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Référendum de 1995 : les gens d'ici se souviennent

Carte interactive des résultats du référendum de 1995
Carte interactive des résultats du référendum de 1995 Photo: ICI Radio-Canada
Radio-Canada

Le 30 octobre 1995 est une date marquante dans l'histoire du Québec. Ce jour-là, 93,52 % des électeurs québécois se sont prononcés dans le cadre du référendum sur l'indépendance du Québec. 50,58 % des Québécois ont dit non, mais en Mauricie et dans le Centre-du-Québec, le camp du oui l'a emporté dans les 8 circonscriptions. 

Un texte d'Amélie DesmaraisTwitterCourriel

Yves Duhaime qui était président et fondateur du Conseil de la souveraineté du Québec et président du comité du oui pour les 8 circonscriptions de la région se souvient d'une campagne très intense. « Nous avons travaillé d'arrache-pied pour sortir le vote et il a sorti », se rappelle-t-il.

Cette demi-victoire a aussi été, pour lui, une source de déception. « Mon sentiment, ce matin, il est mitigé, a-t-il confié à l'animateur de l'émission Chez nous le matin, Frédéric Laflamme. Je suis content que nous ayons gagné dans le Québec qui comprend la langue que je vous parle, mais [déçu] que, par ailleurs, nous n'ayons pas réussi à convaincre suffisamment de nos compatriotes qui ne sont pas de notre langue et de notre culture de nous rejoindre. »

Ce n'est que partie remise parce que le résultat était tellement serré dans des conditions difficiles. Il n'y a rien de réglé

Yves Duhaime, président et fondateur du Conseil de la souveraineté du Québec et président du comité du oui pour les 8 circonscriptions de la région

Le député péquiste de Champlian à l'époque, Yves Beaumier, se souvient d'une campagne intense et d'une période d'effervescence.  « Intense et qui a été positive dans le sens de nos convictions, précise-t-il. C'est une période de grande démocratie même s'il y a eu des petits accros. [...] Ça été une période où le Québec s'est reconnu enfin comme à la fois une nation et une société contemporaine. Il est devenu une société moderne avec toutes les modifications qui se sont faites dans la santé, dans l'éducation et dans nos outils économiques. »

Victoire amère dans le camp du non

Dans le camp adverse, Paul Philibert, qui était président du comité du non dans la circonscription de Trois-Rivières, se souvient d'une campagne mouvementée pour ses troupes, mais moins passionnée que la précédente. « On était attaqués de toutes parts. [...] C'était moins passionné qu'en 1980, dit-il. C'était plus une démarche rationnelle pour dire non on est bien dans notre système, il faut préserver nos acquis. »

C'est difficile d'avoir gagné et perdu en même temps .

Paul Philibert, président du Comité du non dans Trois-Rivières

Il confie avoir été « extrêmement déçu » des résultats dans la région. « Moi dans ma tête à moi dans la région, on l'avait perdu [le référendum], par une mince majorité, mais quand même on l'avait perdu. »

La fameuse phrase de Jacques Parizeau

20 ans plus tard, la phrase prononcée par Jacques Parizeau le soir de la défaite souverainiste fait toujours mal. L'ex-premier ministre du Québec avait affirmé lors d'un discours « C'est vrai qu'on a été battus, au fond, par quoi? Par l'argent, puis des votes ethniques, essentiellement ».

Yves Duhaime confie que lorsqu'il a entendu les mots de Jacques Parizeau le soir du 30 octobre 1995, il n'avait pas réalisé « l'ampleur et les conséquences politiques de cette phrase » qui a selon lui été exploitée à satiété. Il se désole pour M. Parizeau qu'il a personnellement connu. « C'est dommage [...] c'est une phrase malheureuse qui ne traduit pas sa pensée. »

Ça a eu un effet dévastateur contre notre option politique.

Yves Duhaime, président et fondateur du Conseil de la souveraineté du Québec et président du comité du oui pour les 8 circonscriptions de la région

L'ancien député de Champlain partage son avis sur la question, mais précise du même souffle que les Québécois sont responsables de cet échec. « Ce n'est pas, ce n'est plus et ça n'a jamais été la faute des autres si les Québécois ne sont pas encore rendus à être ce qu'ils sont, c'est-à-dire une nation et une société évoluée et au monde. »

C'était une erreur de le dire, mais c'était une analyse juste.

Yves Beaumier, ex-député de Champlain

Un 3e référendum?

Alors qu'un récent sondage Crop de l'Université Laval constate un déclin de l'option souverainiste  avec 36 % des voix, Yves Beaumier et Yves Duhaime ne jettent pas pour autant la serviette. « Ce qui me paraît important, dit M. Beaumier, c'est de prendre acte d'où on en est rendu. »

Celui qui était président du comité du oui dans la région, quant à lui, ne se formalise pas des sondages. « On parle de l'avenir. Il n'y a que les économistes qui prédisent l'avenir et ils se trompent à peu près toujours. » 

Il va y avoir un troisième référendum si notre peuple le veut.

Yves Duhaime, président et fondateur du Conseil de la souveraineté du Québec et président du comité du oui pour les 8 circonscriptions de la région

Le président du comité du non dans la circonscrition de Trois-Rivières, lui, ne croit pas qu'il y aura un troisième référendum. « Les Québécois sont passés à autre chose, dit-il. Même le plus nationaliste des nationalistes, je pense qu'il aime assez le Québec pour ne pas se permettre de se lancer dans une aventure où le Québec perdrait un autre référendum. »

À force de perdre des référendums, on court la chance de s'affaiblir sur le plan politique.

Paul Philibert, président du comité du non à Trois-Rivières

Paul Philibert croit qu'il faut maintenant que les babyboomers cèdent la place à la prochaine génération. « Ils savent ce dont ils ont besoin. Il faut leur laisser la place, même si ça nous bouscule un peu. »

Mauricie et Centre du Québec

Politique