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Pas plus de place aux génocides dans le nouveau cours d'histoire au secondaire

Heidi Berger et Aram Elagoz militent pour que les manuels d'histoire du secondaire au Québec incluent des chapitres sur les génocides contemporains.

Heidi Berger et Aram Elagoz militent pour que les manuels d'histoire du secondaire au Québec incluent des chapitres sur les génocides contemporains.

Photo : Bahador Zabihiyan

Radio-Canada

Selon toute vraisemblance, la refonte du programme d'histoire au secondaire donnera une place plus large à l'histoire des Autochtones, mais les élèves n'auront pas à en apprendre davantage sur les génocides de l'histoire contemporaine, comme le génocide arménien ou l'Holocauste.

Un article de Bahador ZabihiyanTwitterCourriel

Heidi Berger est la présidente de la Fondation pour l'étude obligatoire des génocides dans les écoles secondaires. Depuis plusieurs années, elle effectue des présentations dans les écoles du Québec, pour expliquer les génocides qui ont marqué l'histoire contemporaine.

« Je fais des présentations sur le génocide qui sont basées sur les témoignages de ma mère qui était survivante de l'Holocauste », explique-t-elle.

Au fil des ans, elle dit avoir remarqué que les élèves avaient parfois certaines lacunes.

Quand je suis rentrée dans les écoles secondaires, en dixième et onzième année, j'ai remarqué que les élèves, ils ne savaient même pas ce que le mot génocide veut dire.

Heidi Berger, présidente de la Fondation pour l'étude obligatoire des génocides dans les écoles secondaires

Elle souhaiterait que les nouveaux programmes d'histoire du secondaire, qui doivent entrer en vigueur progressivement à partir de 2016, incluent un chapitre obligatoire sur les génocides, comme l'Holocauste ou le génocide arménien.

Mais selon toute vraisemblance, ce ne sera pas le cas. Raymond Bédard, le président de la Société des professeurs d'histoire du Québec, a été consulté par le ministère de l'Éducation pour la rédaction des programmes.

« J'ai vu les programmes [...] Pour le secondaire [...], c'est déjà terminé. Ils travaillent à toutes fins pratiques sur le quatrième secondaire présentement », dit M. Bédard.

L'histoire des Autochtones, incluant les pensionnats, y sera abordée plus largement, dit-il. Mais pas la question des génocides contemporains.

Dans le nouveau programme, la question amérindienne, la question des Autochtones, c'est une préoccupation, on en traite à toutes les périodes.

Raymond Bédard, président de la Société des professeurs d'histoire du Québec

Heidi Berger est satisfaite que les nouveaux programmes donnent plus de place à l'histoire des Autochtones. Elle aimerait qu'à terme, le ministère fasse de même avec la question des génocides.

Avec sa fondation, elle a lancé une pétition en ce sens, qui est disponible sur le site de l'Assemblée nationale (Nouvelle fenêtre). Aram Elagoz, du Comité national arménien, soutient l'initiative de Mme Berger. Il estime que les élèves doivent en apprendre davantage sur l'histoire des génocides, car le Québec a servi de refuge à plusieurs peuples qui en ont été victimes.

Avec cette pétition, on va donner un aspect politique à cette question. À la longue, nous allons, je pense, pouvoir au moins introduire un des aspects des cours de génocide dans le curriculum du Québec.

Aram Elagoz, Comité national arménien

Présentement, les programmes d'histoire ne consacrent pas de chapitre spécifique à l'Holocauste, et encore moins au génocide arménien. « Le génocide arménien n'est pas réellement abordé. Pour l'Holocauste, c'est un peu par la bande, parce que le Canada a participé [...] à la Deuxième Guerre mondiale, mais sinon, ce n'est pas dans le programme officiellement », dit M. Bédard.

Ce professeur d'histoire, qui enseigne depuis 33 ans, estime que les aspects liés aux génocides pourraient être inclus dans un cours d'histoire spécifique en secondaire 5. « Je pense qu'éventuellement, on pourrait faire un cours obligatoire d'histoire [au secondaire 5], parce que présentement, ce n'est pas un cours d'histoire », dit-il.

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