaire. Je pense qu'elle [Katherine d'Entremont ] est capable de le faire elle-même. Mais il n'y a pas de doute que l'optique dans cette affaire est étrange », a admis Donald Arsenault.

La commissaire a refusé systématiquement toute demande d'entrevue sur cette affaire, depuis l'incident du 6 mai 2015. La loi permet cependant à la commissaire de lancer elle-même une enquête, et ce, même si aucune plainte n'a été formulée.

Le ministre Arsenault ne veut pas discuter des détails spécifiques qui ont convaincu Katherine d'Entremont à amorcer son enquête ni la raison pour laquelle les heures de travail du commissionnaire ont été réduites.

Wayne Grant, le commissionnaire de 64 ans, planifiait de prendre sa retraite en avril 2016. Cette journée-là, il remplaçait un collègue à l'entrée de la Place Chancery, un édifice qui abrite des ministères gouvernementaux et le bureau du premier ministre.

Le commissionnaire Wayne GrantAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le commissionnaire Wayne Grant

Photo : CBC

« Une femme s'est approchée du comptoir où je travaillais et m'a parlé en français, a raconté Wayne Grant. Je lui ai dit que je n'étais pas bilingue et elle m'a répondu que c'était dommage. Après cela, elle a poursuivi la discussion en anglais.

Wayne Grant souligne qu'il aurait fait appel à un collègue bilingue s'il avait su, mais il n'a pas cru bon de le faire quand la femme n'a pas insisté pour recevoir un service en français.

« C'est la procédure d'aviser la personne que vous n'êtes pas bilingue et que vous allez fournir un interprète francophone pour elle », a laissé entendre Wayne Grant.

Trois semaines plus tard, Katherine d'Entremont a envoyé une lettre au ministère des Transports et des Infrastructures, chargé de l'embauche des commissionnaires, pour demander quelle politique était en place pour les services bilingues. La lettre faisait référence à " un(e) plaignant(e) " qui n'avait pas reçu de service en français le 6 mai.

Peu de temps après, Wayne Grant a appris qu'il ne pourrait plus remplacer à la Place Chancery. Un mois plus tard, il a été démis de ses fonctions au bureau à l'entrée de l'édifice centenaire.

Son horaire de 7 jours de travail et 7 jours de congé a été réduit à quelques weekends et au stationnement de l'édifice centenaire tous les jeudis.

Je ne pense pas que quelqu'un devrait perdre son emploi quand ils ne peuvent répondre à des clients, surtout lorsque d'autres moyens peuvent être mis en place pour régler le problème.

Wayne Grant

Il compte prendre officiellement sa retraite à 65 ans, au printemps prochain et vivre de sa Pension de la Sécurité de vieillesse.

Les médias sociaux ont fait les choux gras de cette histoire et encore plus depuis que le parti de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick a publié un document alléguant que Katherine d'Entremont était la femme qui avait eu affaire avec le commissionnaire cette journée-là.

La commissaire a rappelé dans un communiqué de presse la semaine dernière que la loi sur les langues officielles de la province lui confère le droit de lancer sa propre enquête. 

Acadie

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