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Égypte : l'avion s'est disloqué en plein vol, dit Moscou

Les explications de Raymond St-Pierre

Alors que la Russie pleure les morts de l'écrasement de samedi, un responsable russe affirme que l'appareil qui s'est écrasé dans le Sinaï, en Égypte, s'est disloqué en plein vol.

Viktor Sorotchenko, membre du Comité d'enquête de la Fédération de Russie qui a inspecté le site de l'accident, affirme toutefois qu'il est encore trop tôt pour tirer des conclusions. « La dislocation a eu lieu dans les airs et les fragments se sont éparpillés sur une grande surface d'environ 20 kilomètres carrés », a-t-il déclaré à des agences de presse russes. « Tous les signes montrent que la destruction de la structure de l'appareil s'est produite en plein ciel et à très haute altitude », a-t-il précisé.

M. Sorotchenko fait partie d'une équipe d'enquêteurs qui, en compagnie du ministre russe des Transports, ont été dépêchés au Caire pour aider les autorités égyptiennes à déterminer la cause de l'écrasement d'un avion de ligne russe qui a fait 224 morts samedi matin. Une centaine de secouristes russes ont aussi pris la route avec leurs propres équipements.

La France a également proposé ses services. Deux enquêteurs du Bureau d'enquêtes et d'analyses, ainsi que six conseillers techniques d'Airbus sont attendus dans la journée sur les lieux de l'écrasement. 

L'Airbus A321-200 exploité par la compagnie aérienne russe Kogalymavia/Metrojet a décollé samedi de Charm el Cheikh, station balnéaire sur la mer Rouge située à la pointe sud du Sinaï, et se rendait à Saint-Pétersbourg, en Russie. Sa trace a disparu des écrans radars une vingtaine de minutes après le décollage.

Les décombres de l'Airbus A321 qui s'est écrasé dans le Sinaï, le 31 octobre 2015Les décombres de l'Airbus A321 qui s'est écrasé dans le Sinaï, le 31 octobre 2015 Photo : Stringer / Reuters

Examen des boîtes noires

En parallèle, des experts égyptiens ont commencé à examiner le contenu des deux boîtes noires retrouvées samedi. Selon les autorités, cette analyse pourrait prendre plusieurs jours. 

Le président égyptien, Abdel Fatah Al-Sissi, a prévenu de son côté que l'enquête pourrait prendre « des mois ».

Un avion transportant les corps de 162 des 224 victimes du l'écrasement a décollé dimanche soir du Caire pour la Russie, a indiqué une source aéroportuaire.

Des Russes viennent déposer des fleurs et se recueillir à l'aéroport Pulkovo de Saint-Pétersbourg, le 1er novembre, au lendemain de l'écrasement de l'avion de ligne russe en Égypte.Des Russes viennent déposer des fleurs et se recueillir à l'aéroport Pulkovo de Saint-Pétersbourg, le 1er novembre, au lendemain de l'écrasement de l'avion de ligne russe en Égypte. Photo : PC / AP/Dmitry Lovetsky

Jour de deuil en Russie

L'écrasement survenu samedi constitue la pire catastrophe aérienne jamais connue par la Russie, qui a décrété une journée de deuil national.

Au Caire, le drapeau de l'ambassade de Russie était en berne. 

Selon l'agence de presse Interfax, l'autorité russe des transports, Rostransnadzor, a demandé à la compagnie aérienne Kogalymavia/Metrojet de cesser ses vols sur Airbus A321 jusqu'à ce que les causes de l'écrasement soient établies. Mais une autre agence de presse, RIA, cite un représentant de Kogalymavia qui dit que la compagnie n'a pas reçu d'ordre de Rostransnadzor.

La société Kogalymavia a été fondée en 1993. Sa flotte est composée de deux A320 et de sept A321.

Quant à l'équipage, il avait subi des examens médicaux avant de s'envoler pour Charm el Cheikh et avait été déclaré apte à voler, selon le ministère public cité par l'agence Interfax à Moscou.

Une revendication, des dirigeants septiques

La Province du Sinaï, un groupe djihadiste affilié à l'État islamique (EI ou Daech), a déclaré dans un communiqué avoir abattu l'avion « en réponse aux frappes aériennes russes qui ont tué des centaines de musulmans en terre syrienne ».

Depuis un mois, la Russie procède à des frappes aériennes en Syrie contre divers groupes d'opposition qui combattent les forces du président Bachar Al-Assad, parmi lesquels figure l'EI.

Cette revendication a laissé sceptique le ministre russe des Transports Maxim Sokolov qui a déclaré à l'agence Interfax qu'elle ne pouvait être considérée comme « exacte ».

Lors d'une conférence de presse samedi, le premier ministre égyptien Cherif Ismaïl a déclaré qu'aucune activité « irrégulière » ne semblait a priori à l'origine de la catastrophe, mais que les causes de l'écrasement ne pourraient être déterminées avec certitude qu'une fois les boîtes noires examinées.

« Dans ce genre de cas, il faut laisser faire les spécialistes et ne pas évoquer les causes de la chute de l'avion car cela fait l'objet d'une vaste enquête techniquement compliquée », a de son côté déclaré le président Abdel Fatah Al-Sissi.

Entre-temps, par précaution, plusieurs compagnies aériennes, dont Air France, Lufthansa et Emirates, ont décidé de ne plus voler au-dessus de la péninsule du Sinaï.

Lieu approximatif de l'écrasement de l'avion russe dans le Sinaï égyptienLieu approximatif de l'écrasement de l'avion russe dans le Sinaï égyptien
Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et La Presse canadienne

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