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Aide à mourir : l'arrivée de Trudeau inquiète la Conférence des évêques

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Personne en fin de vie

Personne en fin de vie

Photo : iStock / iStockPhoto

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La réponse que donneront les libéraux au jugement de la Cour suprême sur l'aide médicale à mourir inquiète le représentant de la Conférence des évêques catholiques du Canada.

L'archevêque d'Ottawa, Terrence Prendergast, a laissé tomber jeudi qu'il était « un peu » inquiet d'avoir le premier ministre désigné Justin Trudeau comme interlocuteur dans ce débat. Car le Parti libéral du Canada (PLC) est porté sur la défense des libertés individuelles, et l'aide médicale à mourir vise justement « à donner une plus grande liberté » de choix aux individus, a-t-il plaidé en conférence de presse au parlement.

Justin Trudeau s'est prononcé personnellement en faveur du jugement rendu le 6 février dernier par la Cour suprême du Canada, puisant dans son expérience personnelle auprès de son père, l'ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau.

Ma conviction est profonde. Elle est fondée sur mon expérience personnelle à accompagner mon père pendant les derniers moments de sa vie.

Justin Trudeau, chef du PLC

Réponse législative souhaitée

L'archevêque Prendergast était accompagné à Ottawa par des représentants d'organisations chrétiennes, juives et musulmanes qui ont exhorté le gouvernement fédéral à donner une réponse législative à la décision.

Ils ont dit craindre qu'aucune loi ne soit adoptée en réaction au jugement du plus haut tribunal au pays, comme ce fut le cas pour le droit à l'avortement.

L'archevêque d'Ottawa, Terrence Prendergast, lors de son allocution, le jeudi 29 octobre 2015Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'archevêque d'Ottawa Terrence Prendergast lors de son allocution, jeudi 29 octobre 2015

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

« Notre plus grande crainte, c'est que nous aurons droit à la même situation que dans le cas de l'avortement, où il n'y a aucune réglementation, aucun contrôle, aucune balise », a affirmé Mgr Prendergast.

« On verrait des adolescents décider qu'ils ne veulent plus vivre et qui demanderaient à un médecin de mettre fin à leur vie », a-t-il enchaîné lorsqu'on lui a demandé ce qui pourrait se produire en l'absence d'une loi.

Le gouvernement fédéral disposait d'un an pour réagir au jugement de la Cour suprême du Canada.

Ottawa avait trois options : invoquer la clause dérogatoire pour s'y soustraire, ne rien faire - ce qui rendrait légale l'aide à mourir fournie par un médecin dans les limites des paramètres établis par la cour - ou encore légiférer.

Le réseau anglais de Radio-Canada a rapporté mercredi que les libéraux envisagent de demander au plus haut tribunal au pays un délai d'au moins six mois afin d'avoir suffisamment de temps pour ébaucher un projet de loi.

Quelques jours avant la fin des travaux parlementaires, en juin dernier, le ministre sortant de la Justice, Peter MacKay, avait prédit que le gouvernement qui serait porté au pouvoir le 19 octobre demanderait un délai pour réagir au jugement.

Au Parti conservateur, on n'a pas voulu dire jeudi si l'on exhorterait le gouvernement libéral qui sera assermenté le 4 novembre prochain à adresser une telle requête à la Cour suprême.

Rapport du comité à la mi-novembre?

Les conservateurs ont mis plus de cinq mois à agir sur le front de l'aide médicale à mourir, formant un comité le 17 juillet - un peu plus de deux semaines avant de déclencher la campagne électorale.

Le comité en question, qui devait produire son rapport pour la mi-novembre, demandera une prolongation au nouveau gouvernement libéral, a mentionné mercredi à La Presse Canadienne l'un de ses membres, l'ancien ministre québécois Benoît Pelletier.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) estime qu'il faut d'abord voir s'il y a lieu d'accorder davantage de temps au comité mis sur pied par les conservateurs, puisque la qualité du travail qu'ils auront accompli permettra de mieux évaluer la suite des choses.

« En bout de piste, il faudra voir si on a en plus besoin d'une extension du délai qu'avait donné la Cour suprême. On n'y est pas totalement réfractaires, mais si on est capables de rentrer dans les délais, ce serait apprécié », a exposé le député Robert Aubin, réélu dans Trois-Rivières.

Le démantèlement du Comité externe sur les options de réponse législative à Carter c. Canada a par ailleurs été réclamé jeudi par deux groupes d'intérêt, l'Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique et Mourir dans la dignité Canada.

Les organisations en ont contre la présence au sein du comité des deux collègues de Benoît Pelletier, qui avaient témoigné pour la Couronne contre l'aide médicale à mourir lorsque la cause a été entendue par la Cour suprême de la Colombie-Britannique.

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