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Ouranos ou quand la science aide les politiciens à s'adapter aux changements climatiques

Une mère ourse avec ses petits aux abords de la Baie d'Hudson, non loin de Churchill, au Manitoba

Une mère ourse avec ses petits aux abords de la Baie d'Hudson, non loin de Churchill, au Manitoba

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

S'adapter aux changements climatiques est une vaste entreprise à laquelle s'attellent le gouvernement du Québec, les municipalités, des industries comme celle du tourisme et des entreprises comme Hydro-Québec et Rio Tinto Alcan.

Ils ont dans cette tâche l'aide de ce que le ministre québécois de l'Environnement a qualifié vendredi de « partenaire-clé » : Ouranos, un organisme privé à but non lucratif créé en 2002 et qui englobe un réseau de 450 scientifiques et professionnels.

En conférence de presse vendredi, alors que David Heurtel venait d'annoncer l'octroi d'une aide financière de près de 5,2 millions de dollars à Ouranos, son directeur général, Alain Bourque, a décrit ainsi la mission de l'organisme : « Ouranos analyse les impacts des changements climatiques sur tout le territoire québécois : ça va du pergélisol qui fond dans le nord aux zones côtières, à la foresterie, à la santé publique, aux infrastructures, aux réseaux de drainage. L'objectif d'adaptation est assez vaste. Les enjeux économiques se chiffrent dans les milliards. Donc [recevoir] quelques millions pour la recherche pour tenter de développer des outils est toujours intéressant ».

Mise au point :

Une version précédente de cet article montrait la photo d'un ours blanc debout sur un morceau de banquise à la dérive. Or, il s'agissait d'un photomontage que nous avons utilisé par erreur. Nous l'avons remplacé par une photo authentique dès que la méprise a été portée à notre attention par un internaute. Nous sommes désolés des inconvénients.

Utiles sur le terrain

Les membres d'Ouranos étudient les changements climatiques afin de les comprendre, d'en mesurer les impacts et de déceler ce qu'Alain Bourque appelle « les vulnérabilités environnementales et socioéconomiques ». Le tout pour pouvoir, ultimement, aider et accompagner « toute une panoplie de personnes sur le terrain ».

Par exemple, l'expertise d'Ouranos sert aux ingénieurs, aux conseillers agricoles, aux propriétaires d'infrastructures et même aux gens qui tentent d'influencer les politiciens en cherchant « à moderniser la Loi sur la qualité de l'environnement », a mentionné avec un sourire malicieux M. Bourque au ministre Heurtel.

« Si on s'intéresse à ces transformations, c'est qu'elles génèrent des impacts sur l'environnement naturel, sur des écosystèmes, la flore, la faune, les ressources en eau, mais aussi sur les infrastructures, sur les activités économiques, que ce soit autant au niveau de l'exploitation des ressources naturelles que sur l'économie des services. »

— Une citation de  Alain Bourque, directeur général d'Ouranos

L'un des buts d'Ouranos consiste à changer nos façons de faire dans un contexte qu'Alain Bourque qualifie de « dérive ». « Il y a, dit-il, une dérive des statistiques climatiques qui se fait sentir autant au niveau des températures, des précipitations, de la fréquence et de l'intensité de certains types d'extrêmes, du niveau de la mer, du couvert de neige et je pourrais continuer comme ça avec une longue série de paramètres climatiques qui sont en transformation. »

Une rencontre incontournable à Paris

L'annonce de l'aide financière de Québec à Ouranos s'est faite un mois jour pour jour avant la Conférence de Paris (COP). Une rencontre décisive sur le climat et l'environnement durant laquelle les gouvernements du monde entier chercheront un accord permettant de limiter à deux degrés Celsius le réchauffement climatique d'ici la fin du siècle.

Or, la science peut s'avérer utile, voire indispensable, à ce genre de prise de décisions.

« Ce qui est formidable avec la Conférence de Paris, affirme Alain Bourque, c'est que c'est vraiment une interaction entre la science, qui fournit des guides et des orientations, et les décideurs, qui ensuite doivent intégrer ça et transformer ça en politiques de réduction des gaz à effet de serre (GES) ou en politiques pour aider les pays vulnérables qui doivent gérer les risques climatiques. »

« Le début de la fin de l'ère des hydrocarbures » - David Heurtel

David Heurtel rappelle que le Québec s'est fixé « une cible ambitieuse et crédible de réduction des émissions de GES pour 2030 de l'ordre de 37,5 % par rapport à 1990. Il rappelle du même souffle que les partenaires de la province dans le « marché du carbone » c'est-à-dire la Californie et l'Ontario, se sont respectivement fixé des cibles de 40 % et de 37 %.

« D'ici la fin du 21e siècle, nous aurons complètement délaissé le pétrole. Nous sommes au début de la fin de l'ère des hydrocarbures. Nous devons agir aujourd'hui afin de réduire nos émissions de GES et pour augmenter la résilience de la population québécoise face aux impacts des changements climatiques. »

— Une citation de  David Heurtel, ministre de l'Environnement du Québec

Le ministre Heurtel se félicite des initiatives prises par le Québec et par d'autres provinces canadiennes. « C'est ce qui démontre que, malgré le fait que le précédent gouvernement fédéral n'a pas su démontrer un leadership fort sur cette question des changements climatiques, les provinces canadiennes ont pris le leadership, ont pris la place », affirme David Heurtel.

« Le Canada est le neuvième émetteur de GES au monde. C'est le top 10 ça. Alors il faut quand même effectuer un véritable changement. »

— Une citation de  David Heurtel, ministre de l'Environnement du Québec

L'inévitable virage au vert

Du côté de la Fondation David Suzuki, le directeur pour le Québec, Karel Mayrand, estime que la transition vers les énergies vertes s'accélère au point de devenir inévitable. Il affirme que tant du côté des marchés financiers que de la technologie, « tout est en train de s'aligner pour qu'on effectue cette transition énergétique. Ce n'est plus une question de relations publiques ou de discours, c'est une question de dollars ».

« Maintenant, on a la certitude que la transition énergétique va se produire. La question c'est beaucoup plus à quelle vitesse on va y arriver. Et, est-ce que ce sera suffisant pour éviter le dérèglement du climat? L'important à Paris c'est d'arriver à un coup d'accélérateur pour que tout le monde fasse un pas en avant. »

— Une citation de  Karel Mayrand, directeur pour le Québec de la Fondation David Suzuki

Dès la semaine prochaine, des représentants de plusieurs États arriveront à Paris pour préparer cette conférence sur le climat.

Avec les informations de Michel Marsolais

Avec les informations de La Presse canadienne

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