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Le Festival de l'orignal de Val-d'Or : un événement populaire qui a marqué l'histoire locale

Radio-Canada

De 1969 à 1995, la fin de la période de la chasse à l'orignal était soulignée par une des plus grandes fêtes populaires de l'histoire de Val-d'Or : le Festival de l'orignal. Chaque année, le fameux défilé des chasseurs, où ces derniers paradaient dans les rues du centre-ville en montrant fièrement la tête des bêtes qu'ils avaient tuées, attirait des centaines de spectateurs. Bien que le festival ne soit plus aujourd'hui, la tradition a marqué l'imaginaire de la région... pour les bonnes et les mauvaises raisons.

De 1969 à 1995, la fin de la période de la chasse à l'orignal était soulignée par une des plus grandes fêtes populaires de l'histoire de Val-d'Or : le Festival de l'orignal. Chaque année, le fameux défilé des chasseurs, où ces derniers paradaient dans les rues du centre-ville en montrant fièrement la tête des bêtes qu'ils avaient tuées, attirait des centaines de spectateurs. Bien que le festival ne soit plus aujourd'hui, la tradition a marqué l'imaginaire de la région... pour les bonnes et les mauvaises raisons.

Un article de Félix B. DesfossésTwitterCourriel

C'était LE gros événement. Ça attirait du monde d'un peu partout.

Claude Pagé

Claude Pagé a été directeur du Festival de l'orignal durant de nombreuses années, tout en assumant le rôle de directeur du Tour de l'Abitibi.

Selon lui, c'est bel et bien à la fin des années 60 que l'événement démarre. « C'était l'idée d'un nommé André Gaudet. Dans le temps, c'était lui le gérant de Coca-Cola dans la région. Il avait décidé de faire une promotion, une activité spéciale. Considérant qu'on était dans un pays de chasse à l'orignal, il avait pensé que le Festival de l'orignal, pour un, était une bonne activité », explique-t-il.

Selon M. Pagé, le noyau des fondateurs de l'événement s'articulait autour d'André Gaudet, le Dr Jean-Marie Giguère, Michel Lafleur, Jean-Paul Turmel et Gaston Séguin.

Le défilé

Le Festival de l'orignal de Val-d'Or (archives)Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Festival de l'orignal de Val-d'Or (archives)

Photo : BAnQ Rouyn-Noranda / Fonds François Ruph

Ça a commencé avec le fameux concours de panache, le concours de call, puis il y avait la fameuse parade du dimanche après-midi. Il y avait une parade monstre. [...] La fameuse parade du dimanche, tu voyais tous les égo énormes des chasseurs avec la fierté de la famille... c'était vraiment un spectacle pas mal particulier.

Claude Pagé

Encore aujourd'hui, le défilé du Festival de l'orignal fait la renommée de l'événement. Ce défilé consistait en plusieurs chars allégoriques à l'effigie de l'orignal, mais surtout en des dizaines de chasseurs qui déambulaient à bord de leurs véhicules ornés de têtes d'orignaux ayant été tués à la chasse. C'était l'occasion pour les chasseurs de montrer fièrement leurs « trophées de chasse ».

Une tradition ou une loi?

D'ailleurs, d'où vient la tradition d'afficher les têtes d'orignaux sur le capot ou le toit de véhicules? Selon toutes vraisemblances, cette pratique de moins en moins populaire viendrait d'une ancienne loi provinciale.

« Ça viendrait du fait qu'à une certaine époque au Québec, il y avait une loi qui obligeait les chasseurs à exposer les carcasses des gibiers récoltés à la vue, raconte Stéphanie Vadnais, conseillère en communications à l'Association québécoise des chasseurs et pêcheurs. C'était illégal de cacher les récoltes dans les voitures ou peu importe. [...] C'était dans l'optique d'éviter le braconnage ou les abattages trop nombreux, donc illégaux. »

Une activité touristique

Le Festival de l'orignal de Val-d'Or (archives)Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Festival de l'orignal de Val-d'Or (archives)

Photo : BAnQ Rouyn-Noranda / Fonds François Ruph

D'autres activités ont également aidé à construire la réputation du Festival de l'orignal. La soirée des veuves de chasse est peut-être devenue la plus populaire des volets parallèles.

L'histoire dit que pendant que les gars sont à la chasse, les femmes s'ennuient et en profitent pour sortir un peu. C'était une soirée assez grandiose qui était organisée par Michel Lafleur.

Claude Pagé

Des concours d'artisanat ainsi que de dégustation de recettes à base de viande d'orignal font aussi partie des festivités. Cette dernière activité attirait des gens d'un peu partout au Québec, si on en croit les souvenirs de Claude Pagé. « Je me rappelle, il y avait un dénommé Henry Poupart, qui était le fondateur de la revue Sentier Chasse-Pêche, qui venait avec la gang d'O'Keefe [...] Un des événements marquants pour les gens de l'extérieur, c'était la dégustation de viande d'orignal. Les gars venaient se taper les meilleures recettes de viande d'orignal. C'était  couru par les médias provinciaux », dit-il.

La fin du festival

Avec les années, l'événement a perdu de son attrait et a soulevé la controverse. En 1995, l'événement a tenu son dernier défilé. « Un moment donné, il y a eu les mouvements où la chasse était mal vue, se souvient Claude Pagé. Et il y a peut-être eu certains abus au niveau de la présentation des têtes d'orignal. Il y en a qui avaient tué dans les premières journées, ce qui faisait que, quand ça arrivait à la parade, ce n'était peut-être pas toujours avec le meilleur goût. Il y avait ce vent-là de changement. Les commanditaires se sont fait prendre à ça et pas de commanditaires, pas d'événement. »

Le Festival de l'orignal en musique

Dans sa chanson Buck (Nouvelle fenêtre), tirée de l'album Kanasuta (2003), Richard Desjardins fait référence au Festival de l'orignal, illustrant en quelque sorte l'opposition qu'a connue l'événement. « Nous pauvres cervidés, quand on aura des chars, on fera des défilés sur la 3e à Val-d'Or. On posera sur nos capots des têtes coupées de chasseurs », chante-t-il.

Desjardins n'est pas le seul à avoir chanté le Festival de l'original. Willy Mitchell s'en serait aussi inspiré pour sa chanson Call of the moose. Découvrez son histoire incroyable ici.

Le Festival de l'orignal aurait-il dû survivre?

Pour Claude Pagé, un événement comme le Festival de l'orignal aurait encore sa raison d'être aujourd'hui.

Les moeurs ont changé. Ça représentait vraiment une couleur locale. Il me semble que ça aurait encore sa place ça. Dans les régions, on tente de trouver des activités qui collent à la réalité des régions. Y en a-t-il une qui est plus forte que celle-là? [...] Le Festival de l'orignal, ça, c'était vraiment Val-d'Or et, d'après moi, ça n'a été remplacé par rien d'autre en terme de force, d'impact.

Claude Pagé

Il y a deux semaines, l'émission Chasse aux rumeurs, de TVC9, consacrait un épisode complet au Festival de l'orignal. Vous pouvez le regarder ici.

Abitibi–Témiscamingue

Histoire